Grenoble. Le PCF Isère formule des vœux de rassemblement et de victoire pour 2026

Par Manuel Pavard

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Le PCF Isère avait invité une délégation des occupants du siège de la Métropole à prendre la parole en ouverture des vœux.
La fédération du PCF de l'Isère organisait sa traditionnelle cérémonie des vœux samedi 31 janvier, dans ses locaux grenoblois. Militants et sympathisants, venus en nombre, ont pu écouter une délégation des occupants du siège de la métropole ainsi que les deux auteurs de l'ouvrage "Portraits communistes", dont les photos sont actuellement exposées à la fédération. Avant les discours offensifs de la direction du Travailleur alpin et du secrétaire départemental Jérémie Giono.

« Ce n’est pas une mince affaire que d’espérer le meilleur, dans un monde qui aura démar­ré 2026 sur les cha­peaux de roues. » Jéré­mie Gio­no, secré­taire dépar­te­men­tal du PCF Isère, l’a rele­vé en intro­duc­tion de son dis­cours : l’ac­tua­li­té char­gée et le contexte lourd de menaces — tant au plan natio­nal qu’in­ter­na­tio­nal — donnent, cette année, une dimen­sion par­ti­cu­lière à ce tra­di­tion­nel ren­dez-vous des vœux.

Comme tous les ans, la fédé­ra­tion de l’I­sère avait convié same­di 31 jan­vier, dans ses locaux du 20 rue Émile-Guey­mard, les mili­tants et mili­tantes com­mu­nistes, des repré­sen­tants poli­tiques et élus locaux (PCF ou d’autres par­tis de gauche), des res­pon­sables syn­di­caux… Sans oublier les invi­tés « d’hon­neur », cha­leu­reu­se­ment applau­dis par l’as­sis­tance : une délé­ga­tion repré­sen­tant les quelque 150 sans-logis occu­pant le siège de la métro­pole depuis le 19 novembre.

« Nous ne sommes pas partis de chez nous par plaisir »

Salués par Jéré­mie Gio­no pour leur « lutte exem­plaire », les occu­pants ont ouvert les vœux par la voix de leur porte-parole Moha­med Fofa­na, secré­taire du syn­di­cat CGT des livreurs à vélo. Lequel a remer­cié le PCF pour son appel aux dons, lan­cé en jan­vier, ain­si que toutes les per­sonnes qui les sou­tiennent depuis plus de deux mois.

Moha­med Fofa­na (au micro), secré­taire du syn­di­cat CGT des livreurs à vélo et porte-parole des occu­pants de la Métro.

Le visage grave, pro­fon­dé­ment mar­qué par le récent drame ayant tou­ché l’un de ses cama­rades, le jeune homme a évo­qué un com­bat « pour la digni­té ». Ces familles ne demandent pas la lune ni de quel­conques faveurs, mais bien le droit d’a­voir un toit, des papiers, un tra­vail… Comme tout être humain. Et de battre en brèche cer­taines idées reçues sur « l’im­mi­gra­tion », trop sou­vent col­por­tées par la droite et l’ex­trême droite. « Nous ne sommes pas par­tis de chez nous par plai­sir », a ain­si lan­cé Moha­med Fofa­na, ova­tion­né par le public.

Douze portraits de militants communistes isérois

Autre temps fort de cette mati­née, l’in­ter­ven­tion de Tho­mas Petit et Xavier Sacon­ney, auteurs de Por­traits com­mu­nistes. L’ou­vrage a don­né lieu à une expo­si­tion pho­to, actuel­le­ment visible au siège de la fédé­ra­tion PCF. Une série de por­traits de douze mili­tantes et mili­tants com­mu­nistes isé­rois, réunis­sant texte et pho­to­gra­phies argen­tiques en noir et blanc, expo­sées dans la salle Ray­mond-Per­inet­ti.

Les pho­tos argen­tiques en noir et blanc de douze mili­tants et mili­tantes PCF sont expo­sées au siège de la fédé­ra­tion.

Ces images sont com­plé­tées, dans le livre, par douze « longs entre­tiens bio­gra­phiques » réa­li­sés entre mai et décembre 2025. Les mili­tants inter­ro­gés y expliquent « pour­quoi ils s’en­gagent, quelle est la sin­gu­la­ri­té du par­ti, quel est leur rap­port au monde », ont pré­ci­sé les auteurs. Avant d’in­vi­ter l’en­semble des par­ti­ci­pants le 27 février, à 18h30, tou­jours au 20 rue Émile-Guey­mard, pour la pré­sen­ta­tion publique de l’ou­vrage.

Xavier et Tho­mas, auteurs de « Por­traits com­mu­nistes », ouvrage qu’ils pré­sen­te­ront le 27 février à la fédé­ra­tion PCF.

Leur prise de parole a été pré­cé­dée de celle d’É­li­sa­beth Ver­nay, gérante de la socié­té coopé­ra­tive à inté­rêt col­lec­tif (SCIC) Le Tra­vailleur alpin, qui a sou­li­gné l’im­por­tance de la presse com­mu­niste. Un rôle cru­cial à une époque où la qua­si-tota­li­té des médias se retrouvent aux mains de grands groupes capi­ta­listes, voire — pour un nombre crois­sant d’entre eux — de mil­liar­daires d’ex­trême droite comme Bol­lo­ré ou Sté­rin. « Le Tra­vailleur alpinet l’Hu­ma­ni­tésont des vec­teurs de conver­gence des luttes », a‑t-elle affir­mé, don­nant ren­dez-vous à Saint-Égrève, le week-end des 27 et 28 mai, pour la pro­chaine Fête du Tra­vailleur alpin.

Éli­sa­beth Ver­nay, direc­trice de la SCIC Le Tra­vailleur alpin.

Comme de cou­tume, Jéré­mie Gio­no a clos ces vœux 2026 par son habi­tuel dis­cours mêlant bilan et pers­pec­tives. En ce début d’an­née, dif­fi­cile d’é­lu­der le contexte inter­na­tio­nal mar­qué par « l’agression impé­ria­liste des États-Unis de Donald Trump contre la Répu­blique boli­va­rienne du Vene­zue­la, sui­vie des menaces d’annexion du Groen­land ». Deux points illus­trant, selon lui, « l’ef­fon­dre­ment défi­ni­tif de l’ordre inter­na­tio­nal héri­té de la vic­toire de 1945 ».

« C’est deve­nu un lieu com­mun de dire que nous sommes entrés dans une ère où la loi du plus fort fait son grand retour, mais en tant que com­mu­nistes, nous avons la res­pon­sa­bi­li­té d’aller au-delà de cette for­mule, et de nom­mer la véri­table dyna­mique à l’œuvre : l’impérialisme, stade suprême du capi­ta­lisme », a décryp­té le secré­taire dépar­te­men­tal du PCF Isère.

« C’est leur camp poli­tique qui est res­pon­sable des drames huma­ni­taires qui se jouent des deux côtés de la Médi­ter­ra­née, et qui font que des mil­liers risquent leur vie pour être exploi­tés ici dans tant de bou­lots essen­tiels que notre socié­té refuse de recon­naître ! »

Du Vene­zue­la à l’I­ran — mal­gré « la révolte légi­time du peuple ira­nien » -, du Moyen-Orient au Nige­ria, un « déno­mi­na­teur com­mun » der­rière les manoeuvres trum­pistes : « le pétro­dol­lar, sup­port essen­tiel de la domi­na­tion moné­taire du dol­lar, qui per­met aux États-Unis d’extorquer une rente à l’ensemble des peuples de la pla­nète ». Tou­te­fois, « si la puis­sance hégé­mo­nique impé­ria­liste conserve sa domi­na­tion mili­taire, elle a per­du celle de la pro­duc­tion concrète au pro­fit de la Chine », nuance le res­pon­sable com­mu­niste.

Jéré­mie Gio­no a ensuite égre­né ces mul­tiples « dan­gers » géné­rés par le « pour­ris­se­ment de l’im­pé­ria­lisme ». D’a­bord le « sacri­fice bru­tal des peuples », que l’on pense aux Pales­ti­niens, aux Kurdes, aux Sah­raouis, aux Ukrai­niens ou aux habi­tants de nom­breux pays afri­cains. D’où ce tacle glis­sé aux don­neurs de leçons issus notam­ment de la droite : « C’est leur camp poli­tique qui est res­pon­sable des drames huma­ni­taires qui se jouent des deux côtés de la Médi­ter­ra­née, et qui font que des mil­liers risquent leur vie pour être exploi­tés ici dans tant de bou­lots essen­tiels que notre socié­té refuse de recon­naître ! »

Jéré­mie Gio­no, secré­taire dépar­te­men­tal du PCF Isère.

In fine, c’est d’un « sacri­fice géné­ra­li­sée de l’es­pèce humaine » que l’on peut par­ler. Car aux menaces de guerre s’a­joute, a‑t-il rap­pe­lé, « la pro­blé­ma­tique de plus en pré­gnante du réchauf­fe­ment cli­ma­tique, qui menace de rendre inha­bi­tables de larges pans du globe ». Le constat est clair : « La décom­po­si­tion du capi­ta­lisme nous conduit toutes et tous vers l’a­bîme ». Chute sym­bo­li­sée par « l’ef­fon­dre­ment intel­lec­tuel de nos classes domi­nantes » et la vora­ci­té d’une « inter­na­tio­nale fas­ciste [qui] déploie ses griffes », de l’Ar­gen­tine au Chi­li en pas­sant par l’I­ta­lie, le Japon… et même la France avec les « nou­velles pas­se­relles entre droite tra­di­tion­nelle et extrême droite ».

« Un choix de civilisation »

Pour Jéré­mie Gio­no, « nous sommes bien face à rien de moins qu’un choix de civi­li­sa­tion ». Ce que résu­maient déjà cer­tains, il y a plu­sieurs décen­nies, avec une for­mule res­tée célèbre : « socia­lisme ou bar­ba­rie ». « C’est sur cette ligne de front, sur cette bar­ri­cade, que se tiennent et se tien­dront les com­mu­nistes, conscients de la gra­vi­té de la période », a‑t-il assu­ré.

Se féli­ci­tant des ini­tia­tives menées par les com­mu­nistes isé­rois (« fruits et légumes soli­daires », par­ti­ci­pa­tion à la Fête de l’Hu­ma, foires de Beau­crois­sant et de la Saint-Mar­tin, Fête du Tra­vailleur alpin bien sûr…), du tra­vail enga­gé sur le ter­rain de l’in­dus­trie, des pro­grès enre­gis­trés sur les adhé­sion, le secré­taire dépar­te­men­tal a évo­qué les efforts à mener en termes de fémi­ni­sa­tion des effec­tifs. Objec­tif qui pas­se­ra notam­ment, d’a­près lui, par « le ren­for­ce­ment de nos liens avec la géné­ra­tion actuelle de jeunes com­mu­nistes ».

Cap sur les municipales

Quid de la suite ? Avant le cycle de congrès démar­rant au prin­temps et avant les grandes échéances élec­to­rales de 2027, il y a les muni­ci­pales. Un scru­tin à ne sur­tout pas sous-esti­mer, d’au­tant que la com­mune est « sou­vent le seul éche­lon ins­ti­tu­tion­nel acces­sible pour les gens ». Et de citer un exemple concret. Fin jan­vier, « en porte-à-porte à Saint-Mar­tin-d’Hères avec les cama­rades, a‑t-il racon­té, on est tom­bé sur une famille avec des per­sonnes âgées logées par la SDH, dont la chau­dière est en panne depuis plus d’un mois, sans qu’au­cune démarche auprès du bailleur ou de ses pres­ta­taires sous-trai­tants n’a­bou­tisse ».

Que faire dans ce cas ? « La mai­rie ne gère pas les loge­ments sociaux mais elle peut mettre un coup de pres­sion au bailleur pour faire bou­ger les choses, parce qu’elle est garante des condi­tions de décence des loge­ments, a pour­sui­vi Jéré­mie Gio­no. Du coup, parce que des mili­tants PCF sont pas­sés et qu’à Saint-Mar­tin-d’Hères, c’est le com­mu­nisme muni­ci­pal, […] cette famille devrait pou­voir retrou­ver de l’eau chaude. »

« Cest ça l’en­ga­ge­ment com­mu­niste : se frot­ter à tous les pou­voirs pour faire bou­ger les lignes. »

Autre exemple d’en­ga­ge­ment — pour rebon­dir avec les pro­pos des livreurs à vélo -, celui de Jérôme Rubes, vice-pré­sident de Gre­noble-Alpes Métro­pole à l’ha­bi­tat, « qui ne compte pas ses heures depuis novembre pour trou­ver des solu­tions pour les occu­pants du siège de la métro­pole ». Mal­gré les écueils et les dif­fi­cul­tés, « c’est ça l’en­ga­ge­ment com­mu­niste : se frot­ter à tous les pou­voirs pour faire bou­ger les lignes ».

Le diri­geant PCF isé­rois ne pou­vait pas ne pas évo­quer le cas échi­rol­lois. « L’am­bi­tion de four­nir à nos enfants un péri­sco­laire de qua­li­té » ; ambi­tion que Ren­zo Sul­li et Gil­bert Bies­sy « payent au prix fort », a‑t-il déplo­ré. Ce, en se retrou­vant devant les tri­bu­naux, « sur pré­co­ni­sa­tion d’une Cour des comptes qui porte l’exi­gence de pri­va­ti­sa­tion et reproche à la ville d’É­chi­rolles d’a­voir des exi­gences poli­tiques auquel le pri­vé lucra­tif ne peut pas répondre ».

« Le rassemblement du peuple, des classes laborieuses »

Fai­sant applau­dir les com­mu­nistes d’É­chi­rolles qui « ne lais­se­ront pas leurs habi­tants, ni aux mains de l’ex­trême droite, ni à celles des oppor­tu­nistes de tous poils », Jéré­mie Gio­no ne s’est pas pri­vé d’a­dres­ser un mes­sage iro­nique à ces der­niers, citant les insou­mis échi­rol­lois sans les nom­mer : « Un ras­sem­ble­ment de petits ne sera jamais qu’un petit ras­sem­ble­ment ». Cita­tion mal­heu­reu­se­ment décli­nable dans plu­sieurs autres com­munes du ter­ri­toire métro­po­li­tain « où l’ob­ses­sion de cer­tains semble être d’at­ta­quer des équipes de gauche plu­tôt que de déployer leurs efforts à contrer nos véri­tables adver­saires », a‑t-il regret­té.

Le public (mili­tants, sym­pa­thi­sants, élus, repré­sen­tants poli­tiques et syn­di­caux…) est venu nom­breux pour ces vœux 2026.

De Gre­noble à la « cein­ture rouge » jus­qu’à Saint-Mar­cel­lin, Salaise-sur-Sanne, Péage-de-Rous­sillon, Rives, Vizille, la solu­tion porte un nom, pour les com­mu­nistes et pour leurs par­te­naires de gauche : le ras­sem­ble­ment. Mais « pas le ras­sem­ble­ment pour des places, celui du peuple, des classes labo­rieuses ». Une rude bataille en pers­pec­tive face à des adver­saires qui, eux, « sont orga­ni­sés ».

Appe­lant à « gagner en matu­ri­té à gauche » et à se mobi­li­ser dans les six semaines res­tantes, afin de gagner « si pos­sible dès le pre­mier tour, à défaut au second », Jéré­mie Gio­no a conclu sa longue inter­ven­tion en se pro­je­tant vers « une année 2026 que les com­mu­nistes entendent pla­cer sous le signe de l’organisation col­lec­tive, du ras­sem­ble­ment et de la vic­toire ».

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