Grenoble, école des Genêts. Les parents s’opposent au projet de fermeture d’une classe
Par Antonin Grandfond
/

L’école des Genêts, au sud de la Villeneuve de Grenoble, est une école élémentaire classée en REP+ (Réseau éducation prioritaire), et doit donc, selon la loi, bénéficier de moyens renforcés pour accueillir et éduquer des enfants issus d’un quartier populaire. Pourtant, le rectorat a annoncé qu’une classe serait fermée à la prochaine rentrée scolaire dans cette école. Il ne s’agit pas d’une exception puisque le plan d’austérité du rectorat prévoit 103 fermetures de classes pour seize ouvertures, soit 87 postes supprimés dans les écoles maternelles et primaires du département de l’Isère. Il y en aurait seize rien qu’à Grenoble tandis que selon le décompte du syndicat SNUIpp-FSU, le bilan national de la purge serait de 3742 fermetures de classes.
Et les établissements classés en REP ne sont pas vraiment épargnés puisque les Genets n’est qu’une des trois écoles de la Villeneuve concernées tandis que l’école Marcel-Cachin à Echirolles, elle aussi classée en REP+ est également menacée de fermeture.

C’est Majda Raki, mère de trois enfants scolarisés dans l’école, membre de l’association de parents d’élèves et déléguée des parents d’élèves qui est intervenue pour porter la parole du collectif devant les parents mobilisés et venu récupérer leurs enfants. Pour elle, l’argument démographique de la baisse du nombre d’élèves pour justifier les suppressions de poste dans l’éducation nationale est fallacieux : cette évolution devrait plutôt être appréhendée comme une opportunité pour améliorer le taux d’encadrement des élèves. « L’Éducation nationale reconnaît elle-même l’intérêt des petits effectifs puisque, dans les écoles en éducation prioritaire (REP), les classes dédoublées sont limitées de 12 à 15 élèves maximum. Ainsi les classes dédoublées aux Genets passeraient de 11,6 à 15 élèves soit le maximum prévu par le dispositif à la rentrée. »
La multiplication du non remplacement des enseignants absents
Outre les fermetures de classe, le fait de ne plus remplacer des enseignants absents est désormais la norme dans l’Éducation nationale : « Au-delà de cette fermeture, nous dénonçons le manque chronique de moyens accordés à l’école publique. Les absences non remplacées se multiplient, désorganisant les apprentissages et pénalisant directement les élèves et les familles. Ce fut le cas cette année aux Genêts où une enseignante absente pendant quatre mois a été remplacée de façon épisodique nuisant ainsi aux apprentissages et à la continuité pédagogique des élèves de cette classe de CE2. »
L’école des Genêts, si ce n’est pas le cas pour cette année scolaire, est l’une des écoles grenobloises qui accueillent régulièrement des enfants de familles sans logement.
Priorité accordée à la baisse des impôts des plus riches au détriment des moyens humains pour l’école
À l’école du Lac située à trois cents mètres, les absences, que ce soit pour arrêt maladie ou pour des formations professionnelles ou syndicales programmées, font là aussi rarement l’objet d’un remplacement. Les moyens humains qui se dégradent se traduisent aussi par un manque d’AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap). Pour le collectif, « Aujourd’hui, trop d’enfants en situation de handicap et leurs familles se retrouvent confrontés à des accompagnements insuffisants, partiels ou inexistants, mettant en difficulté les élèves, les équipes éducatives et l’ensemble des classes ». Les moyens humains sont d’autant plus nécessaires que les logiques libérales qui poussent le gouvernement à supprimer des postes d’enseignants, à réduire les impôts pour les plus riches en même temps qu’a faire la part belle aux établissements privés et à l’augmentation du budget de la guerre, produisent des ravages sociaux.
Rendez-vous le 26 mai
Des enseignantes de l’école, présentes pour soutenir l’initiative, étaient déjà mobilisées pour la journée d’action dans l’éducation le 5 mai. Les enfants, sortis de la classe, étaient là aussi pour chanter « non à la fermeture d’une classe » avec les tambours de la BatukaVI. La bataille pour l’école publique n’est pas finie et devra rassembler largement parents, élus et personnels. Les parents d’élèves de Grenoble ont rendez-vous dès mardi 26 mai pour une assemblée générale.



