Fête du TA. Une fête populaire et culturelle qui s’engage contre l’extrême droite
Par Manuel Pavard
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La fontaine d’eau fraîche mobile, installée au milieu du parc Marius-Camet, remporte un franc succès. Mais la canicule n’a pas empêché les bénévoles d’attaquer, dès 8 heures ce lundi 22 juin, le montage de la fête du Travailleur alpin, à Saint-Égrève. Barriérage, installation des scènes et des stands, mise en place des accès public et artistes, signalisation, catering, alimentation électrique, approvisionnement, sécurité… D’ici vendredi 26 juin, le site sera fin prêt pour accueillir l’édition 2026 de cette fête lancée il y a près d’un siècle, en 1929.

Du pique-nique entre camarades des premières années à l’événement actuel rassemblant plusieurs milliers de personnes, le festival a bien grandi. Au point de devenir cette grande fête populaire, culturelle et engagée qui s’impose aujourd’hui comme une date de référence non seulement pour les communistes, mais également pour l’ensemble de la gauche et du mouvement social et associatif en Isère.
L’investissement bénévole des militants toute l’année
Durant deux jours, le public pourra profiter d’une programmation aussi riche que variée et ce, grâce à l’investissement bénévole des militants tout au long de l’année. Le tout à des tarifs accessibles au plus grand nombre — avec même une entrée gratuite le samedi, de 10 à 13 heures. Au menu, des concerts avec en têtes d’affiche, le tonton du rap Rim’K, ancien membre des mythiques Mafia K’1 Fry et 113, et la chanteuse féministe Mathilde, devenue l’un des grands noms de la chanson française.
Le premier clôturera une soirée placée sous le signe du hip-hop, vendredi, avec Lwanbé et Ly. La seconde précédera les rythmes survoltés d’Afrique de l’ouest proposés par Balani Sound System, lors d’une soirée du samedi qui s’ouvrira avec un autre temps fort de cette fête 2026. À savoir Le Truc, deux heures de chant à trois voix et un concept à la fois très simple et original : c’est vous qui chantez.

Pour le reste, la programmation offrira une large palette culturelle, des arts de la rue, avec les spectacles de Nash et des compagnies Sale gamine et Tant’Hâtive, au spectacle pour les tout petits samedi matin, en passant par des animations maquillage et karaoké, les DJ sets de DJ Zou. Sans oublier le street art avec les créations graphiques en direct d’Otist, pochoiriste, et Lotus, graffeur. Ou encore les dédicaces de Michel Cambon et Lara, auteurs de 100 dessins pour Gaza et Du pied gauche, et le vernissage d’une exposition sur Gaza.
L’extrême droite sous toutes les coûtures
Mais la fête du Travailleur alpin, c’est aussi de la politique. Et à la veille d’une année 2027 marquée par les élections présidentielles et législatives — et donc par un réel risque de prise de pouvoir du Rassemblement national -, la lutte contre les idées d’extrême droite s’est imposée comme le fil conducteur des débats. D’une part car celles-ci sont l’antithèse des valeurs de solidarité et de fraternité prônées par la fête du TA. D’autre part pour porter un vrai discours alternatif et antifasciste à même de séduire et convaincre les électeurs.

Le premier débat, vendredi à 17h45, aura pour thème « L’extrême droite contre le droit international ». Avec la participation d’Otto Vaillant Frias, ambassadeur de Cuba en France, Youssef Habash, président de la branche européenne du syndicat des journalistes palestiniens, Leila Moussavian-Huppe, dirigeante nationale du PCF, et Pascal Torre, historien et co-président de France Kurdistan.
Le samedi, à 10h15, Alexis Monge, nouvel adjoint à la culture de Grenoble, animera le débat consacré à « l’offensive de l’extrême droite contre la culture », avec ses collègues communistes d’Échirolles, Lencka Popravka, et de Saint-Martin-d’Hères, Iseult Brenier. Lesquelles côtoieront leur camarade nîmois Denis Lanov, également élu à la culture dans la préfecture du Gard, et l’association Mix’Arts.

Place ensuite, à 12h45, à un autre thème d’actualité : « Immigration et travail : quand l’extrême droite sert le capital ». Y interviendront l’ancien secrétaire général de la CGT Philippe Martinez, le secrétaire de la CGT livreurs à vélo Mohamed Fofana, qui a mené la lutte des occupants du siège de la Métropole, et la dirigeante du PCF Patricia Tejas.
Enfin, on se projettera sur les perspectives avec le débat de clôture, intitulé « Montée du fascisme : on fait quoi ? ». Le secrétaire départemental du PCF Jérémie Giono arbitrera la discussion, à laquelle participeront l’UD CGT, pour le collectif VISA (Vigilance et initiatives syndicales antifascistes), les ultras grenoblois des Red Kaos, la Ligue des droits de l’homme (LDH) et Baptiste Bonargent, secrétaire national du Mouvement des jeunes communistes de France.
Le programme de la fête du TA
Pour découvrir le programme complet, avec les horaires, rendez-vous sur le site de la fête du Travailleur alpin : fete.travailleur-alpin.fr


