Air Liquide. Une heure de débrayage pour le passage du Tour de France à Sassenage
Par Manuel Pavard
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Apprenant le passage à Sassenage de la 18e étape du Tour de France, qui relie Voiron à Orcières-Merlette ce jeudi 23 juillet, une partie des salarié·es d’Air Liquide Advanced Technologies (AL-aT) ont demandé à pouvoir adapter leur heure de pause afin d’aller applaudir les coureurs. Refus catégorique de la direction. Et ce, alors que les ingénieurs et cadres ont pu, eux, s’y rendre librement. Une nouvelle illustration des « différences entre cols blancs et cols bleus », selon la CGT, qui souligne que celles-ci ont encore augmenté après la mise en place, en avril dernier, des nouveaux horaires — qui avait donné lieu à un mouvement social d’ampleur.
Face à ce traitement inéquitable, le syndicat a décidé d’appeler à la grève entre 13 et 14 heures, ce jeudi. Les salarié·es ont ainsi pu débrayer durant une heure, le temps d’encourager le peloton traversant la commune. Leur demande était pourtant loin d’être abusive, selon la CGT, qui souligne les « résultats financiers remarquables » obtenus en 2025 par Air Liquide Advanced Technologies (filiale du groupe Air Liquide spécialisée dans les technologies de pointe et les environnements extrêmes, comme la cryogénie).
« AL-aT ne s’est jamais aussi bien portée »
Malheureusement, si « AL-aT ne s’est jamais aussi bien portée », les salariés de production n’ont en revanche pas été récompensés des efforts fournis. Au contraire même. Dans le tract conçu pour ce mouvement, la CGT évoque ainsi l’aménagement du temps de travail pour les ouvrier·es et technicien·nes de production qui ont vu « leurs conditions de travail se détériorer et la mise en place de contrôles quotidiens ». Mais aussi l’externalisation des services maintenance et infra avec la suppression de huit postes, les « projets de réorganisation tous plus complexes et destructeurs pour les personnes qui les subissent » ou encore les transferts d’activité vers des pays à bas coûts.

En résumé, « les collègues suent — comme les coureurs — pour dégager ces résultats avec comme seule perspective la peur de perdre leur travail », déplore le syndicat CGT. Lequel a donc profité de ce débrayage pour rappeler ses revendications à la direction d’Air Liquide Advanced Technologies. À savoir « revenir à la table des négociations pour des augmentations de salaires » et « améliorer les conditions de travail en profondeur pour toutes et tous en cessant les réorganisations à tout va qui amènent perte de compétences, démissions, burn out ».


