Avec la CGT, le Tour de France sous le signe des congés payés

Par Luc Renaud

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Le peloton CGT a gravi le col d'Ornon au matin du 24 juillet.
La CGT Isère tenait ce vendredi 24 juillet un stand au pied de la montée de l’Alpe-d’Huez. L’occasion de multiplier les rencontres pendant deux jours et de pleinement participer à cette immense fête populaire en soufflant les 90 bougies d’un conquis social, les congés payés.

La CGT sur le Tour de France, une évi­dence. Et une tra­di­tion, depuis 1947. L’union dépar­te­men­tale de l’Isère y prend sa part. Avec, lors de chaque pas­sage en Isère, un stand mon­té sur un pas­sage stra­té­gique. Autant dire que, cette année, c’est la mon­tée à l’Alpe‑d’Huez qui avait été choi­si. Au kilo­mètre zéro des vingt-et-un lacets mythiques, pour bien faire les choses.

Plu­sieurs dizaines de mil­liers de spec­ta­teurs – davan­tage sûre­ment – sont ain­si pas­sés devant le stand et nombre d’entre eux se sont arrê­tés boire un verre et, pour cer­tains, enta­mer une dis­cus­sion. Un défi­lé inin­ter­rom­pu deux jours durant, du jeu­di au ven­dre­di vers 17 heures, le moment où l’on a pu voir rou­ler Tadej Poga­car, quelques secondes avant son épous­tou­flante remon­tée qui l’a vu rat­tra­per plus de deux minutes sur la tête de course et l’emporter à l’arrivée dans la sta­tion de l’Oisans.

Le stand de la CGT avait été ins­tal­lé au kilo­mètre zéro des 13,8 km de la mon­tée à l’Alpe.

Les mili­tants de la CGT – ils étaient une qua­ran­taine pen­dant les deux jours – avaient choi­si de pla­cer leur ren­dez-vous sous le signe du 90e anni­ver­saire des congés payés, un conquis social de 1936. Des maillots avaient été conçus à l’effigie de cet anni­ver­saire. « En cette période de vacances au cœur de l’été, c’est impor­tant pour nous de rap­pe­ler que les congés payés ça ne tombe pas du ciel ; il a fal­lu se battre et défendre les conquis sociaux, en gagner d’autres, c’est aujourd’hui encore une bataille », sou­li­gnait Nico­las Benoit , secré­taire géné­ral de l’union dépar­te­men­tale CGT de l’Isère.

Sur ce thème, celui des reven­di­ca­tions syn­di­cales, du néces­saire ren­for­ce­ment de la CGT, des ren­contres ont eu lieu sur la mon­tée de l’Alpe, la veille du pas­sage du tour, avec les nom­breux spec­ta­teurs déjà ins­tal­lés pour ne rien rater de la fête.

Le maillot CGT de cette édi­tion 2026 du Tour de France.

La fête, c’était aus­si le jeu­di soir, au stand. « Des musi­ciens irlan­dais sont venus ani­mer un bal impro­vi­sé devant le stand », raconte Nico­las Benoit dans un large sou­rire. Fête popu­laire et ren­contres inter­na­tio­nales avec des Slo­vènes, bien sûr, mais aus­si des Espa­gnols, des Alle­mands, ou même des Anglais… Et par­mi eux, des syn­di­ca­listes venus échan­ger avec leurs cama­rades fran­çais.

Évè­ne­ment spor­tif, aus­si pour les mili­tants isé­rois de la CGT. Un pelo­ton de dix-neuf cou­reurs, dont une fémi­nine, devait s’élancer dans la mon­tée de l’Alpe, à 8h30 au matin du 24 juillet. Devant l’affluence inédite de spec­ta­teurs et l’impossibilité de redes­cendre dans des délais com­pa­tible avec la course, c’est fina­le­ment le col d’Ornon qui a été gra­vi, en accord et sous escorte de la gen­dar­me­rie.

Une belle et immense fête popu­laire et spor­tive, en un mot.

Nico­las Benoit, secré­taire géné­ral de l’UD de l’I­sère de la CGT. Les congés payés ont même désor­mais un verre à leur effi­gie.

Qui ne fai­sait cepen­dant pas oublier les réa­li­tés de l’époque. « Ce dont nous avons dis­cu­té avec le public, ce sont aus­si de leurs inquié­tudes face aux pro­grammes anti-sociaux de la droite et de l’extrême droite, notait Nico­las Benoit, des atteintes aux liber­tés syn­di­cales comme par exemple celles du nou­veaux maire RN de Car­cas­sonne ; l’extrême droite n’est jamais dans le camp des tra­vailleurs et com­bat leurs repré­sen­tants, sur­tout s’ils sont à la CGT. »

Après la pause du mois d’août, les syn­di­ca­listes CGT se retrou­ve­ront pour leur assem­blée géné­rale de ren­trée le 8 sep­tembre à la bourse du tra­vail de Gre­noble.

Ce jeu­di 24 juillet, une belle affluence dans les rues du Bourg-d’OI­sans, au pied de l’Alpe.

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