Isère. Mobilisation antiraciste après l’attentat de Trappes
Par Travailleur Alpin
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En réponse à l’attentat raciste de Trappes, plusieurs organisations antiracistes ont appelé à se rassembler à travers tout le pays. En Isère, des rassemblements ont ainsi eu lieu à à Échirolles dès dimanche et le lundi 26 octobre à Grenoble, Bourgoin-Jallieu, Vienne, Saint-Marcellin…
À Grenoble, l’événement était organisé par différents collectifs parmi lesquels l’Assemblée des quartiers, l’Union antiraciste contre l’islamophobie ou encore les interlycées et le Droit au logement (DAL). Un ensemble de ces organisations, dont certaines coopèrent dans la Coordination antiraciste. Plus d’un millier de personnes ont répondu à leur appel et se sont retrouvées devant la MC2 ce lundi soir dès 18h parmi lesquelles Laurence Ruffin, maire de Grenoble.

Plusieurs intervenants se sont succédé pour rendre hommage aux victimes de l’attentat, notamment à Pengo Bossio Wangi et à ses proches en deuil. Une marche blanche sera prochainement organisée en son nom.
Ils ont ensuite dénoncé le caractère raciste, négrophobe et islamophobe de cet attentat qui découle de décennies de stigmatisation des noirs, des arabes et des musulmans, en particulier par l’extrême droite. A ce titre, minimiser la portée raciste de ces actes par des troubles psychiatriques reviendrait à les dépolitiser et à invisibiliser les structures de domination dans lesquels ils s’inscrivent.
Enfin, les organisations ont appelé à la solidarité de quartiers, de communautés, de classe, pour exiger du gouvernement un droit réel à l’émancipation sans peur ni injustice. Les organisations ne sont néanmoins pas naïves quant aux intentions du gouvernement. A cet égard, des appels à l’autodéfense ont été prononcés pour se protéger de la police mais également des milices fascistes qui osent de plus en plus passer à l’acte, comme ce samedi 24 octobre, dans une quinzaine de villes (Nice, Rouen, Tours, Montpellier, Nancy, Dijon, Bordeaux, Clermont-Ferrand…) — où les nervis d’extrême droite ont attaqué, le plus souvent sous les yeux des policiers, les manifestants participant à l’acte II des Gilets jaunes, lycéens, étudiants et syndicats.
Une fusillade aux motivations racistes
Cette mobilisation iséroise et nationale faisait suite à l’attentat terroriste perpétré par Kevin T., un homme de 39 ans, qui a ouvert le feu avec un pistolet-mitrailleur sur des passants dans les communes de Trappes et de La Verrière. Il a provoqué la mort de Pengo Bossio Wangi, un homme de 26 ans, et blessé cinq personnes, dont une fillette de 12 ans.
Même si l’enquête n’en est qu’à ses débuts, plusieurs éléments convergent vers une motivation raciste derrière cet attentat. Tout d’abord, le suspect, Kevin T., qui a tiré sur une station-service, une maison de santé et une aire de jeux, a affirmé explicitement aux enquêteurs avoir visé des “Noirs” et des “Arabes” en réaction aux pillages survenus lors des manifestations du 17 octobre. Ces déclarations, couplées à la gravité de l’attentat, ont conduit à une saisie du Parquet national antiterroriste qui a ouvert une enquête pour “assassinat et tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance aggravante que les faits ont été commis en raison de l’appartenance réelle ou supposée des victimes à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion”.
Les perquisitions qui ont suivi dans ce cadre ont révélé le caractère prémédité de l’attentat.
Asmar


