Échirolles. La CGT fête les quatre-vingt-dix ans des congés payés

Par Manuel Pavard

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De nombreuses familles du quartier ont profité de cette journée organisée par la CGT 38 et le Secours populaire de l'Isère à Échirolles.
L'union départementale CGT Isère organisait, mercredi 1er juillet, en partenariat avec le Secours populaire de l'Isère, une fête pour les 90 ans des congés payés, au parc Maurice-Thorez, à Échirolles. Après des débats le matin avec des syndicalistes et des acteurs associatifs issus de l'économie sociale et solidaire (ESS), la journée s'est poursuivie par un repas offert, le midi, aux habitants du quartier, et des jeux pour enfants l'après-midi. Un moment à la fois festif et revendicatif pour le syndicat, déterminé à protéger les conquis sociaux et à en gagner de nouveaux, face aux attaques de la droite et du patronat.

Le 16 juin, soit deux semaines avant l’é­vé­ne­ment échi­rol­lois, le Sénat adop­tait le pro­jet de loi auto­ri­sant les bou­lan­gers et fleu­ristes à faire tra­vailler leurs sala­riés le 1er Mai. Une attaque lourde de sens contre le seul jour férié chô­mé et payé du calen­drier, au moment même où la gauche et les syn­di­cats célèbrent les 90 ans des congés payés, créés en 1936, à l’é­poque du Front popu­laire. L’un des prin­ci­paux conquis sociaux issus des accords de Mati­gnon, signés par la CGT et le patro­nat, sous la tutelle du gou­ver­ne­ment de Léon Blum. Et sur­tout un héri­tage direct des grandes grèves et occu­pa­tions d’u­sines lan­cées par les tra­vailleurs dans toute la France.

Le parc Mau­rice-Tho­rez s’est vite rem­pli.

Dans ce contexte, l’of­fen­sive de la droite et de ses alliés patro­naux contre le 1er Mai appa­raît comme une pro­vo­ca­tion aux yeux de la CGT Isère. Une rai­son de plus pour l’u­nion dépar­te­men­tale de fêter ce 90e anni­ver­saire, mer­cre­di 1er juillet, au parc Mau­rice-Tho­rez d’É­chi­rolles. Avec la volon­té de s’ins­crire dans la conti­nui­té des mou­ve­ments reven­di­ca­tifs de 1936, tout en rap­pe­lant l’im­por­tance cru­ciale des congés payés pour des mil­lions de sala­riés.

Les mili­tants et élus syn­di­caux ont débat­tu toute la mati­née avec les acteurs asso­cia­tifs du tou­risme et des sec­teurs cultu­rel et spor­tif.

Au menu, une mati­née de débats et dis­cus­sions avec les élus CGT des comi­tés sociaux et éco­no­miques (CSE), comi­tés d’œuvres sociales (COS) et comi­tés d’ac­tion sociale (CAS), des direc­tions de syn­di­cats, ain­si que des acteurs asso­cia­tifs issus de l’é­co­no­mie sociale et soli­daire (ESS) — en par­ti­cu­lier dans les domaines du tou­risme et des acti­vi­tés cultu­relles et spor­tives (FSGT, asso­cia­tion Léo-Lagrange, Upcoop…). Puis, dans le cadre d’un par­te­na­riat avec la fédé­ra­tion de l’I­sère du Secours popu­laire fran­çais, un repas offert à la popu­la­tion des quar­tiers popu­laires, bien sou­vent pri­vée de loi­sirs et de vacances. Avant des jeux pour enfants, ani­més par la Mai­son des jeux, l’a­près-midi.

Une bataille idéologique

L’i­dée, explique Nico­las Benoit, secré­taire géné­ral de l’UD CGT Isère, c’é­tait de concoc­ter « un moment popu­laire » autour d’un double, voire d’un triple anni­ver­saire : les 90 ans des congés payés donc, mais aus­si les 80 ans de la créa­tion des comi­tés d’en­tre­prise et les 40 ans de Sava­tou, asso­cia­tion de tou­risme social pré­sente à Échi­rolles en tant qu’in­ter­ve­nante. « On tra­vaille avec Sava­tou pour faire des pro­po­si­tions aux CSE, COS et CAS sur les acti­vi­tés de tou­risme et de loi­sirs », pré­cise-t-il.

L’UD CGT et le SPF 38 offraient un repas aux habi­tants.

Asso­ciés aux repré­sen­tants du Secours popu­laire, les mili­tants et élus syn­di­caux des dif­fé­rentes struc­tures ont débat­tu, éclaire le res­pon­sable CGT, sur « les moyens de chan­ger de para­digme et de ne pas se lais­ser man­ger par le tou­risme mar­chand et par l’ex­trême droite ». Laquelle se maté­ria­lise par les figures de « Sté­rin et Bol­lo­ré qui achètent tout, notam­ment les Relay ». Outil qui per­met ensuite à la mou­vance d’es­sayer de « peser idéo­lo­gi­que­ment en y met­tant un peu de pro­pa­gande ».

Plu­sieurs stands étaient pré­sents (Sava­tou, Upcoop, FSGT…).

Contre ces attaques réac­tion­naires, la CGT se fait un devoir de résis­ter et d’en­ga­ger le bras-de-fer. Comme ses aînés, il y a 90 ans. « En 1936, le patro­nat et le gou­ver­ne­ment de Léon Blum concèdent aux sala­riés, sous la pres­sion syn­di­cale, des avan­cées sociales consi­dé­rables », rap­pelle Nico­las Benoit. « À l’é­poque, le seul jour de repos non payé, c’é­tait le dimanche, pour aller à l’é­glise. On tra­vaillait sou­vent 45 heures par semaine, voire plus… Donc ça a été un conquis : la semaine de 40 heures, les congés payés. Mais en 1936, les gens sont peu par­tis en vacances car ils étaient sidé­rés, ils ne savaient pas com­ment réagir à ça. En revanche, en 1937, beau­coup de gens sont par­tis en train, à vélo, etc. »

Réfléchir à la « répartition du travail et des richesses »

Mal­heu­reu­se­ment, qui dit pro­grès social pour les domi­nés dit ten­ta­tive de rejet des domi­nants. « En 1936, 1945, 1947 ou aujourd’­hui, on voit un patro­nat qui tente, avec cer­tains poli­tiques de droite, de dézin­guer les conquis et détri­co­ter tous les acquis du Conseil natio­nal de la Résis­tance (CNR). Et même s’ils sont frei­nés, ils conti­nuent », déplore le syn­di­ca­liste. Et de citer la sup­pres­sion du jour férié pour le lun­di de Pen­te­côte ou plus récem­ment les attaques contre le 1er Mai.

Des tables prises d’as­saut par la popu­la­tion, dans une ambiance convi­viale.

Le com­bat pour sau­ve­gar­der ces conquis sociaux n’est tou­te­fois pas une fin en soi, sou­ligne Nico­las Benoit, qui appelle éga­le­ment à se battre pour de nou­velles avan­cées sociales. « On doit réflé­chir au tra­vail autre­ment », pour­suit-il, évo­quant notam­ment « la ques­tion des 32 heures, for­te­ment posée aujourd’­hui, au regard de l’é­vo­lu­tion de l’his­toire ». De fait, on peut gar­der les congés payés et même avoir une semaine sup­plé­men­taire, si on ne se penche pas sur la « répar­ti­tion du tra­vail et des richesses », la lutte res­te­ra inache­vée.

Une expo­si­tion sur les congés payés et l’é­du­ca­tion popu­laire était pré­sen­tée dans le parc.

En effet, la théo­rie et les grandes mesures doivent trou­ver une tra­duc­tion concrète pour ne pas en res­ter au stade des belles idées. Ain­si, « les congés payés, c’est une chose, mais tout le monde ne peut pas par­tir en vacances », nuance le secré­taire géné­ral de la CGT Isère. D’où le par­te­na­riat avec le Secours popu­laire qui « offre aux familles les plus défa­vo­ri­sées des vacances pour les enfants », salue-t-il. Un effort auquel contri­bue éga­le­ment la CGT avec ses comi­tés d’en­tre­prise et ses centres de vacances dédiés. Autant d’élé­ments que les orga­ni­sa­teurs de cette belle jour­née ont pu pré­sen­ter à des habi­tants récep­tifs et ravis de l’au­baine.

Mili­tants et mili­tantes CGT ont pré­pa­ré et ser­vi le repas offert aux Échi­rol­lois.
La CGT sur le Tour

Comme chaque année à pareille époque, la CGT donne ren­dez-vous sur le Tour de France lors du pas­sage du pelo­ton dans la région. Ce sont d’a­bord les unions locales de Cham­bé­ry et Voi­ron qui seront pré­sentes sur le tra­jet de la 17e étape reliant les deux villes, le 22 juillet. Puis, le 24 juillet, une équipe cyclo de la CGT s’é­lan­ce­ra de Bourg-d’Oi­sans en début de mati­née, en marge de la 19e étape entre Gap et l’Alpe d’Huez, pour gra­vir les mythiques 21 virages menant à la sta­tion isé­roise.

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