Fontaine. La police municipale à l’origine d’une série de dérapages ?
Par Edouard Schoene
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Ces événements ont eu un fort retentissement dans le réseau militant fontainois et même au-delà. Avec une interrogation majeure : comment l’information a‑t-elle été transmise par la police municipale ou sa tutelle, l’adjoint ou le maire, aux autorités (rectorat ou/et police nationale) ?
Le Travailleur alpin a sollicité à plusieurs reprises le maire de Fontaine ainsi que Gérard Tardy, adjoint en charge de la sécurité et de la tranquillité publique. Franck Longo a décliné les trois demandes de rendez-vous. De son côté, Gérard Tardy a exprimé oralement, plusieurs fois, qu’il allait se renseigner et donner son point de vue.
Mais ce dernier n’a fourni aucune réponse à la question suivante : « Qui a informé rectorat ou/et police ? » L’élu n’a néanmoins pas caché son agacement. « La personne que la police a interpellée a mis cette banderole sur son balcon, c’est inadmissible », a‑t-il asséné.
Après avoir adressé une demande de rendez-vous – restée à ce stade sans réponse — au proviseur du lycée Pablo-Neruda, le Travailleur alpin a saisi une opportunité. À savoir la présence, le 4 mars, à une réunion publique de Jean-Paul Trovero, de Jean-Claude Borel-Garin, ancien contrôleur général de la police, ex-directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) de l’Isère, et ancien numéro 2 du Raid.
« Une faute professionnelle »
Question du média local : « Le 30 août dernier, dans l’agglo, une femme a été arrêtée par la police municipale. Elle s’apprêtait à développer une banderole de papier appelant aux rassemblements du mouvement ‘Bloquons tout’. Trois policiers l’ont encadrée, effectuant un contrôle d’identité. Le mardi suivant, elle a été convoquée, à la première heure, par le proviseur du lycée où elle enseigne. Celui-ci lui a signalé avoir été informé par la police de ses agissements du dimanche soir. Est-ce légal que la police municipale alerte la police nationale et/ou le rectorat après un tel contrôle d’identité ? »

Réponse de l’ancien « super flic » grenoblois : « La police municipale intervient sur des infractions. Mais dans ce que vous avez énoncé, il n’y a pas d’infraction. La personne interpellée allait coller, donc l’infraction n’avait pas été commise. Si l’affiche avait été collée, il aurait pu y avoir une contravention. L’officier de police judiciaire de la ville pourrait renseigner la DGSI (ex RG). Que le rectorat ait ensuite pu être avisé, c’est possible. Que le proviseur ait convoqué l’enseignante sur des faits qui se sont produits le dimanche, hors activité d’enseignement, c’est une faute professionnelle. »
Et Jean-Paul Borel-Garin de préciser : « Si l’intéressée ou son mari avait fait état de traumatisme psychologique lié à cette convocation, cela aurait pu coûter cher au proviseur. Je le redis, pour les faits énoncés, il n’y avait pas lieu de prévenir la police nationale ou/et le rectorat. »
Ce regrettable événement marque non seulement une atteinte grave aux libertés individuelles, mais il illustre en outre les dérapages de plus en plus nombreux observés de la part des polices municipales, dans des municipalités dirigées par des élus de droite. Franck Longo, mis en avant par la presse locale et nationale pour ses campagnes autour de la sécurité — en particulier à la veille des municipales — est hélas un élu responsable d’écarts aux règles républicaines de respect des libertés d’action de ses concitoyens.


