Fontaine. Os de porc devant une mosquée : l’ex-élu d’extrême droite Franck Sinisi jugé en avril 2026
Par Manuel Pavard
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Les faits avaient suscité un torrent d’indignation, la section PCF Fontaine rive gauche du Drac condamnant alors un « acte lâche [visant] à intimider toute la communauté musulmane ». Le 19 septembre 2025, les fidèles fréquentant la salle de prière musulmane Eugénie-Cotton, rue Marguerite-Tavel, avaient découvert des ossements de porc et du saucisson déposés devant la porte d’entrée et une inscription raciste et islamophobe -« Charlie (sic) Martel 732, islam dehors » — taguée sur une fenêtre. Une affaire qui a vu le nom de Franck Sinisi apparaître dans le radar des enquêteurs de la police judiciaire (PJ).

L’ancien conseiller municipal d’extrême droite de Fontaine a ainsi été placé en garde à vue dans leurs locaux, ce mardi 13 janvier, indique le procureur de la République de Grenoble Étienne Manteaux, confirmant les informations du Parisien.
Son ADN retrouvé sur un des os
Si le mis en cause a nié toute implication, les indices recueillis ont, eux, parlé : son ADN a été retrouvé sur un des os, précise le magistrat. Franck Sinisi a donc été présenté au parquet, ce mercredi 14 janvier, à l’issue de sa garde à vue. « Il est convoqué à l’audience correctionnelle du 10 avril 2026 pour provocation publique à la haine ou à la violence en raison de la religion », annonce le procureur.
Les investigations menées par la PJ s’avèrent d’ailleurs particulièrement accablantes pour le suspect. « Des recherches en sources ouvertes de ses comptes mettent en évidence des messages haineux à l’encontre de la communauté musulmane en 2024 et 2025 », souligne ainsi Étienne Manteaux.
Il proposait de « récupérer les dents en or » des Roms
L’ex-conseiller municipal avait en outre déjà eu maille à partir avec la justice pour des faits similaires. En février 2017, celui qui était alors élu sous l’étiquette Front national avait provoqué une intense polémique, en pleine séance du conseil municipal, par ses propos visant les Roms. Il suggérait en effet de « récupérer leurs dents en or » afin de financer leur hébergement.

Exclu du FN, avant de rejoindre le mouvement d’extrême droite Civitas, Franck Sinisi avait été jugé pour « incitation à la haine raciale » par le tribunal correctionnel de Grenoble. Puis définitivement condamné, en 2019, par la cour d’appel, à deux mois de prison avec sursis et quatre ans d’inéligibilité. Le préfet de l’Isère l’avait enfin déclaré démissionnaire d’office de son mandat, en 2020.


