Isère. Mobilisation antiraciste après l’attentat de Trappes

Par Travailleur Alpin

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Rassemblement lundi 26 octobre, sur le parvis de la MC2 de Grenoble, en hommage aux victimes de l'attentat raciste de Trappes, dans les Yvelines. © Asmar
Plus d’un millier de personnes ont participé à Grenoble au rassemblement de dénonciation au racisme qui a tué une fois de plus le 23 octobre à Trappes et de solidarité avec les victimes de l’attentat. Plusieurs rassemblements ont eu lieu en Isère.


En réponse à l’attentat raciste de Trappes, plu­sieurs orga­ni­sa­tions anti­ra­cistes ont appe­lé à se ras­sem­bler à tra­vers tout le pays. En Isère, des ras­sem­ble­ments ont ain­si eu lieu à à Échi­rolles dès dimanche et le lun­di 26 octobre à Gre­noble, Bour­goin-Jal­lieu, Vienne, Saint-Mar­cel­lin…

À Gre­noble, l’é­vé­ne­ment était orga­ni­sé par dif­fé­rents col­lec­tifs par­mi les­quels l’Assemblée des quar­tiers, l’Union anti­ra­ciste contre l’islamophobie ou encore les inter­ly­cées et le Droit au loge­ment (DAL). Un ensemble de ces orga­ni­sa­tions, dont cer­taines coopèrent dans la Coor­di­na­tion anti­ra­ciste. Plus d’un mil­lier de per­sonnes ont répon­du à leur appel et se sont retrou­vées devant la MC2 ce lun­di soir dès 18h par­mi les­quelles Lau­rence Ruf­fin, maire de Gre­noble.

Plus d’un mil­lier de per­sonnes ras­sem­blées devant la MC2 © Asmar

Plu­sieurs inter­ve­nants se sont suc­cé­dé pour rendre hom­mage aux vic­times de l’attentat, notam­ment à Pen­go Bos­sio Wan­gi et à ses proches en deuil. Une marche blanche sera pro­chai­ne­ment orga­ni­sée en son nom.

Ils ont ensuite dénon­cé le carac­tère raciste, négro­phobe et isla­mo­phobe de cet atten­tat qui découle de décen­nies de stig­ma­ti­sa­tion des noirs, des arabes et des musul­mans, en par­ti­cu­lier par l’ex­trême droite. A ce titre, mini­mi­ser la por­tée raciste de ces actes par des troubles psy­chia­triques revien­drait à les dépo­li­ti­ser et à invi­si­bi­li­ser les struc­tures de domi­na­tion dans les­quels ils s’inscrivent.

Enfin, les orga­ni­sa­tions ont appe­lé à la soli­da­ri­té de quar­tiers, de com­mu­nau­tés, de classe, pour exi­ger du gou­ver­ne­ment un droit réel à l’émancipation sans peur ni injus­tice. Les orga­ni­sa­tions ne sont néan­moins pas naïves quant aux inten­tions du gou­ver­ne­ment. A cet égard, des appels à l’autodéfense ont été pro­non­cés pour se pro­té­ger de la police mais éga­le­ment des milices fas­cistes qui osent de plus en plus pas­ser à l’acte, comme ce same­di 24 octobre, dans une quin­zaine de villes (Nice, Rouen, Tours, Mont­pel­lier, Nan­cy, Dijon, Bor­deaux, Cler­mont-Fer­rand…) — où les ner­vis d’ex­trême droite ont atta­qué, le plus sou­vent sous les yeux des poli­ciers, les mani­fes­tants par­ti­ci­pant à l’acte II des Gilets jaunes, lycéens, étu­diants et syn­di­cats.

Une fusillade aux motivations racistes

Cette mobi­li­sa­tion isé­roise et natio­nale fai­sait suite à l’attentat ter­ro­riste per­pé­tré par Kevin T., un homme de 39 ans, qui a ouvert le feu avec un pis­to­let-mitrailleur sur des pas­sants dans les com­munes de Trappes et de La Ver­rière. Il a pro­vo­qué la mort de Pen­go Bos­sio Wan­gi, un homme de 26 ans, et bles­sé cinq per­sonnes, dont une fillette de 12 ans.

Même si l’en­quête n’en est qu’à ses débuts, plu­sieurs élé­ments convergent vers une moti­va­tion raciste der­rière cet atten­tat. Tout d’abord, le sus­pect, Kevin T., qui a tiré sur une sta­tion-ser­vice, une mai­son de san­té et une aire de jeux, a affir­mé expli­ci­te­ment aux enquê­teurs avoir visé des “Noirs” et des “Arabes” en réac­tion aux pillages sur­ve­nus lors des mani­fes­ta­tions du 17 octobre. Ces décla­ra­tions, cou­plées à la gra­vi­té de l’attentat, ont conduit à une sai­sie du Par­quet natio­nal anti­ter­ro­riste qui a ouvert une enquête pour “assas­si­nat et ten­ta­tives d’assassinats en rela­tion avec une entre­prise ter­ro­riste, avec la cir­cons­tance aggra­vante que les faits ont été com­mis en rai­son de l’appartenance réelle ou sup­po­sée des vic­times à une pré­ten­due race, une eth­nie, une nation ou une reli­gion”.

Les per­qui­si­tions qui ont sui­vi dans ce cadre ont révé­lé le carac­tère pré­mé­di­té de l’attentat.

Asmar

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