Otist, un artiste chez lui à la fête du Travailleur alpin
Par Luc Renaud
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Otist a grandi dans la peinture. Sa maman a étudié à l’école des Beaux arts, il a toujours dessiné, photographié… Premier déclic : un voyage à Londres. « J’ai vu des œuvres de Banksy, et je me suis dit, un peu naïvement sûrement : « pas si difficile ! » Un artiste important du street art était né.
Otist commence à travailler et trouve la technique qui lui convient, celle du pochoir. Dans l’univers des cultures urbaines, mais peut-être « une autre mentalité que le graff, plus ouverte ». Vient ensuite un second déclic, la naissance de son fils. « Dans quel monde va-t-il grandir ? », s’interroge le jeune père. A la maîtrise technique s’ajoute ce questionnement qui s’exprime dans ses œuvres : ce seront des tableaux qui expriment des messages de paix et de justice, comme celui qui évoque le génocide à Gaza, avec une peluche d’enfants éclatée.

La technique du pochoir offre la possibilité d’un travail, d’une réflexion en amont. L’œuvre murit avant d’affronter la rue. Une dimension qui est aussi celle du collage. Le principe est de créer à domicile, puis de coller le tableau sur un mur, un support… une autre expression du street art – du coup, comme « il n’existait pas de festival de collage en France et nous l’avons créé au Minimistan », se réjouit Otist ; pour sa deuxième édition en octobre dernier, le festival a réuni les créations de quatre cents artistes du monde entier.
Et c’est la conjugaison de cette maîtrise technique et de cette envie de dire au monde qui fait la force du travail d’Otist.

Un travail désormais reconnu par ses pairs du street art et par un public plus large. « Peindre dans la rue, c’est s’exposer au risque d’être recouvert ; mais il arrive maintenant que des dessins soit entourés d’autres tableaux, sans être abîmés. »
Des tableaux que l’on pourra découvrir à la fête du Travailleur alpin où Otist peindra au pochoir deux œuvres pendant la fête sur des supports de 5 mètres carrés prévus à cet effet. Cette fête « je la découvre », concède Otist. Il a lui-même pris contact avec les organisateurs après qu’un ami lui en ait parlé et qu’il ait noté la présence de Rim’K dans la programmation de cette édition 2026. « Je suis un enfant du rap, 113, j’ai été bercé avec ça ». Contact pris, entente immédiate. « Je partage ces valeurs ; c’est une belle histoire, de festival, ça fait partie du patrimoine de Grenoble », et puis, « coco, c’est pour le peuple, ça me parle », nous dit-il, lui qui, dans le civil, est ouvrier dans les ateliers d’une entreprise de transport. Ses œuvres témoignent régulièrement de son engagement contre l’extrême droite et le racisme.
Otist a hâte du « plaisir de l’événement ; j’aurai l’impression d’être chez moi », assure-t-il. Un plaisir assurément partagé par le public de la fête qui pourra voir travailler l’artiste vendredi et samedi 26 et 27 juin à Saint-Egrève, juste au milieu du parc Marius Camet.




