Vœux de l’UL CGT Roussillon Beaurepaire : inquiétude, luttes, espoir

Par Daniel Oriol

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Les vœux de l'UL CGT se sont tenus au foyer Henri-Barbusse, à Roussillon.
L'union locale CGT Roussillon Beaurepaire organisait sa traditionnelle cérémonie des vœux, mercredi 28 janvier. L'occasion pour le secrétaire de l'UL Anthony Martinez de prononcer un discours évoquant son inquiétude face au contexte actuel, mais aussi ses espoirs pour les luttes futures.

Lors de la céré­mo­nie des vœux de l’UL CGT Roussillon/Beaurepaire, son secré­taire Antho­ny Mar­ti­nez s’est dit inquiet au regard de l’ac­tua­li­té des der­nières semaines. Inquié­tude du citoyen devant cette bar­ba­rie, cet auto­ri­ta­risme et ces idées fas­ci­santes qui pro­gressent à une vitesse alar­mante, devant la des­truc­tion de l’en­vi­ron­ne­ment par le capi­ta­lisme pro­vo­quant des migra­tions for­cées, devant les vio­lences et les conflits armés ali­men­tés par des logiques impé­ria­listes plon­geant des peuples entiers dans la souf­france et la mort.

Inquié­tude du mili­tant face à cette mon­tée en puis­sance des idées d’extrême droite, face à la bana­li­sa­tion de dis­cours qui, hier encore, auraient été impen­sables. Inquié­tude de l’ex­ploi­ta­tion accrue qui pèse­ra sur les tra­vailleurs de demain. Com­ment accep­ter que tant de nos conci­toyens soient prêts à confier les plus hautes res­pon­sa­bi­li­tés de l’État à celles et ceux qui portent ces idées ?

L’extrême droite est un danger

Il faut le dire clai­re­ment : l’extrême droite n’est pas une alter­na­tive. L’extrême droite est un dan­ger. Un dan­ger pour les liber­tés. Un dan­ger pour les droits sociaux. Un dan­ger pour les tra­vailleurs, pour les syn­di­cats, pour les ser­vices publics. Un dan­ger pour la démo­cra­tie elle-même.

Par­tout où elle pro­gresse, les droits reculent. Par­tout où elle gou­verne, les contre-pou­voirs sont atta­qués, les mino­ri­tés stig­ma­ti­sées, les soli­da­ri­tés bri­sées. Les dis­cours de haine rem­placent les débats, la peur rem­place la jus­tice, l’autoritarisme rem­place la démo­cra­tie.

Notre res­pon­sa­bi­li­té col­lec­tive est immense : ne jamais lais­ser ces idées s’installer comme une nor­ma­li­té. Ne jamais renon­cer à com­battre la haine, la divi­sion, le rejet de l’autre. Ne jamais oublier que les conquêtes sociales ont tou­jours été arra­chées contre les forces qui vou­laient divi­ser, affai­blir, sou­mettre.

Le projet de transformation sociale de la CGT

Inquié­tude éga­le­ment du père de famille quant à l’avenir de nos enfants. Com­ment ima­gi­ner un ave­nir serein pour les géné­ra­tions futures ? C’est en conti­nuant ce qui a été mené en 2025, en fai­sant le constat que rien n’a été vain. Les petites vic­toires, les résis­tances quo­ti­diennes, les soli­da­ri­tés concrètes nour­rissent l’espoir de conqué­rir de nou­veaux droits.

La CGT porte un pro­jet de trans­for­ma­tion sociale pro­fond. Ce chan­ge­ment de socié­té ne pour­ra adve­nir que si nous res­tons com­ba­tifs, unis et force de pro­po­si­tions. Les exemples existent : les cama­rades de Thales, après dix ans de lutte, ont obte­nu la créa­tion de la pla­te­forme Axel, tan­dis que ceux de Ven­co­rex portent le pro­jet Exa­lia pour reprendre en main leur outil de tra­vail. Ces réus­sites démontrent qu’une autre socié­té, au-delà du capi­ta­lisme, est pos­sible.

L’importance des élections municipales

Les 15 et 22 mars pro­chains, auront lieu les élec­tions muni­ci­pales. Pour le secré­taire de l’UL, il est essen­tiel de rap­pe­ler l’importance de ces élec­tions, tant pour la vie locale que pour l’avenir natio­nal. Les élus locaux jouent en effet un rôle déter­mi­nant dans la cohé­sion sociale, l’aménagement du ter­ri­toire, la défense des ser­vices publics.

Nous le voyons chaque année : les débats bud­gé­taires tournent au fias­co, les gou­ver­ne­ments imposent des bud­gets aus­té­ri­taires qui étranglent nos col­lec­ti­vi­tés, nos hôpi­taux, nos écoles, nos ser­vices publics. En lais­sant faire, on par­ti­cipe indi­rec­te­ment à la des­truc­tion de nos conquêtes sociales. Les élus locaux, grands élec­teurs de demain, auront aus­si la res­pon­sa­bi­li­té de faire bar­rage aux idées d’extrême droite lors des séna­to­riales. Cette res­pon­sa­bi­li­té est immense.

Antho­ny Mar­ti­nez, secré­taire de l’UL CGT Rous­sillon Beau­re­paire, lors du ras­sem­ble­ment, le 6 novembre, devant la per­ma­nence de Yan­nick Neu­der où a notam­ment été rap­pe­lé le com­bat pour la créa­tion d’un centre de san­té sur le ter­ri­toire.

La bataille contre l’intensification du désert médi­cal et pour la créa­tion de centres de san­té n’est pas ter­mi­née. Les avan­cées res­tent insuf­fi­santes. L’urgence impose d’agir, de pro­po­ser des pro­jets de ter­ri­toire ambi­tieux pour la san­té, la dépen­dance, l’accompagnement des per­sonnes âgées. Nous ne pou­vons plus accep­ter que les agents des éta­blis­se­ments publics et pri­vés conti­nuent de souf­frir de condi­tions de tra­vail indignes.

Solidarité internationale

Dans ce com­bat, nous devons aus­si avoir le cou­rage d’explorer toutes les solu­tions pos­sibles, y com­pris celles qui ont fait leurs preuves ailleurs. De nom­breux pays ont eu recours à la coopé­ra­tion médi­cale inter­na­tio­nale, notam­ment avec les méde­cins cubains, recon­nus pour leur com­pé­tence, leur enga­ge­ment huma­niste et leur pré­sence dans les zones les plus délais­sées. Cette soli­da­ri­té inter­na­tio­nale, por­tée par le peuple cubain depuis des décen­nies, démontre qu’une autre manière de conce­voir la san­té publique est pos­sible : une san­té fon­dée sur la pré­ven­tion, l’accès uni­ver­sel et la pré­sence médi­cale au plus près des popu­la­tions. Affir­mer notre soli­da­ri­té avec le peuple cubain, c’est aus­si affir­mer que la san­té n’est pas une mar­chan­dise mais un droit fon­da­men­tal.

Face à celles et ceux qui attisent la haine, qui opposent les peuples entre eux, qui dénoncent la coopé­ra­tion inter­na­tio­nale et la soli­da­ri­té comme des fai­blesses, nous affir­mons l’inverse : l’internationalisme est une force. La coopé­ra­tion avec Cuba pour faire venir des méde­cins dans les zones aban­don­nées en est la preuve. Et ce n’est pas un cas iso­lé : par­tout en France, nos hôpi­taux, nos Ehpad, nos ser­vices d’urgence fonc­tionnent grâce à des méde­cins étran­gers, des infir­mières étran­gères, des aides-soi­gnantes étran­gères. Sans ces femmes et ces hommes venus d’ailleurs, notre sys­tème de san­té s’effondrerait. Voi­là la réa­li­té.

« L’im­mi­gra­tion n’est pas une menace, c’est une richesse et une néces­si­té. Notre pays s’est construit grâce aux apports suc­ces­sifs de tra­vailleuses et tra­vailleurs venus d’ailleurs. »

C’est pour­quoi je veux le rap­pe­ler clai­re­ment : l’immigration n’est pas une menace, c’est une richesse et une néces­si­té. Notre pays s’est construit grâce aux apports suc­ces­sifs de tra­vailleuses et tra­vailleurs venus d’ailleurs, qui ont bâti nos routes, fait tour­ner nos usines, soi­gné nos malades, enri­chi notre culture et notre vie sociale. Les per­sonnes issues de l’immigration font plei­ne­ment par­tie de notre his­toire col­lec­tive, de notre pré­sent et de notre ave­nir.

Les exclure, les stig­ma­ti­ser, les dési­gner comme boucs émis­saires – comme le fait l’extrême droite – c’est affai­blir notre pays et divi­ser le monde du tra­vail. Les inclure plei­ne­ment, recon­naître leurs com­pé­tences, leurs talents, leurs aspi­ra­tions, c’est ren­for­cer la cohé­sion sociale et la force de notre camp. La diver­si­té est une force. L’égalité des droits est une néces­si­té. La soli­da­ri­té est un choix poli­tique. Et c’est exac­te­ment l’inverse du pro­jet de l’extrême droite.

Renforcer l’organisation syndicale

Dans cette période où les attaques contre les droits des sala­rié-es se mul­ti­plient, Antho­ny Mar­ti­nez sou­ligne l’im­por­tance du ren­for­ce­ment l’or­ga­ni­sa­tion syn­di­cale. La CGT ne pour­ra peser davan­tage que si nous sommes plus nom­breuses et plus nom­breux à nous syn­di­quer, à nous orga­ni­ser, à nous for­mer et à agir col­lec­ti­ve­ment.

Soyons fiers du tra­vail accom­pli ces der­nières années. Car la CGT pro­gresse. L’exemple le plus par­lant, ce sont ces sala­riées d’une maro­qui­ne­rie qui, après avoir adhé­ré, ont pré­sen­té une liste aux élec­tions pro­fes­sion­nelles. Arri­vées à un siège près de la pre­mière place, elles mènent aujourd’hui un tra­vail excep­tion­nel.

Pour ter­mi­ner son pro­pos, Antho­ny Mar­ti­nez a tenu à remer­cier les com­munes de Rous­sillon, de Péage-de-Rous­sillon, de Salaise-sur-Sanne et de Saint-Mau­rice-l’Exil, pour le sou­tien qu’elles apportent à l’action de l’u­nion locale. Leur enga­ge­ment à nos côtés contri­bue à faire vivre un syn­di­ca­lisme de proxi­mi­té, utile et ancré dans la réa­li­té du ter­ri­toire.

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