Otist, un artiste chez lui à la fête du Travailleur alpin

Par Luc Renaud

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Otist, l'un des artites en vue du street art grenoblois.
Artiste pochoiriste reconnu dans le monde du street art, Otist participera à la fête du TA les 26 et 27 juin à Saint-Egrève. Il peindra deux œuvres au cœur du parc Marius Camet. Des moments de création qui resteront à n’en pas douter parmi les beaux souvenirs de cette édition 2026.

Otist a gran­di dans la pein­ture. Sa maman a étu­dié à l’école des Beaux arts, il a tou­jours des­si­né, pho­to­gra­phié… Pre­mier déclic : un voyage à Londres. « J’ai vu des œuvres de Bank­sy, et je me suis dit, un peu naï­ve­ment sûre­ment : « pas si dif­fi­cile ! » Un artiste impor­tant du street art était né.

Otist com­mence à tra­vailler et trouve la tech­nique qui lui convient, celle du pochoir. Dans l’univers des cultures urbaines, mais peut-être « une autre men­ta­li­té que le graff, plus ouverte ». Vient ensuite un second déclic, la nais­sance de son fils. « Dans quel monde va-t-il gran­dir ? », s’interroge le jeune père. A la maî­trise tech­nique s’a­joute ce ques­tion­ne­ment qui s’exprime dans ses œuvres : ce seront des tableaux qui expriment des mes­sages de paix et de jus­tice, comme celui qui évoque le géno­cide à Gaza, avec une peluche d’enfants écla­tée.

Otist uti­lise la tech­nique de street art du pochoir.

La tech­nique du pochoir offre la pos­si­bi­li­té d’un tra­vail, d’une réflexion en amont. L’œuvre murit avant d’af­fron­ter la rue. Une dimen­sion qui est aus­si celle du col­lage. Le prin­cipe est de créer à domi­cile, puis de col­ler le tableau sur un mur, un sup­port… une autre expres­sion du street art – du coup, comme « il n’existait pas de fes­ti­val de col­lage en France et nous l’avons créé au Mini­mis­tan », se réjouit Otist ; pour sa deuxième édi­tion en octobre der­nier, le fes­ti­val a réuni les créa­tions de quatre cents artistes du monde entier.

Et c’est la conju­gai­son de cette maî­trise tech­nique et de cette envie de dire au monde qui fait la force du tra­vail d’Otist.

« Le street art est deve­nu un pro­duit de spé­cu­la­tion, enfer­mé dans des gale­ries qui lui retirent son âme. Cette pein­ture, c’est ma réponse : un retour à la rue, à l’é­tat sau­vage. À une époque de confor­misme abso­lu, sor­tir du cadre est un pur réflexe de liber­té. C’est refu­ser de suivre le trou­peau pour tra­cer sa propre voie. L’hu­main détruit, cal­cule et spé­cule ; l’a­ni­mal, lui, reste digne, indomp­table et authen­tique. L’art est dans la rue. Res­tons sau­vage » , com­mente Otist sur Ins­ta à pro­pos de ce tableau.

Un tra­vail désor­mais recon­nu par ses pairs du street art et par un public plus large. « Peindre dans la rue, c’est s’exposer au risque d’être recou­vert ; mais il arrive main­te­nant que des des­sins soit entou­rés d’autres tableaux, sans être abî­més. »

Des tableaux que l’on pour­ra décou­vrir à la fête du Tra­vailleur alpin où Otist pein­dra au pochoir deux œuvres pen­dant la fête sur des sup­ports de 5 mètres car­rés pré­vus à cet effet. Cette fête « je la découvre », concède Otist. Il a lui-même pris contact avec les orga­ni­sa­teurs après qu’un ami lui en ait par­lé et qu’il ait noté la pré­sence de Rim’K dans la pro­gram­ma­tion de cette édi­tion 2026. « Je suis un enfant du rap, 113, j’ai été ber­cé avec ça ». Contact pris, entente immé­diate. « Je par­tage ces valeurs ; c’est une belle his­toire, de fes­ti­val, ça fait par­tie du patri­moine de Gre­noble », et puis, « coco, c’est pour le peuple, ça me parle », nous dit-il, lui qui, dans le civil, est ouvrier dans les ate­liers d’une entre­prise de trans­port. Ses œuvres témoignent régu­liè­re­ment de son enga­ge­ment contre l’ex­trême droite et le racisme.

Otist a hâte du « plai­sir de l’événement ; j’aurai l’impression d’être chez moi », assure-t-il. Un plai­sir assu­ré­ment par­ta­gé par le public de la fête qui pour­ra voir tra­vailler l’artiste ven­dre­di et same­di 26 et 27 juin à Saint-Egrève, juste au milieu du parc Marius Camet.

L’art est mon arme.

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