Avec la CGT, le Tour de France sous le signe des congés payés
Par Luc Renaud
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La CGT sur le Tour de France, une évidence. Et une tradition, depuis 1947. L’union départementale de l’Isère y prend sa part. Avec, lors de chaque passage en Isère, un stand monté sur un passage stratégique. Autant dire que, cette année, c’est la montée à l’Alpe‑d’Huez qui avait été choisi. Au kilomètre zéro des vingt-et-un lacets mythiques, pour bien faire les choses.
Plusieurs dizaines de milliers de spectateurs – davantage sûrement – sont ainsi passés devant le stand et nombre d’entre eux se sont arrêtés boire un verre et, pour certains, entamer une discussion. Un défilé ininterrompu deux jours durant, du jeudi au vendredi vers 17 heures, le moment où l’on a pu voir rouler Tadej Pogacar, quelques secondes avant son époustouflante remontée qui l’a vu rattraper plus de deux minutes sur la tête de course et l’emporter à l’arrivée dans la station de l’Oisans.

Les militants de la CGT – ils étaient une quarantaine pendant les deux jours – avaient choisi de placer leur rendez-vous sous le signe du 90e anniversaire des congés payés, un conquis social de 1936. Des maillots avaient été conçus à l’effigie de cet anniversaire. « En cette période de vacances au cœur de l’été, c’est important pour nous de rappeler que les congés payés ça ne tombe pas du ciel ; il a fallu se battre et défendre les conquis sociaux, en gagner d’autres, c’est aujourd’hui encore une bataille », soulignait Nicolas Benoit , secrétaire général de l’union départementale CGT de l’Isère.
Sur ce thème, celui des revendications syndicales, du nécessaire renforcement de la CGT, des rencontres ont eu lieu sur la montée de l’Alpe, la veille du passage du tour, avec les nombreux spectateurs déjà installés pour ne rien rater de la fête.

La fête, c’était aussi le jeudi soir, au stand. « Des musiciens irlandais sont venus animer un bal improvisé devant le stand », raconte Nicolas Benoit dans un large sourire. Fête populaire et rencontres internationales avec des Slovènes, bien sûr, mais aussi des Espagnols, des Allemands, ou même des Anglais… Et parmi eux, des syndicalistes venus échanger avec leurs camarades français.
Évènement sportif, aussi pour les militants isérois de la CGT. Un peloton de dix-neuf coureurs, dont une féminine, devait s’élancer dans la montée de l’Alpe, à 8h30 au matin du 24 juillet. Devant l’affluence inédite de spectateurs et l’impossibilité de redescendre dans des délais compatible avec la course, c’est finalement le col d’Ornon qui a été gravi, en accord et sous escorte de la gendarmerie.
Une belle et immense fête populaire et sportive, en un mot.

Qui ne faisait cependant pas oublier les réalités de l’époque. « Ce dont nous avons discuté avec le public, ce sont aussi de leurs inquiétudes face aux programmes anti-sociaux de la droite et de l’extrême droite, notait Nicolas Benoit, des atteintes aux libertés syndicales comme par exemple celles du nouveaux maire RN de Carcassonne ; l’extrême droite n’est jamais dans le camp des travailleurs et combat leurs représentants, surtout s’ils sont à la CGT. »
Après la pause du mois d’août, les syndicalistes CGT se retrouveront pour leur assemblée générale de rentrée le 8 septembre à la bourse du travail de Grenoble.



