Le groupe SEB annonce la suppression de 500 emplois en France
Par Luc Renaud
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Le groupe a annoncé fin février un plan d’économie qui pourrait se traduire par la suppression de 2100 emplois dans le monde, dont 700 en Europe et 500 en France. « C’est environ 10% de l’effectif en France qui est menacé. La direction du groupe a fait le choix de supprimer des emplois pour les délocaliser en Chine et remplacer des emplois par l’intelligence artificielle », dénoncent dans un communiqué les unions départementales CGT du Rhône, de l’Isère et de la Haute-Savoie. Sont en effet concernés par les suppressions d’emplois les sites de Pont-Evêque, près de Vienne en Isère, de Rumilly en Haute-Savoie ainsi que le siège social d’Ecully.
Intelligence artificielle
Dans sa communication sur ce « plan d’économie », la direction annonce que ces suppressions d’emplois seront effectuées par des départs volontaires qui concerneront les « activités support », comme « la finance et les ressources humaines », principalement touchées, mais aussi la logistique, le marketing, ou le développement produit, selon le patron du groupe Stanislas de Gramont qui précise que « l’intelligence artificielle jouera un rôle dans ces rationalisations ».
Les unions départementales CGT notent que « cette annonce de suppression de milliers d’emplois tombe, alors que le groupe Seb affiche de très bons résultats financiers avec plusieurs centaines de millions d’euros de bénéfices, sans compter les aides publiques perçues chaque année sous forme de crédit impôt recherche et autres. »
Pour justifier cette décision, la direction indique que le chiffre d’affaire du groupe a reculé en 2025 de 1,2 % à 8,17 milliards d’euros. Reste que son bénéfice net a augmenté de 5,6 % à 245 millions d’euros.
Délocaliser la recherche développement en Asie
Au delà de cette présentation chiffrée, la direction entend promouvoir une stratégie industrielle. Elle consiste à « rapprocher » – comme l’indique Stanislas de Gramont – les salariés qui travaillent dans la recherche et le développement des zones de production de l’entreprise. Autrement dit, de délocaliser en Asie une partie de la recherche et du développement puisque la moitié de ce qui est produit en Asie est développé en France. Le patron précise également que le marketing devra davantage recourir à l’intelligence artificielle, ce qui justifierait les suppressions d’emplois dans ce domaine.
L’objectif affiché pour le groupe SEB est de réaliser « une marge opérationnelle de 10 %, pour ensuite tendre vers 11 % », contre 7,4 % en 2025.
Des effets en chaîne sur la filière
Les unions départementales CGT soulignent que « ce plan de suppressions est sans précèdent » et qu’il « aura des effets en chaîne sur la filière du petit électroménager ». D’autant que « ce plan vient se rajouter à la délocalisation de la production hors de France que les salariés subissent depuis de nombreuses années ».
Les syndicalistes relèvent par ailleurs que ces décisions interviennent « après le scandale des 211 milliards d’aides publiques sans contrepartie » et l’information rendue publique par le ministère de l’Economie selon laquelle « 13 335 millionnaires ne payant pas l’impôt sur le revenu ».
Des sommes disponibles pour d’autres choix. La CGT estime ainsi que « l’urgence est d’investir dans les projets d’innovations, investir dans l’outil de production, la préservation des emplois et des savoir faire ». Pour cela, la CGT revendique « un contrôle des aides publiques, leur fléchage vers les entreprises et les pans de l’économie qui en ont besoin, et leur utilisation pour financer la transformation de notre appareil productif ».
Sept cents salariés à Pont-Evêque
Le site de Calor, une marque du groupe SEB, emploie près de sept cents personnes à Pont-Evêque, près de Vienne. C’est la dernière usine en Europe de fabrication de fers à repasser et de centrales vapeur. Le groupe Seb détient trente-deux marques parmi lesquelles Tefal, SEB, Calor, Krups, Moulinex, Lagostina, etc.


