Grenoble. Réaction immédiate contre l’intervention de Trump au Venezuela

Par Edouard Schoene

/

Image principale
Près de 150 personnes se sont rassemblées rue Félix-Poulat pour dénoncer l'agression impérialiste américaine contre le Venezuela.
L'association Acip-Asado et plusieurs organisations de gauche appelaient à se rassembler, samedi 3 janvier, à Grenoble, quelques heures après l’intervention des États-Unis, sous ordre de Trump, au Venezuela. Le droit international est en effet balayé au profit d’une attaque impérialiste ayant conduit à la capture du président Nicolás Maduro. Donald Trump a aussitôt annoncé vouloir diriger le Venezuela et exploiter son pétrole, par l'intermédiaire des compagnies américaines.

Emma­nuel Macron n’a pas eu un mot pour condam­ner cet acte, sem­blant même approu­ver l’ac­tion de Trump et des forces amé­ri­caines. Ceci, à l’in­verse de la gauche fran­çaise qui a, elle, pro­tes­té avec force contre cette agres­sion. Dans un com­mu­ni­qué publié same­di 3 jan­vier, le PCF « condamne avec la plus grande fer­me­té l’offensive mili­taire menée par les États-Unis contre le Vene­zue­la. (…) Cette inter­ven­tion consti­tue une vio­la­tion fla­grante de la sou­ve­rai­ne­té du Vene­zue­la, du droit inter­na­tio­nal et de la Charte des Nations unies. Elle s’inscrit dans la conti­nui­té d’une stra­té­gie d’ingérence et de désta­bi­li­sa­tion que le PCF dénonce depuis de nom­breuses années », ajoutent les com­mu­nistes.

Dans la soi­rée de same­di, un ras­sem­ble­ment s’est consti­tué, rue Félix-Pou­lat, à Gre­noble, à l’appel de l’As­so­cia­tion pour la coopé­ra­tion inter-peuples — Action de soli­da­ri­té avec les peuples d’A­mé­rique Latine et pour la dif­fu­sion des cultures d’o­ri­gine (Acip-Asa­do). Une mobi­li­sa­tion sou­te­nue par plu­sieurs par­tis de gauche (PCF, NPA, LFI, LO…), syn­di­cats (CGT, Soli­daires) et asso­cia­tions (Mou­ve­ment de la paix).

Des mili­tants com­mu­nistes, NPA et insou­mis étaient notam­ment pré­sents au ras­sem­ble­ment.

Le com­mu­ni­qué d’appel au ras­sem­ble­ment appe­lait à une réac­tion urgente : « Non à toute inter­ven­tion des États-Unis ! Oui à l’autodétermination du peuple véné­zué­lien ! Depuis cette nuit, le pré­sident cri­mi­nel des États-Unis, en vio­la­tion totale du droit inter­na­tio­nal, s’est per­mis d’attaquer de manière vio­lente et lâche un pays sou­ve­rain. Il pré­tend ain­si ouvrir la porte à une inter­ven­tion mili­taire plus impor­tante et réus­sir à s’accaparer des res­sources qui, jusqu’à ce jour, lui échappent et que cet état cri­mi­nel réclame comme siennes ! »

Et les orga­ni­sa­teurs de rap­pe­ler : « Quelle que soit l’opinion que les uns et les autres aient de lui, c’est Nicolás Madu­ro qui est le pré­sident élu et recon­nu par les ins­tances inter­na­tio­nales. »

« Le seul à même de décider de la destinée du pays est le peuple vénézuélien »

La repré­sen­tante d’A­cip-Asa­do est inter­ve­nue en espa­gnol puis en fran­çais. « Le moment est grave, cette inter­ven­tion mili­taire menée par Trump n’a pour but que de contrô­ler la plus grande réserve mon­diale de pétrole de qua­li­té, a‑t-elle sou­li­gné. Ceci s’ins­crit dans le cadre du blo­cus éco­no­mique, finan­cier et diplo­ma­tique impo­sé par les États-Unis et prin­ci­pal res­pon­sable de la crise actuelle, qui vient aggra­ver la situa­tion de la popu­la­tion en géné­rant davan­tage de vio­lence et de pénu­ries. »

Une mili­tante de l’as­so­cia­tion Acip-Asa­do a pris la parole devant les mani­fes­tants.

Pour la mili­tante asso­cia­tive, « la solu­tion à la crise éco­no­mique et poli­tique que vit le Vene­zue­la doit se cher­cher dans le dia­logue et au tra­vers de méca­nismes démo­cra­tiques. Le seul à même de déci­der de la des­ti­née du pays est le peuple véné­zué­lien lui-même. » Acip-Asa­do appelle donc à « mani­fes­ter toute notre soli­da­ri­té avec le peuple frère du Vene­zue­la, en défense de sa consti­tu­tion et de la  sou­ve­rai­ne­té des peuples contre l’im­pé­ria­lisme éta­su­nien. »

Réaction de Jérémie Giono, secrétaire départemental du PCF Isère

« Visi­ble­ment, la réso­lu­tion 2026 de Donald Trump consiste à renouer avec les pires heures de l’im­pé­ria­lisme US et de son plan Condor… À Gre­noble, nous savons peut-être plus qu’ailleurs ce que ça signi­fie, aux côtés de nos frères et sœurs lati­no-amé­ri­cains issus des dia­spo­ras déclen­chées par les dic­ta­tures san­gui­naires du siècle pré­cé­dent. Alors, il est de notre devoir de nous lever pour cla­mer notre soli­da­ri­té avec le peuple véné­zué­lien, frap­pé par l’É­tat ter­ro­riste ! »

Partager cet article

Avant de partir

Votre soutien compte pour nous

Le Travailleur alpin vit depuis 1928 grâce à l’engagement de ses lecteurs. Aujourd’hui encore, ce média propose un autre regard sur vos espoirs, vos luttes, vos aspirations. Une voix unique dans la presse d’information départementale.

Pour protéger l’indépendance du Travailleur alpin, assurer son développement, vos dons nous sont précieux – nous assurons leur traitement en partenariat avec la fondation l’Humanité en partage.

Merci d’avance.

Faire un don défiscalisé maintenant

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *