La gratuité des transports, solution efficace face à l’envolée des carburants

Par Luc Renaud

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La station terminale de la ligne A du tram, à l’Étoile. Ce fut le dernier investissement de prolongement du réseau de trams dans l'agglomération grenobloise. La station a été inaugurée le 21 décembre 2019.
L'UGDT aire grenobloise rappelle que la gratuité des transports publics constitue la réponse la plus juste, la plus efficace et la plus écologique à cette crise. L'exemple de Dunkerque, où les bus gratuits battent tous les records de fréquentation, en apporte la preuve.

« La gra­tui­té des trans­ports publics est un choix de socié­té où la col­lec­ti­vi­té décide de garan­tir un droit fon­da­men­tal, au même titre que l’é­du­ca­tion ou la san­té », sou­ligne en pré­am­bule l’Union pour la gra­tui­té et le déve­lop­pe­ment des trans­ports publics (UGDT aire gre­no­bloise, ex col­lec­tif pour la gra­tui­té) tout en récu­sant l’op­po­si­tion entre urgence sociale et urgence envi­ron­ne­men­tale : « Il est pos­sible de vivre mieux tout en pré­ser­vant la pla­nète. » Une prise de posi­tion que l’organisation membre de la Coor­di­na­tion natio­nale des col­lec­tifs pour les trans­ports publics gra­tuits réitère au moment où la flam­bée des prix du car­bu­rant vient appor­ter de l’eau à son mou­lin.

De 187 à 600 euros annuels pour un jeune de moins de 25 ans non étudiant

L’ UGDT aire gre­no­bloise constate logi­que­ment que le prix de l’essence frappe en pre­mier lieu les plus modestes. Une infla­tion qui ne se limite pas à l’essence et au gazole : dans la région gre­no­bloise, « le ticket uni­taire de trans­port en com­mun a été por­té à 2 €, et cer­tains abon­ne­ments ont subi des hausses consi­dé­rables : les jeunes de moins de 25 ans non étu­diant ont par exemple vu leur abon­ne­ment pas­ser de 187 € à 660 € par an. » Dès lors, « comment, dans ces condi­tions, encou­ra­ger un report modal mas­sif de la voi­ture vers les trans­ports en com­mun ? », inter­roge l’UGDT.

Ce qui ren­force l’intérêt de la solu­tion de la gra­tui­té des trans­ports publics. L’organisation note que la gra­tui­té est effi­cace pour la pré­ser­va­tion du pou­voir d’achat. En attestent la hausse de la fré­quen­ta­tion des trans­ports dans les villes qui l’ont mise en œuvre.

Ain­si, dans la com­mu­nau­té d’agglomération de Dun­kerque où les trans­ports sont gra­tuits depuis depuis 2018 pour ses 200 000 habi­tants, la fré­quen­ta­tion est pas­sée de 9 mil­lions de voyages en 2017 à 24 mil­lions en 2025. « Face à la flam­bée actuelle des car­bu­rants, les résul­tats sont spec­ta­cu­laires : le réseau DK’­Bus a enre­gis­tré un record his­to­rique de 100 000 voya­geurs en une seule jour­née le 8 avril 2026, avec en moyenne 4 800 voyages sup­plé­men­taires par jour par rap­port à 2025. »

Une hausse de 25% de la fréquentation par rapport à l’an dernier

L’union cite un autre exemple hexa­go­nal. « À Niort (où les bus sont gra­tuits depuis 2017) le réseau Tan­lib enre­gistre une hausse de 25 % de sa fré­quen­ta­tion en seule­ment deux mois. Le covoi­tu­rage y pro­gresse de 30 % et les vélos en libre-ser­vice connaissent un suc­cès inédit. Preuve que la gra­tui­té, com­bi­née à une offre mul­ti­mo­dale, trans­forme dura­ble­ment les habi­tudes de dépla­ce­ment. » L’augmentation du nombre de réseaux sous régime d’une gra­tui­té totale ou par­tielle est d’ailleurs un phé­no­mène pla­né­taire.

L’ UGDT reven­dique une série de mesures pour l’ensemble des 544 500 habi­tants des 129 com­munes qui consti­tuent le ter­ri­toire du Syn­di­cat mixte des trans­ports de l’aire gre­no­bloise (SMMAG). Et tout d’abord, pour finan­cer la gra­tui­té, le relè­ve­ment à 3 % de la masse sala­riale du ver­se­ment mobi­li­té dû par les entre­prises comme c’est le cas en Île-de-France. Ce taux est actuel­le­ment de 2 % dans la métro­pole gre­no­bloise, de 1,1 % dans le Pays voi­ron­nais, et de 1,7 % dans l’intercommunalité du Gré­si­vau­dan.

La disparité des versements mobilité des entreprises dans le territoire du SMMAG

Pour aller vers une gra­tui­té totale, l’UGDT demande « la mise en place immé­diate de la gra­tui­té des trans­ports en com­mun le week-end et les jours de pic de pol­lu­tion et de crise éner­gé­tique, comme mesure d’ur­gence ».

Elle pro­pose éga­le­ment « l’ou­ver­ture d’un débat public et citoyen sur la gra­tui­té totale des trans­ports publics sur l’en­semble du ter­ri­toire du SMMAG » et n’oublie pas la res­pon­sa­bi­li­té de l’État eu égard à ses enga­ge­ments dans la lutte contre le réchauf­fe­ment cli­ma­tique : « Réduire les émis­sions de gaz à effet de serre de 50 % d’ici 2030 passe par un trans­fert mas­sif de la voi­ture indi­vi­duelle vers les trans­ports col­lec­tifs, ce qui demande des inves­tis­se­ments impor­tants en faveur du fer­ro­viaire et des trans­ports publics. »

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