Municipales. Laurence Ruffin dévoile sa liste et son « nouveau projet » pour Grenoble

Par Manuel Pavard

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Les soixante colistiers figurant sur la liste "Oui Grenoble" sont montés sur scène aux côtés de Laurence Ruffin, clôturant la soirée au Palais des sports.
Laurence Ruffin a dévoilé ce jeudi 5 février au soir, au Palais des sports de Grenoble, les noms de ses soixante colistiers et colistières pour les municipales. La candidate a également présenté les grandes lignes du programme défendu par la liste "Oui Grenoble", qui a exposé ses "33 propositions pour 2033". Un projet basé sur le triptyque "coopérer, protéger, inventer" et qui, sans renier le bilan de la municipalité Piolle, entend impulser un "nouveau cycle".

Lau­rence Ruf­fin l’a­vait déjà mar­te­lé en lan­çant sa cam­pagne, peu après sa dési­gna­tion pour mener l’u­nion de la gauche éco­lo­giste et citoyenne aux muni­ci­pales : il ne s’a­git pas, pour elle, d’ef­fec­tuer un troi­sième man­dat mais bien d’in­car­ner un nou­vel élan. Une ligne de conduite que la can­di­date a dou­ble­ment confir­mée ce jeu­di 5 février, devant les sym­pa­thi­sants et mili­tants réunis au Palais des sports, pour la soi­rée de pré­sen­ta­tion du pro­jet et de la liste « Oui Gre­noble ».

Lau­rence Ruf­fin a impri­mé sa marque sur la cam­pagne.

Le choix des mots d’a­bord. Certes, Lau­rence Ruf­fin assume et même reven­dique l’hé­ri­tage lais­sé par l’ac­tuelle muni­ci­pa­li­té. Sans jamais citer le nom d’É­ric Piolle, elle avoue être « fière » d’a­voir vu Gre­noble deve­nir « la pre­mière grande ville éco­lo­giste de France en 2014 ». Et la capi­tale des Alpes « va le res­ter », pro­met-elle, affi­chant sa convic­tion de vivre « un moment char­nière ». Car, observe la tête de liste, « jamais la menace de l’ex­trême droite n’a été aus­si forte ».

« Nous avons besoin à Gre­noble d’un nou­veau cycle, d’un nou­veau pro­jet, exi­geant sur le fond et apai­sé sur la forme. »

Néan­moins, der­rière les éloges et les bons points dis­tri­bués au maire, les termes employés — ou les idées sous-enten­dues — tra­duisent une réelle volon­té de mar­quer sa dif­fé­rence. « Nous avons besoin à Gre­noble d’un nou­veau cycle, d’un nou­veau pro­jet, exi­geant sur le fond et apai­sé sur la forme », lance ain­si Lau­rence Ruf­fin. Pas de cri­tique fron­tale mais dif­fi­cile de ne pas y voir une allu­sion à cer­tains griefs par­fois adres­sés à l’é­dile.

Une équipe aux pro­fils et aux âges variés.

L’autre moyen d’af­fi­cher sa sin­gu­la­ri­té passe par la com­po­si­tion de la liste. Liste dont est jus­te­ment absent Éric Piolle, ce qui met fin aux rumeurs et bruits de cou­loir évo­quant l’op­tion inverse. De fait, les soixante noms dévoi­lés ce jeu­di soir témoignent d’un sub­til dosage entre conti­nui­té et renou­vel­le­ment. Plu­sieurs élus de la majo­ri­té muni­ci­pale sont natu­rel­le­ment pré­sents (Mar­got Belair, Alan Confes­son, Chloé Pan­tel, San­dra Krief, Isa­belle Peters, Antoine Back, Khei­ra Cap­de­pon, Gilles Namur, Nico­las Kada…). Mais Mar­got Belair est, par exemple, la seule membre de l’é­quipe Piolle à figu­rer dans les dix pre­mières places (en 5e posi­tion).

On retrouve sur la liste des élu-es de l’ac­tuelle majo­ri­té (ici, San­dra Krief, Mar­got Belair ou Nico­las Kada), des nou­veaux ou nou­velles (comme l’ex-cheffe de file PS Aman­dine Ger­main), des figures de la socié­té civile et du mou­ve­ment asso­cia­tif.

Pour le reste, on retrouve à la fois des mili­tants des dif­fé­rents par­tis et mou­ve­ments alliés au sein de la liste (Les Éco­lo­gistes, PS, PCF, Génération.s, L’A­près, Par­ti ani­ma­liste, l’Ades, Go Citoyen­ne­té…) — comme la socia­liste Aman­dine Ger­main (3e) ou le com­mu­niste Alexis Monge (4e) — et des per­son­na­li­tés de la socié­té civile, à l’ins­tar d’Ab­del­wa­heb Kis­moune, en seconde posi­tion. Le tout avec une pyra­mide des âges très éten­due, des 20 ans de la ben­ja­mine Dyna Bel­la­tar, étu­diante, aux 82 ans du doyen Jean Rol­let, méde­cin retrai­té du centre de san­té de la Vil­le­neuve. Notons éga­le­ment le clin d’œil à l’his­toire de la gauche et des éco­lo­gistes à Gre­noble, avec la pré­sence du « lan­ceur d’a­lerte » Ray­mond Avrillier à l’a­vant-der­nière place (60e) — le « tom­beur de Cari­gnon » prêt pour les retrou­vailles.

« La coopération, c’est l’histoire de ma vie »

Tous por­te­ront le pro­gramme dont Lau­rence Ruf­fin a esquis­sé les grandes lignes. « Un pro­jet radi­cal, inclu­sif, fémi­niste et anti­ra­ciste ». Et s’ap­puyant sur trois maîtres mots. Pre­miè­re­ment, « coopé­rer ». L’an­cienne diri­geante de la Scop Alma ne cesse de le rap­pe­ler : « La coopé­ra­tion, c’est l’his­toire de ma vie. » D’où l’am­bi­tion de « faire la ville ensemble », véri­table leit­mo­tiv de sa cam­pagne. Ensuite, « pro­té­ger ». Ce, pour « amé­lio­rer le quo­ti­dien et agir sur les trois prin­ci­pales dépenses des Fran­çais : l’a­li­men­ta­tion, le loge­ment et les trans­ports ». Elle garan­tit en outre que la jeu­nesse et l’é­du­ca­tion consti­tue­ront son « pre­mier bud­get » de future maire. Enfin, « inven­ter », notam­ment pour que « la ville soit vivable » dans cette ère de chan­ge­ment cli­ma­tique.

Le public est venu en nombre au Palais des sports.

Concrè­te­ment, la qua­si-tota­li­té des mesures du pro­gramme peuvent ain­si s’in­té­grer à ce trip­tyque « coopé­rer, pro­té­ger, inven­ter ». Illus­tra­tion avec trois exemples cités par Lau­rence Ruf­fin et cor­res­pon­dant res­pec­ti­ve­ment aux trois concepts. « On va créer deux centres de san­té », dont l’un, à Saint-Bru­no, est un pro­jet « tra­vaillé avec les habi­tants ». Sur le loge­ment, « on va pla­fon­ner les loyers, défendre les loca­taires et atteindre les 30 % de loge­ment social », annonce-t-elle. Avant de détailler la troi­sième mesure, qui fera, à n’en pas dou­ter, beau­coup par­ler le moment venu : « se bai­gner dans l’I­sère. Avec pré­cau­tion, c’est pos­sible donc on va le faire », clame la can­di­date.

« Agir sur l’alimentation, le logement et les transports »

Si Lau­rence Ruf­fin n’a pas ren­du public l’in­té­gra­li­té de son pro­gramme, ses colis­tiers et colis­tières, venus la rejoindre sur la tri­bune, ont tout de même pré­sen­té à tour de rôle leurs « 33 pro­po­si­tions pour 2033 ». Par­mi ces pre­mières mesures, citons pêle-mêle — outre les trois pré­ci­tées — l’ins­tau­ra­tion de réfé­ren­dums citoyens, la gra­tui­té des trans­ports publics le week-end, une tari­fi­ca­tion « parent solo » pour la can­tine, le péri­sco­laire ou la mutuelle, la créa­tion d’une forêt urbaine et d’une halle cou­verte, des paniers bio gra­tuits pour les femmes enceintes, un pro­gramme « tous en vacances » pour les petits Gre­no­blois qui ne sont jamais par­tis ou encore une police muni­ci­pale de quar­tier avec cin­quante agents sup­plé­men­taires.

Les 33 pre­mières pro­po­si­tions de la liste.

De nou­velles pro­po­si­tions seront ensuite dévoi­lées chaque semaine, jus­qu’au pre­mier tour. À un peu plus d’un mois de l’é­chéance, la pres­sion monte. Mais Lau­rence Ruf­fin, accla­mée par la salle, l’at­tend serei­ne­ment, plus que jamais pré­pa­rée à livrer cette bataille. Et de filer une belle méta­phore « en tant que nageuse » accom­plie [NDLR : elle a été cham­pionne de France UNSS de nata­tion syn­chro­ni­sée par équipe] : « J’ai hési­té à sau­ter dans le grand bain mais j’ai fina­le­ment déci­dé d’y plon­ger tout entière. »

Une mili­tante et béné­vole est mon­tée sur scène pour défendre les quar­tiers popu­laires.
Lau­rence Ruf­fin a séduit l’as­sis­tance.

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