Fontaine. Os de porc devant une mosquée : l’ex-élu d’extrême droite Franck Sinisi en garde à vue

Par Manuel Pavard

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Du saucisson et des os de porc avaient été déposés, en septembre 2025, devant la porte de la salle Eugénie-Cotton, lieu de prière provisoire des musulmans fontainois.
L'ancien conseiller municipal d'extrême droite Franck Sinisi a été placé en garde à vue mardi 13 janvier au soir, dans le cadre de l'enquête sur les tags racistes et les ossements de porc découverts devant une salle de prière musulmane de Fontaine, le 19 septembre dernier. Présenté au parquet ce mercredi 14 janvier, il comparaîtra devant le tribunal correctionnel le 10 avril prochain. L'ex-élu FN - passé ensuite chez Civitas - avait déjà été condamné pour incitation à la haine raciale, après avoir tenu des propos discriminatoires envers les Roms, en 2017.

Les faits avaient sus­ci­té un tor­rent d’in­di­gna­tion, la sec­tion PCF Fon­taine rive gauche du Drac condam­nant alors un « acte lâche [visant] à inti­mi­der toute la com­mu­nau­té musul­mane ». Le 19 sep­tembre 2025, les fidèles fré­quen­tant la salle de prière musul­mane Eugé­nie-Cot­ton, rue Mar­gue­rite-Tavel, avaient décou­vert des osse­ments de porc et du sau­cis­son dépo­sés devant la porte d’en­trée et une ins­crip­tion raciste et isla­mo­phobe - « Char­lie (sic) Mar­tel 732, islam dehors » — taguée sur une fenêtre. Une affaire sur laquelle les enquê­teurs de la police judi­ciaire (PJ) ont sou­hai­té inter­ro­ger Franck Sini­si.

L’an­cien conseiller muni­ci­pal d’ex­trême droite de Fon­taine a ain­si été pla­cé en garde à vue dans leurs locaux, ce mar­di 13 jan­vier, a annon­cé le pro­cu­reur de la Répu­blique de Gre­noble Étienne Man­teaux, confir­mant les infor­ma­tions du Pari­sien.

Son ADN retrouvé sur un des os

Si le mis en cause a nié toute impli­ca­tion, son ADN a été retrou­vé sur un des os, a indi­qué le magis­trat. Franck Sini­si a été pré­sen­té au par­quet, ce mer­cre­di 14 jan­vier, à l’is­sue de sa garde à vue. « Il est convo­qué à l’au­dience cor­rec­tion­nelle du 10 avril 2026 pour pro­vo­ca­tion publique à la haine ou à la vio­lence en rai­son de la reli­gion », a pré­ci­sé le pro­cu­reur.

L’ex-conseiller muni­ci­pal avait déjà eu maille à par­tir avec la jus­tice pour des faits simi­laires. En février 2017, celui qui était alors élu sous l’é­ti­quette Front natio­nal avait pro­vo­qué une intense polé­mique, en pleine séance du conseil muni­ci­pal, par ses pro­pos visant les Roms. Il sug­gé­rait en effet de « récu­pé­rer leurs dents en or » afin de finan­cer leur héber­ge­ment.

Exclu du FN, avant de rejoindre le mou­ve­ment d’ex­trême droite Civi­tas, Franck Sini­si avait été jugé pour « inci­ta­tion à la haine raciale » par le tri­bu­nal cor­rec­tion­nel. Puis défi­ni­ti­ve­ment condam­né par la cour d’ap­pel de Gre­noble à deux mois de pri­son avec sur­sis et quatre ans d’i­né­li­gi­bi­li­té.

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