Vœux de l’UL CGT Roussillon Beaurepaire : inquiétude, luttes, espoir
Par Daniel Oriol
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Lors de la cérémonie des vœux de l’UL CGT Roussillon/Beaurepaire, son secrétaire Anthony Martinez s’est dit inquiet au regard de l’actualité des dernières semaines. Inquiétude du citoyen devant cette barbarie, cet autoritarisme et ces idées fascisantes qui progressent à une vitesse alarmante, devant la destruction de l’environnement par le capitalisme provoquant des migrations forcées, devant les violences et les conflits armés alimentés par des logiques impérialistes plongeant des peuples entiers dans la souffrance et la mort.
Inquiétude du militant face à cette montée en puissance des idées d’extrême droite, face à la banalisation de discours qui, hier encore, auraient été impensables. Inquiétude de l’exploitation accrue qui pèsera sur les travailleurs de demain. Comment accepter que tant de nos concitoyens soient prêts à confier les plus hautes responsabilités de l’État à celles et ceux qui portent ces idées ?
L’extrême droite est un danger
Il faut le dire clairement : l’extrême droite n’est pas une alternative. L’extrême droite est un danger. Un danger pour les libertés. Un danger pour les droits sociaux. Un danger pour les travailleurs, pour les syndicats, pour les services publics. Un danger pour la démocratie elle-même.
Partout où elle progresse, les droits reculent. Partout où elle gouverne, les contre-pouvoirs sont attaqués, les minorités stigmatisées, les solidarités brisées. Les discours de haine remplacent les débats, la peur remplace la justice, l’autoritarisme remplace la démocratie.
Notre responsabilité collective est immense : ne jamais laisser ces idées s’installer comme une normalité. Ne jamais renoncer à combattre la haine, la division, le rejet de l’autre. Ne jamais oublier que les conquêtes sociales ont toujours été arrachées contre les forces qui voulaient diviser, affaiblir, soumettre.
Le projet de transformation sociale de la CGT
Inquiétude également du père de famille quant à l’avenir de nos enfants. Comment imaginer un avenir serein pour les générations futures ? C’est en continuant ce qui a été mené en 2025, en faisant le constat que rien n’a été vain. Les petites victoires, les résistances quotidiennes, les solidarités concrètes nourrissent l’espoir de conquérir de nouveaux droits.
La CGT porte un projet de transformation sociale profond. Ce changement de société ne pourra advenir que si nous restons combatifs, unis et force de propositions. Les exemples existent : les camarades de Thales, après dix ans de lutte, ont obtenu la création de la plateforme Axel, tandis que ceux de Vencorex portent le projet Exalia pour reprendre en main leur outil de travail. Ces réussites démontrent qu’une autre société, au-delà du capitalisme, est possible.
L’importance des élections municipales
Les 15 et 22 mars prochains, auront lieu les élections municipales. Pour le secrétaire de l’UL, il est essentiel de rappeler l’importance de ces élections, tant pour la vie locale que pour l’avenir national. Les élus locaux jouent en effet un rôle déterminant dans la cohésion sociale, l’aménagement du territoire, la défense des services publics.
Nous le voyons chaque année : les débats budgétaires tournent au fiasco, les gouvernements imposent des budgets austéritaires qui étranglent nos collectivités, nos hôpitaux, nos écoles, nos services publics. En laissant faire, on participe indirectement à la destruction de nos conquêtes sociales. Les élus locaux, grands électeurs de demain, auront aussi la responsabilité de faire barrage aux idées d’extrême droite lors des sénatoriales. Cette responsabilité est immense.

La bataille contre l’intensification du désert médical et pour la création de centres de santé n’est pas terminée. Les avancées restent insuffisantes. L’urgence impose d’agir, de proposer des projets de territoire ambitieux pour la santé, la dépendance, l’accompagnement des personnes âgées. Nous ne pouvons plus accepter que les agents des établissements publics et privés continuent de souffrir de conditions de travail indignes.
Solidarité internationale
Dans ce combat, nous devons aussi avoir le courage d’explorer toutes les solutions possibles, y compris celles qui ont fait leurs preuves ailleurs. De nombreux pays ont eu recours à la coopération médicale internationale, notamment avec les médecins cubains, reconnus pour leur compétence, leur engagement humaniste et leur présence dans les zones les plus délaissées. Cette solidarité internationale, portée par le peuple cubain depuis des décennies, démontre qu’une autre manière de concevoir la santé publique est possible : une santé fondée sur la prévention, l’accès universel et la présence médicale au plus près des populations. Affirmer notre solidarité avec le peuple cubain, c’est aussi affirmer que la santé n’est pas une marchandise mais un droit fondamental.
Face à celles et ceux qui attisent la haine, qui opposent les peuples entre eux, qui dénoncent la coopération internationale et la solidarité comme des faiblesses, nous affirmons l’inverse : l’internationalisme est une force. La coopération avec Cuba pour faire venir des médecins dans les zones abandonnées en est la preuve. Et ce n’est pas un cas isolé : partout en France, nos hôpitaux, nos Ehpad, nos services d’urgence fonctionnent grâce à des médecins étrangers, des infirmières étrangères, des aides-soignantes étrangères. Sans ces femmes et ces hommes venus d’ailleurs, notre système de santé s’effondrerait. Voilà la réalité.
« L’immigration n’est pas une menace, c’est une richesse et une nécessité. Notre pays s’est construit grâce aux apports successifs de travailleuses et travailleurs venus d’ailleurs. »
C’est pourquoi je veux le rappeler clairement : l’immigration n’est pas une menace, c’est une richesse et une nécessité. Notre pays s’est construit grâce aux apports successifs de travailleuses et travailleurs venus d’ailleurs, qui ont bâti nos routes, fait tourner nos usines, soigné nos malades, enrichi notre culture et notre vie sociale. Les personnes issues de l’immigration font pleinement partie de notre histoire collective, de notre présent et de notre avenir.
Les exclure, les stigmatiser, les désigner comme boucs émissaires – comme le fait l’extrême droite – c’est affaiblir notre pays et diviser le monde du travail. Les inclure pleinement, reconnaître leurs compétences, leurs talents, leurs aspirations, c’est renforcer la cohésion sociale et la force de notre camp. La diversité est une force. L’égalité des droits est une nécessité. La solidarité est un choix politique. Et c’est exactement l’inverse du projet de l’extrême droite.
Renforcer l’organisation syndicale
Dans cette période où les attaques contre les droits des salarié-es se multiplient, Anthony Martinez souligne l’importance du renforcement l’organisation syndicale. La CGT ne pourra peser davantage que si nous sommes plus nombreuses et plus nombreux à nous syndiquer, à nous organiser, à nous former et à agir collectivement.
Soyons fiers du travail accompli ces dernières années. Car la CGT progresse. L’exemple le plus parlant, ce sont ces salariées d’une maroquinerie qui, après avoir adhéré, ont présenté une liste aux élections professionnelles. Arrivées à un siège près de la première place, elles mènent aujourd’hui un travail exceptionnel.
Pour terminer son propos, Anthony Martinez a tenu à remercier les communes de Roussillon, de Péage-de-Roussillon, de Salaise-sur-Sanne et de Saint-Maurice-l’Exil, pour le soutien qu’elles apportent à l’action de l’union locale. Leur engagement à nos côtés contribue à faire vivre un syndicalisme de proximité, utile et ancré dans la réalité du territoire.


