Grenoble, école des Genêts. Les parents s’opposent au projet de fermeture d’une classe

Par Antonin Grandfond

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Rassemblement au son des tambours de la BatukaVI.
L’association des parents d’élèves de l’école Genêts, à la Villeneuve de Grenoble, et les délégués des parents d’élèves avaient donné rendez-vous à la sortie des classes mercredi 20 mai à midi. Comme devant d’autres écoles de Grenoble, les parents d’élèves se sont rassemblés pour s’opposer à la fermeture annoncée d’une classe à la rentrée de septembre.

L’école des Genêts, au sud de la Vil­le­neuve de Gre­noble, est une école élé­men­taire clas­sée en REP+ (Réseau édu­ca­tion prio­ri­taire), et doit donc, selon la loi, béné­fi­cier de moyens ren­for­cés pour accueillir et édu­quer des enfants issus d’un quar­tier popu­laire. Pour­tant, le rec­to­rat a annon­cé qu’une classe serait fer­mée à la pro­chaine ren­trée sco­laire dans cette école. Il ne s’agit pas d’une excep­tion puisque le plan d’austérité du rec­to­rat pré­voit 103 fer­me­tures de classes pour seize ouver­tures, soit 87 postes sup­pri­més dans les écoles mater­nelles et pri­maires du dépar­te­ment de l’Isère. Il y en aurait seize rien qu’à Gre­noble tan­dis que selon le décompte du syn­di­cat SNUIpp-FSU, le bilan natio­nal de la purge serait de 3742 fer­me­tures de classes.

Et les éta­blis­se­ments clas­sés en REP ne sont pas vrai­ment épar­gnés puisque les Genets n’est qu’une des trois écoles de la Vil­le­neuve concer­nées tan­dis que l’école Mar­cel-Cachin à Echi­rolles, elle aus­si clas­sée en REP+ est éga­le­ment mena­cée de fer­me­ture.

Maj­da Raki a pris la parole pour expri­mer l’op­po­si­tion des parents à la fer­me­ture dune classe dans cette école clas­sée édu­ca­tion prio­ri­taire.

C’est Maj­da Raki, mère de trois enfants sco­la­ri­sés dans l’école, membre de l’association de parents d’élèves et délé­guée des parents d’élèves qui est inter­ve­nue pour por­ter la parole du col­lec­tif devant les parents mobi­li­sés et venu récu­pé­rer leurs enfants. Pour elle, l’argument démo­gra­phique de la baisse du nombre d’élèves pour jus­ti­fier les sup­pres­sions de poste dans l’éducation natio­nale est fal­la­cieux : cette évo­lu­tion devrait plu­tôt être appré­hen­dée comme une oppor­tu­ni­té pour amé­lio­rer le taux d’encadrement des élèves. « L’Éducation natio­nale recon­naît elle-même l’intérêt des petits effec­tifs puisque, dans les écoles en édu­ca­tion prio­ri­taire (REP), les classes dédou­blées sont limi­tées de 12 à 15 élèves maxi­mum. Ain­si les classes dédou­blées aux Genets pas­se­raient de 11,6 à 15 élèves soit le maxi­mum pré­vu par le dis­po­si­tif à la ren­trée. »

La multiplication du non remplacement des enseignants absents

Outre les fer­me­tures de classe, le fait de ne plus rem­pla­cer des ensei­gnants absents est désor­mais la norme dans l’Éducation natio­nale : « Au-delà de cette fer­me­ture, nous dénon­çons le manque chro­nique de moyens accor­dés à l’école publique. Les absences non rem­pla­cées se mul­ti­plient, désor­ga­ni­sant les appren­tis­sages et péna­li­sant direc­te­ment les élèves et les familles. Ce fut le cas cette année aux Genêts où une ensei­gnante absente pen­dant quatre mois a été rem­pla­cée de façon épi­so­dique nui­sant ain­si aux appren­tis­sages et à la conti­nui­té péda­go­gique des élèves de cette classe de CE2. »

L’école des Genêts, si ce n’est pas le cas pour cette année sco­laire, est l’une des écoles gre­no­bloises qui accueillent régu­liè­re­ment des enfants de familles sans loge­ment.

Priorité accordée à la baisse des impôts des plus riches au détriment des moyens humains pour l’école

À l’école du Lac située à trois cents mètres, les absences, que ce soit pour arrêt mala­die ou pour des for­ma­tions pro­fes­sion­nelles ou syn­di­cales pro­gram­mées, font là aus­si rare­ment l’objet d’un rem­pla­ce­ment. Les moyens humains qui se dégradent se tra­duisent aus­si par un manque d’AESH (accom­pa­gnants d’é­lèves en situa­tion de han­di­cap). Pour le col­lec­tif, « Aujourd’hui, trop d’enfants en situa­tion de han­di­cap et leurs familles se retrouvent confron­tés à des accom­pa­gne­ments insuf­fi­sants, par­tiels ou inexis­tants, met­tant en dif­fi­cul­té les élèves, les équipes édu­ca­tives et l’ensemble des classes ». Les moyens humains sont d’autant plus néces­saires que les logiques libé­rales qui poussent le gou­ver­ne­ment à sup­pri­mer des postes d’enseignants, à réduire les impôts pour les plus riches en même temps qu’a faire la part belle aux éta­blis­se­ments pri­vés et à l’aug­men­ta­tion du bud­get de la guerre, pro­duisent des ravages sociaux.

Rendez-vous le 26 mai

Des ensei­gnantes de l’école, pré­sentes pour sou­te­nir l’initiative, étaient déjà mobi­li­sées pour la jour­née d’action dans l’éducation le 5 mai. Les enfants, sor­tis de la classe, étaient là aus­si pour chan­ter « non à la fer­me­ture d’une classe » avec les tam­bours de la Batu­ka­VI. La bataille pour l’école publique n’est pas finie et devra ras­sem­bler lar­ge­ment parents, élus et per­son­nels. Les parents d’élèves de Gre­noble ont ren­dez-vous dès mar­di 26 mai pour une assem­blée géné­rale.

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