Grenoble. Une centaine de manifestants devant le BHV pour exiger le départ de Shein

Par Manuel Pavard

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Les manifestants se sont rassemblés le 28 février devant le BHV de Grenoble, place Grenette, trois jours après l'arrivée de Shein au troisième étage du grand magasin. © Maelis Lecomte
Trois jours après l'ouverture - avec trois mois de retard - de la boutique Shein à Grenoble, une centaine de personnes se sont rassemblées samedi 28 février devant le magasin BHV, à l'appel de plusieurs organisations de jeunesse, associations et collectifs. Objectif : exiger le départ de l'enseigne chinoise d'ultra fast-fashion et dénoncer "le système destructeur que Shein représente", sur le plan social, environnemental et commercial.

« Fai­sons recu­ler Shein et son monde ». Tel était le mot d’ordre de l’ap­pel lan­cé conjoin­te­ment par plu­sieurs orga­ni­sa­tions de jeu­nesse (Jeunes éco­los, Jeunes com­mu­nistes, Jeunes socia­listes, Jeunes Génération.s), syn­di­cats étu­diants (Coor­di­na­tion étu­diante Gre­noble, l’Ourse — Sciences Po Gre­noble), asso­cia­tions et col­lec­tifs (Alter­na­ti­ba, Extinc­tion Rébel­lion, Résis­tance à l’a­gres­sion publi­ci­taire, Attac). Appel auquel ont répon­du une cen­taine de mani­fes­tants, réunis ce same­di 28 février devant le BHV de Gre­noble.

Un com­bat com­mun pour les mili­tant-es de dif­fé­rentes orga­ni­sa­tions de jeu­nesse de gauche. © Mae­lis Lecomte

Mal­gré une mobi­li­sa­tion mas­sive — avec une péti­tion signée par près de 10 000 per­sonnes — et une intense polé­mique natio­nale, Shein a fina­le­ment ouvert ses portes à Gre­noble mer­cre­di 25 février, avec trois mois de retard sur la date envi­sa­gée ini­tia­le­ment. D’où le ras­sem­ble­ment visant un double objec­tif, indiquent les orga­ni­sa­teurs dans leur com­mu­ni­qué com­mun : « exi­ger son départ et dénon­cer le sys­tème des­truc­teur que Shein repré­sente ».

« Shein n’est pas juste une boutique »

En pleine phase d’ex­pan­sion, le géant chi­nois de l’ultra fast-fashion et de la vente en ligne vient d’ou­vrir des bou­tiques dans cinq BHV en France (à Limoges, Angers, Dijon, Reims et donc Gre­noble). Ce, trois mois et demi après l’ar­ri­vée, le 5 novembre der­nier, à Paris, de la pre­mière enseigne phy­sique Shein du monde.

Les Jeunes com­mu­nistes étaient pré­sents. © Mae­lis Lecomte

Mais « Shein n’est pas juste une bou­tique », sou­lignent les co-signa­taires. « C’est un modèle glo­bal qui exploite les tra­vailleuses et tra­vailleurs, pol­lue mas­si­ve­ment et fra­gi­lise nos com­merces. » Et de fus­ti­ger, pêle-mêle, « le tra­vail for­cé des Ouï­ghours, le tra­vail d’enfants, des jour­nées de 18 heures » ain­si que les « mil­lions de tonnes de vête­ments pro­duits pour être por­tés juste quelques fois avant d’être jetés ». Sans oublier « des matières syn­thé­tiques issues du pétrole, impos­sibles à recy­cler et bour­rées de micro­plas­tiques et de sub­stances toxiques ».

Ne pas stigmatiser les clients de Shein

Pas ques­tion tou­te­fois de se trom­per de cible, pour les mili­tants, qui refusent de stig­ma­ti­ser et culpa­bi­li­ser les clients. « La véri­table res­pon­sa­bi­li­té de ce sys­tème […] ne peut en aucun cas être impu­tée aux plus pré­caires, affirment-ils. Ce ne sont pas celles et ceux qui consomment pour se vêtir qui portent la res­pon­sa­bi­li­té mais bien entiè­re­ment Shein, le BHV qui l’ac­cueille, et le sys­tème éco­no­mique et poli­tique qui le nour­rit et l’en­cou­rage. »

Lau­rence Ruf­fin, can­di­date de la liste d’u­nion de la gauche aux muni­ci­pales, est venue sou­te­nir les mani­fes­tants. © Mae­lis Lecomte

Les orga­ni­sa­teurs évoquent en outre les « alter­na­tives » exis­tant déjà à Gre­noble, à savoir « fri­pe­ries, res­sour­ce­ries et com­merces locaux enga­gés ». Ce qui montre, selon eux, « qu’un autre modèle est pos­sible, basé sur le res­pect des per­sonnes et de l’en­vi­ron­ne­ment ». Un com­bat que les mani­fes­tants entendent bien pour­suivre, avec d’autres actions en vue dans les pro­chaines semaines.

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