Pont-de-Claix. Les élus municipaux interpellent l’État sur le soutien à Exalia

Par Manuel Pavard

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Christophe Ferrari est venu présenter Exalia, le 7 juillet, aux côtés des autres porteurs de projet, à l'entrée de la plateforme chimique de Pont-de-Claix.
Christophe Ferrari, maire de Pont de Claix et président de la Métropole de Grenoble, et l'ensemble des présidents de groupe du conseil municipal ont cosigné un courrier adressé, le 7 juillet, au ministre de l'Industrie Marc Ferracci. Objectif : inciter l'État à soutenir le projet Exalia visant à la renaissance industrielle de la plateforme chimique. Un projet porté par les acteurs (salariés, collectivités, industriels) ayant initié l'offre de SCIC - finalement rejetée - pour Vencorex.

Majo­ri­té et oppo­si­tion main dans la main. Outre Chris­tophe Fer­ra­ri, tous les pré­si­dents de groupe du conseil muni­ci­pal — Maxime Nin­fo­si pour « Pont-de-Claix, une ville qui avanсе », Patrick Durand pour « Pont-de-Claix, repre­nons la parole », et Julien Dus­sart pour « Agir ensemble pour Pont-de-Claix » — ont cosi­gné le cour­rier daté du 7 juillet, à l’in­ten­tion du ministre de l’In­dus­trie Marc Fer­rac­ci. Des élus affi­chant leur uni­té pour défendre le pro­jet Exa­lia, der­nier espoir de redon­ner vie à la pla­te­forme chi­mique.

Le ministre de l’In­dus­trie Marc Fer­rac­ci lors de sa visite sur le site de Pont-de-Claix, le 26 juin 2025.

Tous ont pour­tant dû ava­ler bien des cou­leuvres au cours des der­niers mois. À com­men­cer par la déci­sion du tri­bu­nal de com­merce de Lyon vali­dant la reprise par­tielle de Ven­co­rex par Bor­sod­Chem, filiale du groupe chi­nois Wan­hua. Et ce, au détri­ment de l’offre de reprise en socié­té coopé­ra­tive à inté­rêt col­lec­tif (SCIC) regrou­pant sala­riés, indus­triels locaux et col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales, dont la ville de Pont-de-Claix.

« Un projet pensé par le territoire, pour le territoire »

Mal­heu­reu­se­ment, avec la liqui­da­tion judi­ciaire, « ce sont près de 90 % des acti­vi­tés de la pla­te­forme chi­mique de Pont de Claix qui ont été mises à l’ar­rêt, la qua­si-tota­li­té des sala­riés licen­ciés, et des actifs indus­triels stra­té­giques lais­sés sans pers­pec­tive, en dépit des finan­ce­ments publics ayant contri­bué à leur déve­lop­pe­ment », déplore le maire et pré­sident de la Métro­pole. Mal­gré la décep­tion, les acteurs poten­tiels de la SCIC n’ont « jamais bais­sé les bras » et sont res­tés mobi­li­sés, afin d’i­ma­gi­ner un nou­veau pro­jet, bap­ti­sé Exa­lia.

Oli­vier Six, Séve­rine Dejoux et Chris­tophe Fer­ra­ri por­taient le pro­jet de SCIC et défendent désor­mais Exa­lia.

Celui-ci « incarne une volon­té forte : celle de redon­ner à la pla­te­forme chi­mique une voca­tion indus­trielle ambi­tieuse, durable et ins­crite dans les tran­si­tions néces­saires », sou­ligne Chris­tophe Fer­ra­ri. « Il s’a­git d’un pro­jet pen­sé par le ter­ri­toire, pour le ter­ri­toire, dans la droite ligne de l’his­toire indus­trielle pion­nière de l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise. » L’i­dée est ain­si de relan­cer la pro­duc­tion de sel, de chlore et de soude, de manière décar­bo­née, avec une mise en ser­vice pro­gram­mée en sep­tembre 2027.

« L’État doit être au rendez-vous »

Si les muni­ci­pa­li­tés concer­nées ain­si que la Métro­pole de Gre­noble et la région Auvergne-Rhône-Alpes se disent déjà prêtes à accom­pa­gner le pro­jet, l’im­pli­ca­tion de l’É­tat reste néan­moins « déci­sive pour garan­tir sa concré­ti­sa­tion ». Ceci notam­ment via un sou­tien finan­cier, Exa­lia néces­si­tant un inves­tis­se­ment de plus de 60 mil­lions d’eu­ros dans les deux ans à venir. Les élus de Pont-de-Claix inter­pellent d’ailleurs direc­te­ment Marc Fer­rac­ci, lui rap­pe­lant ses pro­messes tenues le 26 juin der­nier, lors de sa visite en Isère.

Patrick Durand, pré­sident du groupe « Pont-de-Claix, repre­nons la parole » — ici aux côtés du conseiller régio­nal PCF Éric Hours — a éga­le­ment signé le cour­rier adres­sé au ministre.

« Mon­sieur le ministre, il en va non seule­ment du deve­nir d’un site indus­triel stra­té­gique, mais aus­si d’un signal fort envoyé à tous les ter­ri­toires qui refusent la rési­gna­tion face aux logiques de désen­ga­ge­ment indus­triel », affirment Chris­tophe Fer­ra­ri, Maxime Nin­fo­si, Patrick Durand et Julien Dus­sart. Avant de conclure : « L’É­tat doit être au ren­dez-vous. Nous espé­rons pou­voir comp­ter sur vous. »

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