La Tour-du-Pin. Pétition de la CGT pour le maintien du centre de radiologie
Par Didier Gosselin
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Le groupe Anodea d’imagerie médicale, créé en 2020, a acquis le centre de La Tour-du-Pin il y a trois ans. La fermeture a été annoncée brutalement le 7 mars dernier pour la fin juin, sans aucune concertation avec les salarié·es ni les élu·es locaux. Lesquels, par la voix du nouveau maire (divers droite), espèrent que le groupe reviendra sur sa décision. Et si ce n’est pas le cas, l’édile annonce qu’il se mettra en quête d’autres professionnels pour maintenir l’activité.
Le groupe Anodea, qui a déjà fermé un autre centre en Bretagne, agit dans ce secteur de l’imagerie médicale comme d’autres groupes qui s’affrontent sur un marché de plus en plus concurrentiel. Depuis une dizaine d’années, les regroupements de radiologues se sont multipliés sous forme de réseaux ou de groupes, au détriment de petites structures indépendantes, pour financer des équipements toujours plus pointus et surtout préserver la rentabilité financière dans un contexte de baisse des dépenses de santé. Ces réseaux intégrés d’imagerie médicale attirent effectivement des sociétés de capital-investissement avides de rentabilité sur un marché de 3,8 milliards d’euros pour les radiologues de ville.
Si ce marché est appelé à se développer — avec notamment l’intégration de l’IA dans la pratique des radiologues -, la logique capitaliste de rentabilité impose, selon l’analyste de marché XERFI, « que chaque centre gagne en productivité et en technicité en repensant son mode d’organisation tout en investissant dans des équipements avancés. L’intelligence artificielle joue à ce titre un rôle accru pour améliorer l’efficacité des praticiens et la qualité des soins. La recherche d’économies d’échelle au niveau de la profession tout entière reste également indispensable via par exemple des stratégies de regroupement ». Lesquelles se traduisent, comme à La Tour-du-Pin, par des fermetures et des licenciements…
Promouvoir le secteur public de l’imagerie médicale
C’est de cette logique financière mortifère qu’il faut sortir. Ceci afin de promouvoir un secteur public de l’imagerie médicale appuyé sur les avancées technologiques et scientifiques, comme l’IA, non pour licencier mais pour développer la formation, l’emploi et le service médical aux usagers. Les fonds de l’assurance maladie alimentent aujourd’hui le marché privé de la radiologie à hauteur de 3,8 milliards contre 1,7 milliards à l’hôpital, avec des différences de revenus conséquentes.
En effet, comme le souligne un rapport de l’Inspection générale des finances de juillet 2025, « les radiologues libéraux sont la troisième spécialité libérale la mieux payée. La rémunération des radiologues hospitaliers est très inférieure à celle des radiologues libéraux, ce qui pose de très gros problème d’attractivité à l’hôpital. Le niveau de rentabilité du secteur de la radiologie apparaît lui aussi anormalement élevé. Il est aujourd’hui environ quatre points plus élevé que le reste du secteur de la santé humaine ».
Il y a donc matière à se saisir collectivement de cette réalité pour réinvestir la question du 100% santé Sécu dans le cadre d’un grand projet progressiste et émancipateur pour toutes et tous, contre la financiarisation en cours de toute la protection sociale !
La pétition de l’UL CGT
« L’union locale CGT de La Tour-du-Pin souhaite attirer l’attention sur une situation particulièrement préoccupante concernant l’accès aux soins de la population. La fermeture du centre de radiologie de La Tour-du-Pin, propriété du groupe Anodéa est actée au 30 juin 2026.
Cette décision intervient alors que le site accueille chaque jour près d’une centaine de patients. Cette fermeture s’ajoute à une série de reculs dans l’offre de santé dans le Nord-Isère : désertification médicale, augmentation des délais d’examens, difficultés d’accès aux spécialistes et saturation des services hospitaliers.
Pour la CGT, il est inacceptable que des décisions purement financières viennent fragiliser un droit fondamental : le droit à la santé de proximité. Aujourd’hui La Tour-du-Pin ferme et dans un mois, six mois qu’en sera-t-il de Bourgoin-Jallieu ? Un site saturé ? Il faudra envisager de se déplacer à Grenoble, Lyon ou Chambéry ?
Cette fermeture a de lourdes conséquences pour tout le territoire, pour les patients et l’ensemble des salariés-es. Mobilisons-nous, La santé n’est pas une marchandise ! »


