Le groupe SEB annonce la suppression de 500 emplois en France

Par Luc Renaud

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Centrale vapeur Calor. Pont-Evêque est la seule usine européenne où l'on fabrique des fers à repasser et des centrales vapeur. @ Public Domain, via Wikimedia Commons
En Isère, le site de Pont-Evêque – sous la marque Calor – est concerné. L’insuffisance des résultats financiers est mise en avant par la direction du groupe, ainsi que la volonté de délocaliser en Asie les fonctions de recherche et développement. La CGT dénonce un plan "sans précédent" alors les résultats financiers du groupe sont positifs.

Le groupe a annon­cé fin février un plan d’économie qui pour­rait se tra­duire par la sup­pres­sion de 2100 emplois dans le monde, dont 700 en Europe et 500 en France. « C’est envi­ron 10% de l’effectif en France qui est mena­cé. La direc­tion du groupe a fait le choix de sup­pri­mer des emplois pour les délo­ca­li­ser en Chine et rem­pla­cer des emplois par l’intelligence arti­fi­cielle », dénoncent dans un com­mu­ni­qué les unions dépar­te­men­tales CGT du Rhône, de l’Isère et de la Haute-Savoie. Sont en effet concer­nés par les sup­pres­sions d’emplois les sites de Pont-Evêque, près de Vienne en Isère, de Rumil­ly en Haute-Savoie ain­si que le siège social d’Ecully.

Intelligence artificielle

Dans sa com­mu­ni­ca­tion sur ce « plan d’économie », la direc­tion annonce que ces sup­pres­sions d’emplois seront effec­tuées par des départs volon­taires qui concer­ne­ront les « acti­vi­tés sup­port », comme « la finance et les res­sources humaines », prin­ci­pa­le­ment tou­chées, mais aus­si la logis­tique, le mar­ke­ting, ou le déve­lop­pe­ment pro­duit, selon le patron du groupe Sta­nis­las de Gra­mont qui pré­cise que « l’intelligence arti­fi­cielle joue­ra un rôle dans ces ratio­na­li­sa­tions ».

Les unions dépar­te­men­tales CGT notent que « cette annonce de sup­pres­sion de mil­liers d’emplois tombe, alors que le groupe Seb affiche de très bons résul­tats finan­ciers avec plu­sieurs cen­taines de mil­lions d’euros de béné­fices, sans comp­ter les aides publiques per­çues chaque année sous forme de cré­dit impôt recherche et autres. »

Pour jus­ti­fier cette déci­sion, la direc­tion indique que le chiffre d’affaire du groupe a recu­lé en 2025 de 1,2 % à 8,17 mil­liards d’euros. Reste que son béné­fice net a aug­men­té de 5,6 % à 245 mil­lions d’euros.

Délocaliser la recherche développement en Asie

Au delà de cette pré­sen­ta­tion chif­frée, la direc­tion entend pro­mou­voir une stra­té­gie indus­trielle. Elle consiste à « rap­pro­cher » comme l’indique Sta­nis­las de Gra­mont – les sala­riés qui tra­vaillent dans la recherche et le déve­lop­pe­ment des zones de pro­duc­tion de l’entreprise. Autre­ment dit, de délo­ca­li­ser en Asie une par­tie de la recherche et du déve­lop­pe­ment puisque la moi­tié de ce qui est pro­duit en Asie est déve­lop­pé en France. Le patron pré­cise éga­le­ment que le mar­ke­ting devra davan­tage recou­rir à l’intelligence arti­fi­cielle, ce qui jus­ti­fie­rait les sup­pres­sions d’emplois dans ce domaine.

L’objectif affi­ché pour le groupe SEB est de réa­li­ser « une marge opé­ra­tion­nelle de 10 %, pour ensuite tendre vers 11 % », contre 7,4 % en 2025.

Des effets en chaîne sur la filière

Les unions dépar­te­men­tales CGT sou­lignent que « ce plan de sup­pres­sions est sans pré­cèdent » et qu’il « aura des effets en chaîne sur la filière du petit élec­tro­mé­na­ger ». D’autant que « ce plan vient se rajou­ter à la délo­ca­li­sa­tion de la pro­duc­tion hors de France que les sala­riés subissent depuis de nom­breuses années ».

Les syn­di­ca­listes relèvent par ailleurs que ces déci­sions inter­viennent « après le scan­dale des 211 mil­liards d’aides publiques sans contre­par­tie » et l’information ren­due publique par le minis­tère de l’Economie selon laquelle « 13 335 mil­lion­naires ne payant pas l’impôt sur le reve­nu ».

Des sommes dis­po­nibles pour d’autres choix. La CGT estime ain­si que « l’urgence est d’investir dans les pro­jets d’innovations, inves­tir dans l’outil de pro­duc­tion, la pré­ser­va­tion des emplois et des savoir faire ». Pour cela, la CGT reven­dique « un contrôle des aides publiques, leur flé­chage vers les entre­prises et les pans de l’économie qui en ont besoin, et leur uti­li­sa­tion pour finan­cer la trans­for­ma­tion de notre appa­reil pro­duc­tif ».

Sept cents salariés à Pont-Evêque

Le site de Calor, une marque du groupe SEB, emploie près de sept cents per­sonnes à Pont-Evêque, près de Vienne. C’est la der­nière usine en Europe de fabri­ca­tion de fers à repas­ser et de cen­trales vapeur. Le groupe Seb détient trente-deux marques par­mi les­quelles Tefal, SEB, Calor, Krups, Mou­li­nex, Lagos­ti­na, etc.

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