Grenoble. Important hommage aux victimes algériennes du 17 octobre 1961

Par Edouard Schoene

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Regarder le passé pour construire un avenir solidaire.
Succès inégalé de l’hommage rendu ce 17 octobre 2026 aux victimes algériennes de la répression policière du 17 octobre 1961 à Paris. Plus de trois cents personnes ont participé au rassemblement qui a lieu chaque année place André Arnaud à Grenoble pour rendre hommage aux victimes.

Tour à tour la maire de Gre­noble, Lau­rence Ruf­fin puis Ned­j­ma Ben­diab, repré­sen­tante du Col­lec­tif du 17 octobre consti­tué par neuf asso­cia­tions, ont pris la parole en pré­sence de nom­breux élus et d’un public grave et atten­tif.

Lau­rence Ruf­fin a rap­pe­lé les faits, évo­qué les che­mins chao­tiques, longs, pour la recon­nais­sance du mas­sacre pari­sien en appe­lant à la recon­nais­sance des faits pour l’apaisement des souf­frances concluant : « Notre pré­sent n’a pas d’avenir sans cette mémoire… soyons fiers d’une ville ouverte, enga­gée, accueillante, anti­ra­ciste : Gre­noble. »

Lau­rence Ruf­fin, maire de Gre­noble.

Ned­j­ma Ben­diab a remer­cié les pré­sents, les élus, les qua­rante-quatre orga­ni­sa­tions ayant appe­lé au ras­sem­ble­ment. « Ce sou­tien est extrê­me­ment impor­tant, car c’est bien l’action mili­tante et votre pré­sence qui per­met de lut­ter pour la recon­nais­sance offi­cielle par l’État de son rôle dans cette tra­gé­die. 65 ans après les faits, il reste tou­jours impor­tant d’être mobi­li­sés et d’agir. Sor­tir les crimes com­mis pen­dant la colo­ni­sa­tion de l’oubli est une néces­si­té abso­lue tout par­ti­cu­liè­re­ment dans le contexte actuel où le pou­voir entre­tient des polé­miques injus­ti­fiées contre l’Al­gé­rie, avec des décla­ra­tions et des injonc­tions inac­cep­tables pour tout pays indé­pen­dant. »

Comme chaque année, l’intervention a pris en compte l’actualité pour énon­cer les crimes à Gaza et saluer la soli­da­ri­té avec les Pales­ti­niens.

Puis Ned­ma Ben­diab a pour­sui­vi : « Rendre hom­mage aux mani­fes­tantes et mani­fes­tants du 17 octobre 1961, c’est refu­ser la vio­lence d’État uti­li­sée pour répri­mer les mani­fes­ta­tions. Com­ment com­prendre la très grande bru­ta­li­té de la police contre les jeunes qui demandent des condi­tions d’études cor­rectes pour se construire un ave­nir ? Plus de 6500 inter­pel­la­tions, le plus fort chiffre depuis… les 12 000 per­sonnes arrê­tées lors de la répres­sion du 17 octobre 1961 ! Nous fai­sons nôtre ce constat de Alexis Des­waef pré­sident de la FIDH : ‘’Le rôle de la police est de pro­té­ger les liber­tés publiques et la sécu­ri­té de tous et de toutes, en par­ti­cu­lier des per­sonnes mineures’’ Nous sommes extrê­me­ment inquiets de la mon­tée de la menace néo­fas­ciste en France. »

Impor­tant ras­sem­ble­ment mémo­riel, ce 17 octobre à 18 heures, place André Arnaud.

La fin de l’intervention por­tait sur l’Algérie d’aujourd’hui : « Depuis le début du Hirak en Algé­rie, mars 2019, on a comp­té plu­sieurs mil­liers d’incarcérations. Tous ceux qui ont accom­pa­gné le Hirak sont visés, des avo­cats, des jour­na­listes, des pro­fes­seurs, des syn­di­ca­listes, des mili­tants poli­tiques… À ce jour, plus de 200 per­sonnes sont encore empri­son­nées pour avoir expri­mé leur opi­nion et exer­cé leurs droits fon­da­men­taux, des cen­taines de citoyens sont pour­sui­vis pour de simples opi­nions expri­mées sur les réseaux sociaux. Nous sou­te­nons la demande de Amnes­ty Inter­na­tio­nal de libé­rer immé­dia­te­ment et sans condi­tion tous les jour­na­listes déte­nus arbi­trai­re­ment pour avoir exer­cé leur droit à la liber­té d’expression, notam­ment Abdel­wa­kil Blamm, Has­san Bou­ras et Chris­tophe Gleizes ».

A l’issue des dis­cours, des fleurs ont été dépo­sées au pied de la plaque com­mé­mo­ra­tive. Un cor­tège s’est ébran­lé, s’est arrê­té devant le musée de l’Évêché, puis s’est ren­du jusqu’au pont de la cita­delle d’où des cen­taines de fleurs ont été jetées dans l’Isère, pour rendre hom­mage aux vic­times du 17 octobre 1961.

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