Assemblée générale de l’AFIPH de l’Isère. Des vigiles pour accueillir les salarié·e·s…

Par Didier Gosselin

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Rassemblement des salarié·e·s de l'AFIPH à Voiron le 30 Juin.
Mardi 30 juin, lors de l'assemblée générale de l’AFIPH qui se tenait à Voiron, les organisations syndicales CGT et SUD avaient appelé les salarié·e·s à se rassembler. Pour les accueillir, les dirigeants avaient, eux, choisi de faire appel à un service de sécurité !...

Venu·es pour por­ter les reven­di­ca­tions des professionnel·le·s qui, chaque jour, assurent l’ac­com­pa­gne­ment des per­sonnes en situa­tion de han­di­cap, les per­son­nels de l’AFIPH 38 se sont heur­tés un ser­vice de sécu­ri­té char­gé de contrô­ler les accès et de fil­trer les allées et venues. Un choix qui en dit long sur la qua­li­té du dia­logue social et sur la consi­dé­ra­tion que la direc­tion de l’AFIPH porte aux salarié·e·s de cette ins­ti­tu­tion.

Les reven­di­ca­tions des per­son­nels et de leurs représentant·e·s sont claires et essen­tielles pour l’avenir des 2 300 salarié·e·s :

  • Un accord rela­tif aux orga­ni­sa­tions du temps de tra­vail avec des mesures justes ;
  • La fin de l’austérité impo­sée par le plan de retour à l’é­qui­libre (PRE) ;
  • La prise en compte de la souf­france au tra­vail et des demandes d’expertises sur les risques psy­cho­so­ciaux ;
  • Un dia­logue social digne de ce nom, res­pec­tueux des salarié·e·s et de leurs représentant·e·s.

Plan de retour à ‘équilibre ou plan social déguisé ?

Les syn­di­cats CGT et SUD de l’AFIPH refusent que les salarié·e·s soient « la variable d’ajustement d’une logique finan­cière qui dégrade les condi­tions de tra­vail et menace la qua­li­té des accom­pa­gne­ments. Depuis l’inspection de l’IGAS (frais de siège poin­tés, attrac­ti­vi­té en baisse…) et l’annonce d’un défi­cit, la direc­tion géné­rale pousse et avance sans réelle concer­ta­tion mal­gré l’opposition du per­son­nel ».

Dialogue social ou 49.3 ?

« La direc­tion géné­rale décide seule du calen­drier et impose ses délais », dénoncent les deux syn­di­cats. « Concrè­te­ment, les nou­velles orga­ni­sa­tions du tra­vail pro­po­sées annoncent plus de flexi­bi­li­té pour l’employeur. Est-ce la fin de l‘équilibre vie pro­fes­sion­nelle et vie per­son­nelle ? Les salarié·e·s doivent-ils être cor­véables à mer­ci ? »

Comment vont les salarié·e·s ?

« Ce que la direc­tion géné­rale pré­sente comme une réor­ga­ni­sa­tion néces­saire, se tra­duit sur le ter­rain par de nou­velles dégra­da­tions : postes gelés, limi­ta­tion des rem­pla­ce­ments, qua­li­té d’accompagnement dégra­dée, per­son­nel mal­me­né », dénoncent les syn­di­cats CGT et SUD. Les représentant·e·s du per­son­nel constatent une aug­men­ta­tion de la souf­france au tra­vail. Mais leurs demandes d’expertises se retrouvent devant les tri­bu­naux !

Les syn­di­cats CGT et SUD de l’AFIPH exigent « un vrai dia­logue social, des aug­men­ta­tions de salaires, de réelles com­pen­sa­tions, un accord et des mesures justes, une qua­li­té d’accompagnement non dégra­dée, des meilleures condi­tions de tra­vail ». Autant de reven­di­ca­tions qui n’ont pas eu l’heur de plaire à la direc­tion, laquelle a pré­fé­ré uti­li­ser la manière forte et ten­té d’intimider les salarié·e·s avec des vigiles à l’entrée de l’assemblée géné­rale.

Des prises de parole ont ponc­tué le ras­sem­ble­ment.

Dans un com­mu­ni­qué publié le 1er juillet, les syn­di­cats CGT de la San­té et Action Sociale, de l’UL de Voi­ron et de l’AFIPH dénoncent le choix sécu­ri­taire de la direc­tion, « lourd de sym­bole ». « Les diri­geants de l’AFIPH auraient-ils peur de leurs propres salarié·e·s » demande le com­mu­ni­qué ? « De ces femmes et de ces hommes qui font vivre quo­ti­dien­ne­ment l’as­so­cia­tion et accom­pagnent les per­sonnes accueillies ? »

Une délégation reçue dans un couloir

Face à une mobi­li­sa­tion déter­mi­née, l’AFIPH a fina­le­ment accep­té de rece­voir une délé­ga­tion syn­di­cale. « Là encore, insiste le com­mu­ni­qué, le sym­bole est fort : la délé­ga­tion n’a pas été reçue devant les par­ti­ci­pants de l’as­sem­blée géné­rale, mais relé­guée dans un cou­loir, à proxi­mi­té des toi­lettes, où elle a ren­con­tré quatre admi­nis­tra­teurs, la direc­trice des res­sources humaines et un direc­teur du siège. Le direc­teur géné­ral et le pré­sident de l’AFIPH n’ont même pas jugé néces­saire de par­ti­ci­per à cette ren­contre ! »

Faut-il y voir le reflet du dia­logue social pra­ti­qué aujourd’­hui au sein de l’association ? « Lors­qu’une asso­cia­tion de l’économie sociale et soli­daire en vient à fil­trer ses propres salarié·e·s par un ser­vice de sécu­ri­té le jour de son assem­blée géné­rale, ce n’est pas seule­ment le dia­logue social qui est en crise : c’est le mode de gou­ver­nance qui inter­roge, là où tout paraît cloi­son­né et confi­den­tiel (cf. Rap­port défi­ni­tif de l’IGAS) », accuse le com­mu­ni­qué syn­di­cal.

Pour les syn­di­cats CGT, une ques­tion demeure : « les administrateur·rice·s et les parents connaissent-ils réel­le­ment la situa­tion des professionnel·le·s de l’AFIPH ? Sont-ils infor­més de la dégra­da­tion des condi­tions de tra­vail, des alertes répé­tées des repré­sen­tants du per­son­nel, de la souf­france expri­mée par les salarié·e·s et des consé­quences sur la qua­li­té des accom­pa­gne­ments et soins dis­pen­sés ? »

Vigiles et portes closes

« Pen­dant que les salarié·e·s demandent des réponses sur leurs condi­tions de tra­vail, sur le PRE, sur les orga­ni­sa­tions du temps de tra­vail et sur la pré­ven­tion des risques psy­cho­so­ciaux, l’AFIPH répond par des vigiles, des portes closes et l’ab­sence de ses prin­ci­paux diri­geants. Ce constat est sans appel : les diri­geants de l’AFIPH refusent tou­jours de répondre aux véri­tables pré­oc­cu­pa­tions et aux reven­di­ca­tions des professionnel·le·s qui, chaque jour, œuvrent avec enga­ge­ment auprès des per­sonnes qu’ils accom­pagnent », concluent les syn­di­cats CGT.

La CGT AFIPH affirme qu’elle conti­nue­ra, avec les salarié·e·s, à défendre un ser­vice de qua­li­té, des condi­tions de tra­vail res­pec­tueuses des professionnel·le·s et un dia­logue social loyal, trans­pa­rent et res­pon­sable.

Les retrai­tés CGT de l’U­nion Locale de Voi­ron ont appor­té leur sou­tien.

La CGT AFIPH remer­cie l’en­semble des per­sonnes qui se sont mobi­li­sées : les salarié·e·s de l’AFIPH ; les sala­riées d’A­FIPH à DOM’, ’Union Locale CGT de Voi­ron, repré­sen­tée par son secré­taire et les cama­rades retrai­tés ; l’union syn­di­cale dépar­te­men­tale CGT 38 — San­té et action sociale.

Cette mobi­li­sa­tion a été sou­te­nue par San­drine Nos­bé, dépu­tée NFP de la 9ème cir­cons­crip­tion de l’Isère. Ce 30 juin, son sup­pléant, Chris­tian Fer­ra­ris, est venu rap­pe­ler l’im­por­tance de pla­cer au cœur du fonc­tion­ne­ment d’une asso­cia­tion mili­tante le dia­logue social et le res­pect des salarié·e·s.

Le soutien de l’union départementale CGT

Le 2 juillet, l’union dépar­te­men­tale de la CGT de l’Isère a appor­té « tout son sou­tien au per­son­nel de l’AFIPH et de l’AFIPH à DOM mobi­li­sés le 30 juin lors de l’assemblée géné­rale pour faire entendre leurs reven­di­ca­tions (…). Pour la CGT de l’Isère,  « Le mutisme de la direc­tion lors de l’assemblée géné­rale du 30 juin 2026 sur les pro­blé­ma­tiques rele­vées par les orga­ni­sa­tions syn­di­cales de l’AFIPH et le refus d’échange avec leurs représentant·e·s n’est pas à la hau­teur de la réponse à don­ner pour une qua­li­té de ser­vice aux usager·e·s. La CGT Isère, dans l’intérêt de l’association et de ses béné­fi­ciaires, invite la direc­tion de l’AFIPH à reprendre le dia­logue avec les représentant·e·s du per­son­nel.

La CGT AFIPH conti­nue­ra elle, avec les salarié·e·s, à défendre un ser­vice de qua­li­té, des condi­tions de tra­vail res­pec­tueuses des professionnel·le·s et un dia­logue social loyal, trans­pa­rent et res­pon­sable.

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