Meurtre de Lilian Dejean : le suspect va être remis à la France

Par Manuel Pavard

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De gauche à droite : Romain Rousseau, chef du service interdépartemental de la PJ de l’Isère, Jérôme Chappa, DIPN de l’Isère, Damien Delaby, directeur zonal adjoint de la PJ Sud-Est, Éric Vaillant, procureur de la République de Grenoble, et Cécile Bosch, cheffe de la DCOS 38.
Le procureur de la République de Grenoble et les responsables de l'enquête ont fait le point, vendredi 22 novembre, sur l'interpellation, la veille, au Portugal, du meurtrier présumé de Lilian Dejean. L'identité de l'homme soupçonné du meurtre de l'agent municipal, le 8 septembre, à Grenoble, a entre-temps été confirmée. Un suspect au lourd casier judiciaire, qui devrait être extradé vers la France ce jeudi 28 novembre.
Le sus­pect doit être remis à la France jeu­di 28 novembre

Son extra­di­tion n’é­tait ini­tia­le­ment pas atten­due avant plu­sieurs semaines. Mais selon l’AFP, le sus­pect du meurtre de Lilian Dejean doit être remis à la France ce jeu­di 28 novembre au soir. Visé par un man­dat d’ar­rêt euro­péen, Abdoul Dial­lo, 25 ans, avait été arrê­té le 21 novembre au Por­tu­gal, après 74 jours de cavale.

[Mise à jour du 28 novembre 2024, à 12h28]

Ils sont cinq à se pré­sen­ter der­rière les micros, ce ven­dre­di 22 novembre, dans cette petite salle du palais de jus­tice, comme pour insis­ter sur le tra­vail d’é­quipe mené lors de cette enquête. Une confé­rence de presse visant à pré­ci­ser les condi­tions de l’in­ter­pel­la­tion du meur­trier pré­su­mé de Lilian Dejean, la veille, au Por­tu­gal. Aux côtés du pro­cu­reur de la Répu­blique de Gre­noble Éric Vaillant, figurent trois res­pon­sables de la police judi­ciaire ain­si que le direc­teur inter­dé­par­te­men­tal de la police natio­nale (DIPN). Tous impli­qués dans la traque et l’ar­res­ta­tion d’Ab­doul Dial­lo.

Les par­ti­ci­pants à la marche blanche orga­ni­sée à Gre­noble, une semaine après le meurtre de Lilian Dejean.

C’est en effet l’in­for­ma­tion prin­ci­pale du jour, le magis­trat ayant pris soin, d’emblée, de dis­si­per les der­niers doutes : l’homme arrê­té ce jeu­di 21 novembre, vers 17 heures, à Póvoa de Lan­ho­so, à 70 km au nord de Por­to, est bien le sus­pect recher­ché depuis deux mois et demi. Les véri­fi­ca­tions effec­tuées dans la fou­lée se sont avé­rées concluantes. « Si je confirme son iden­ti­té, c’est qu’elle est connue depuis le jour du meurtre puisque sa carte d’i­den­ti­té a été retrou­vée dans le véhi­cule acci­den­té devant la mai­rie de Gre­noble », explique Éric Vaillant.

Dix-neuf condamnations pour violences ou trafic

Le pro­cu­reur décrit un sus­pect au lourd casier judi­ciaire, mal­gré son jeune âge. Âgé aujourd’­hui de 25 ans, le Mar­ti­né­rois a été incar­cé­ré pour la pre­mière fois, par le juge des enfants, à 15 ans, et compte déjà 19 condam­na­tions, prin­ci­pa­le­ment pour vio­lences et tra­fic de stu­pé­fiants. Au total, il a cumu­lé six ans de pri­son ferme sur les dix der­nières années.

Son arres­ta­tion est le fruit d’une enquête de deux mois et demi, menée sous la direc­tion d’une juge d’ins­truc­tion gre­no­bloise. « Un temps assez bref et même record pour ce type d’af­faire », affirme le DIPN de l’I­sère Jérôme Chap­pa. Ce dos­sier a mobi­li­sé « un maxi­mum de moyens humains et maté­riels », sou­ligne le com­mis­saire géné­ral Damien Dela­by, direc­teur zonal adjoint de la police judi­ciaire Sud-Est. Soit plus de qua­rante enquê­teurs, pour la plu­part issus de la Divi­sion de la cri­mi­na­li­té orga­ni­sée et spé­cia­li­sée (DCOS) de l’I­sère, appuyés par leurs confrères de la DCOS du Rhône.

Le suspect accepte son extradition

Depuis quand l’in­di­vi­du se trou­vait-il au Por­tu­gal ? Si l’in­for­ma­tion reste confi­den­tielle, le pro­cu­reur indique que les poli­ciers de l’I­sère et du Rhône étaient « en lien quo­ti­dien depuis plu­sieurs semaines » avec leurs homo­logues por­tu­gais. Pour Éric Vaillant, ce suc­cès doit ain­si beau­coup à la « coopé­ra­tion poli­cière et judi­ciaire euro­péenne ». Damien Dela­by salue d’ailleurs lui aus­si « l’ex­cel­lente coopé­ra­tion avec la police judi­ciaire de Por­to qui a mis tous les moyens pour loca­li­ser pré­ci­sé­ment le prin­ci­pal sus­pect. Sans eux, on n’en serait pas là », assure-t-il.

Le par­quet comme la police ont sou­li­gné l’ex­cel­lente col­la­bo­ra­tion entre les auto­ri­tés fran­çaises et por­tu­gaises.

Quid de la suite main­te­nant ? Le jeune Isé­rois est actuel­le­ment déte­nu au Por­tu­gal dans le cadre du man­dat d’ar­rêt euro­péen, en atten­dant d’être remis aux auto­ri­tés fran­çaises puis à la juge d’ins­truc­tion en charge du dos­sier. Un délai d’ex­tra­di­tion que le pro­cu­reur estime à « cinq ou six semaines ». Bonne nou­velle, le sus­pect ne semble pas s’op­po­ser à la pro­cé­dure. Pré­sen­té à un juge du tri­bu­nal de Por­to ce ven­dre­di après-midi, il a en effet accep­té d’être extra­dé, selon la police por­tu­gaise.

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