Grenoble. Près de 5000 personnes défilent pour dire « non au permis de tuer »
Par Manuel Pavard
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« Non au permis de tuer » ! Le même mot d’ordre, le même slogan, la même banderole de tête également. Des mots qu’on a pu lire et entendre ce dimanche 20 septembre, à Grenoble comme dans une trentaine de villes de France métropolitaine et d’Outre-mer. Une journée de manifestation et de mobilisation nationale contre la proposition de loi sur la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre, organisée à l’appel d’une large coalition d’associations (Stop aux violences d’État, Amnesty International, Ligue des droits de l’homme, Justice pour Adama, Flagrand déni…), syndicats (Syndicat des avocat·es de France, Syndicat de la magistrature…) et partis de gauche (LFI, PCF, Les Écologistes, L’Après, NPA…).

Voté le 7 juillet dernier par les députés, le texte sur la présomption d’usage légitime des armes par les forces de l’ordre prévoit en effet que policiers et gendarmes « sont présumés avoir agi » dans le respect de la loi lorsqu’ils « font usage de leurs armes ». Une loi qui, si elle était adoptée, instaurerait un véritable risque de « permis de tuer », les enquêtes habituelles sur la conformité des tirs policiers pouvant de ce fait être freinées — voire pire. D’où la volonté des manifestants d’empêcher son examen au Sénat.
« Le texte inverse la charge de la preuve »
À Grenoble, le cortège est parti symboliquement de l’hôtel de police, boulevard du Maréchal Leclerc, pour rejoindre l’anneau de vitesse du parc Paul-Mistral. Sous un soleil estival, ils et elles étaient près de cinq mille à défiler, au son des chants et slogans dénonçant les violences et bavures policières et s’inquiétant de cette dérive sécuritaire. Certains rappelaient par ailleurs que la pétition contre cette loi avait rassemblé plus de 730 000 signatures sur le site de l’Assemblée… Avant d’être classée par les députés membres de la commission des lois en juillet.

Jeunes et moins jeunes, hommes et femmes, étudiants, salariés et retraités… Tous partageaient en tout cas la conviction d’une loi dangereuse, ouvrant une boîte de Pandore. Un texte qui « inverse la charge de la preuve » et qui constitue « un recul par rapport aux principes de proportionnalité et aux standards de la jurisprudence européenne », fustige d’ailleurs la CGT Intérieur. Le syndicat appelait lui aussi à manifester ce dimanche et « demande le retrait intégral » de la proposition de loi.
Pour beaucoup de manifestant·es, cette dernière symbolise en outre un phénomène inquiétant. Comme le souligne en effet Lucie, jeune salariée grenobloise présente lors de la marche, « le RN n’est même pas encore au pouvoir que le gouvernement applique déjà son programme… Et déroule le tapis rouge à Alliance ! »


