Grenoble. Important hommage aux victimes algériennes du 17 octobre 1961
Par Edouard Schoene
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Tour à tour la maire de Grenoble, Laurence Ruffin puis Nedjma Bendiab, représentante du Collectif du 17 octobre constitué par neuf associations, ont pris la parole en présence de nombreux élus et d’un public grave et attentif.
Laurence Ruffin a rappelé les faits, évoqué les chemins chaotiques, longs, pour la reconnaissance du massacre parisien en appelant à la reconnaissance des faits pour l’apaisement des souffrances concluant : « Notre présent n’a pas d’avenir sans cette mémoire… soyons fiers d’une ville ouverte, engagée, accueillante, antiraciste : Grenoble. »

Nedjma Bendiab a remercié les présents, les élus, les quarante-quatre organisations ayant appelé au rassemblement. « Ce soutien est extrêmement important, car c’est bien l’action militante et votre présence qui permet de lutter pour la reconnaissance officielle par l’État de son rôle dans cette tragédie. 65 ans après les faits, il reste toujours important d’être mobilisés et d’agir. Sortir les crimes commis pendant la colonisation de l’oubli est une nécessité absolue tout particulièrement dans le contexte actuel où le pouvoir entretient des polémiques injustifiées contre l’Algérie, avec des déclarations et des injonctions inacceptables pour tout pays indépendant. »
Comme chaque année, l’intervention a pris en compte l’actualité pour énoncer les crimes à Gaza et saluer la solidarité avec les Palestiniens.
Puis Nedma Bendiab a poursuivi : « Rendre hommage aux manifestantes et manifestants du 17 octobre 1961, c’est refuser la violence d’État utilisée pour réprimer les manifestations. Comment comprendre la très grande brutalité de la police contre les jeunes qui demandent des conditions d’études correctes pour se construire un avenir ? Plus de 6500 interpellations, le plus fort chiffre depuis… les 12 000 personnes arrêtées lors de la répression du 17 octobre 1961 ! Nous faisons nôtre ce constat de Alexis Deswaef président de la FIDH : ‘’Le rôle de la police est de protéger les libertés publiques et la sécurité de tous et de toutes, en particulier des personnes mineures’’ Nous sommes extrêmement inquiets de la montée de la menace néofasciste en France. »

La fin de l’intervention portait sur l’Algérie d’aujourd’hui : « Depuis le début du Hirak en Algérie, mars 2019, on a compté plusieurs milliers d’incarcérations. Tous ceux qui ont accompagné le Hirak sont visés, des avocats, des journalistes, des professeurs, des syndicalistes, des militants politiques… À ce jour, plus de 200 personnes sont encore emprisonnées pour avoir exprimé leur opinion et exercé leurs droits fondamentaux, des centaines de citoyens sont poursuivis pour de simples opinions exprimées sur les réseaux sociaux. Nous soutenons la demande de Amnesty International de libérer immédiatement et sans condition tous les journalistes détenus arbitrairement pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression, notamment Abdelwakil Blamm, Hassan Bouras et Christophe Gleizes ».
A l’issue des discours, des fleurs ont été déposées au pied de la plaque commémorative. Un cortège s’est ébranlé, s’est arrêté devant le musée de l’Évêché, puis s’est rendu jusqu’au pont de la citadelle d’où des centaines de fleurs ont été jetées dans l’Isère, pour rendre hommage aux victimes du 17 octobre 1961.



