La fête du TA 2025 de retour à Saint-Égrève : « c’est l’anti-Tomorrowland »

Par Manuel Pavard

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Une partie des bénévoles dans le parc Marius-Camet, à Saint-Égrève, lundi 23 juin, au premier jour du montage.
La fête du Travailleur alpin est de retour pour une seconde édition consécutive au parc Marius-Camet, à Saint-Égrève, vendredi 27 et samedi 28 juin 2025. Un événement militant, culturel et populaire qui se veut, comme chaque année, "la fête de notre camp social". Au menu : concerts, débats, arts de la rue, animations, stands... Et bien sûr quelques nouveautés à découvrir !

Pour le public, la fête du Tra­vailleur alpin s’ouvre ven­dre­di 27 juin, à 17h, et s’a­chève le len­de­main soir, entre minuit et 1h. Mais pour les béné­voles, le véri­table coup d’en­voi de cette cuvée 2025 était don­né ce lun­di 23 juin, avec le début du mon­tage sur le site. Ceux-ci se sont ain­si ins­tal­lés dès 8h dans le parc Marius-Camet où ils pren­dront leurs quar­tiers tout au long de la semaine, pour pré­pa­rer l’é­vé­ne­ment. Une deuxième édi­tion à Saint-Égrève, dans ce lieu arbo­ré, ombra­gé et facile d’ac­cès, qui avait été très appré­cié en 2024.

Les béné­voles sont à pied d’oeuvre sur le mon­tage depuis lun­di matin, mal­gré la cani­cule.

Ces béné­voles sont le cœur et le moteur de la fête du TA. Soit entre 400 et 500 per­sonnes impli­quées au total, entre les mili­tants et sym­pa­thi­sants par­ti­ci­pant aux col­lages ou aux ventes de vignettes, de longs mois en amont, et celles et ceux qui inter­viennent durant le mon­tage, le démon­tage et la fête elle-même. Si la fête du TA est aujourd’­hui « la moins chère du pay­sage » — pour ce type de pro­gram­ma­tion — et prône « l’ac­ces­si­bi­li­té sociale pour le plus grand nombre », c’est d’ailleurs car elle « fonc­tionne à 90 % avec des béné­voles », sou­ligne Jéré­mie Gio­no, secré­taire dépar­te­men­tal du PCF Isère.

Entrée à prix libre le samedi matin

Illus­tra­tion avec les tarifs : l’en­trée en pré­vente est de 20 euros la jour­née plus un euro de frais de loca­tion et de 25 euros les deux jours plus un euro de frais de loca­tion. Et sur place, les pass un et deux jours sont res­pec­ti­ve­ment à 25 et 30 euros, l’ac­cès étant par ailleurs gra­tuit pour les moins de 14 ans. Prin­ci­pale « nou­veau­té, l’en­trée est à prix libre le same­di matin, de 10h à 13h », indique Adrien Guerre, direc­teur de la fête. « Les familles don­ne­ront ce qu’elles veulent. »

En plein mon­tage…

Pour le reste, la phi­lo­so­phie glo­bale demeure, elle, inchan­gée. « La fête du Tra­vailleur alpin est tou­jours la fête mili­tante et cultu­relle de notre camp social dans l’ag­glo­mé­ra­tion gre­no­bloise », explique Adrien Guerre. Et ce, depuis sa créa­tion… en 1929 ! Sur le fond comme sur la forme, un genre de « fête de l’Hu­ma à l’é­chelle locale », réfé­rence qu’as­sument plei­ne­ment les orga­ni­sa­teurs. Avec un menu mêlant concerts, débats, ani­ma­tions, spec­tacle vivant, arts de la rue… Sans comp­ter les nom­breux échanges infor­mels sur les divers stands pré­sents.

Lofofora et Debout sur le zinc en têtes d’affiche

Côté concerts, la pro­gram­ma­tion sera davan­tage axée sur la scène alter­na­tive le ven­dre­di et un peu plus grand public et fami­liale le same­di. Le pre­mier soir met­tra ain­si en vedette les vété­rans de Lofo­fo­ra, tou­jours fidèles au poste depuis les années 90, avec près de 3000 concerts à leur actif. Avant eux, Poten­tiel limi­té (rock), lau­réat du trem­plin « les Pépites musi­cales » de Sava­tou, ouvri­ra le bal, sui­vi des rap­peurs gre­no­blois d’O­pus Crew et du punk explo­sif de Krav Boca.

Des concerts endia­blés deux soirs de suite.

Tête d’af­fiche du same­di, Debout sur le zinc mon­te­ra sur la scène de Saint-Égrève en pleine créa­tion de son nou­vel album. Éga­le­ment à l’af­fiche ce deuxième soir, Seley­no­ra (chan­sons nomades), Meca­nic Skan­kers (rocks­tea­dy) et Deserts­treet (rock du désert, fusion­nant gna­wa, chaâ­bi, funk, fla­men­co, blues, rock…).

De l’Italie au football en passant par la gauche et le monde du travail

Avant de se déhan­cher devant la scène, le public pour­ra assis­ter chaque jour à des débats aux thé­ma­tiques variés. Le ven­dre­di, Gré­goire Le Qang, his­to­rien spé­cia­liste de l’I­ta­lie, et Ste­fa­no Galie­ni, membre du secré­ta­riat natio­nal de Rifon­da­zione Comu­nis­ta, vien­dront évo­quer la ques­tion du fas­cisme contem­po­rain chez nos voi­sins trans­al­pins.

Les consignes don­nées en début de mati­née.

Le same­di matin, Aman­dine Demore (PCF), Laurent Ama­dieu (EELV), Guillaume Lis­sy (PS) et David Quei­ros (PCF), maires res­pec­tifs d’É­chi­rolles, Saint-Égrève, Seys­si­net-Pari­set et Saint-Mar­tin-d’Hères, échan­ge­ront sur les thèmes des col­lec­ti­vi­tés locales et des com­munes comme « lieux de résis­tances et d’ac­tions pro­gres­sistes ». Autres inter­ve­nants, Sophie Cel­ton, pre­mière adjointe de Sep­tème-les-Val­lons (Bouches-du-Rhône), membre du bureau natio­nal de la Coopé­ra­tive des élus com­mu­nistes, répu­bli­cains et citoyens, et Yann Berhault, maire com­mu­niste de Jar­cieu, dans le Nord-Isère.

Sui­vra un débat sur la gauche et le monde du tra­vail, avec Lau­rence Ruf­fin, pré­si­dente de Alma Scop, vice-pré­si­dente de la Confé­dé­ra­tion géné­rale des Scop, Bar­ba­ra Gomes, conseillère de Paris, porte-parole natio­nale du PCF, et un‑e représentant‑e du Par­ti du tra­vail de Bel­gique (PTB).

Lau­rence Ruf­fin (à gauche aux côtés de Caro­line Audric) inter­vien­dra lors du débat « Gauche & Monde du Tra­vail, quelle équa­tion gagnante ? ».

Après une série d’é­changes infor­mels sur l’en­ga­ge­ment poli­tique avec Bar­ba­ra Gomes, ce sont les ultras gre­no­blois des Red Kaos qui clô­tu­re­ront l’a­près-midi en co-orga­ni­sant un débat sur la finan­cia­ri­sa­tion du foot­ball. Autour de la table, Jéré­my Bac­chi, séna­teur PCF de Mar­seille, vice-pré­sident de la com­mis­sion Sport du Sénat, Max Mar­ty, direc­teur du GF38, et les jour­na­listes Étienne Moat­ti (grand repor­ter à L’É­quipe) et Jérôme Lat­ta (cofon­da­teur des Cahiers du foot­ball et rédac­teur en chef adjoint d’Alter­na­tives éco­no­miques).

La fête du TA ne perçoit aucune subvention

Outre les temps forts que sont les débats et concerts, la fête du TA, ce sont aus­si tous ces stands accueillant les spec­ta­teurs dans leurs déam­bu­la­tions. Ceux des sec­tions com­mu­nistes bien sûr… Mais pas seule­ment. « Pour la pre­mière année, on accueille­ra des stands d’autres par­tis de gauche » — en l’oc­cur­rence les Éco­lo­gistes et Génération.s — se féli­cite Jéré­mie Gio­no. Aux côtés des stands syn­di­caux (l’UL CGT), cultu­rels et des mutuelles, une place par­ti­cu­lière sera dévo­lue à la soli­da­ri­té inter­na­tio­nale, avec la pré­sence notam­ment de l’As­so­cia­tion France Pales­tine soli­da­ri­té (AFPS), de l’As­so­cia­tion isé­roise des amis des Kurdes (AIAK) ou encore de SOS Médi­ter­ra­née.

Un tra­vail d’é­quipe.

La fête du TA accorde éga­le­ment un réel inté­rêt à l’as­pect envi­ron­ne­men­tal, que ce soit pour le « zéro déchet », la pro­mo­tion des filières courtes et locales sur les pro­duits pro­po­sés, la mise à dis­po­si­tion de toi­lettes sèches ou la mise en avant des mobi­li­tés douces.

Mal­gré tous les efforts four­nis, l’é­qui­libre finan­cier reste néan­moins pré­caire. « Sans l’im­pli­ca­tion des mili­tants, ce ne serait pas pos­sible », admet Eli­sa­beth Ver­nay, gérante de la coopé­ra­tive le Tra­vailleur alpin, qui évoque les dif­fi­cul­tés ren­con­trées par la grande majo­ri­té des fes­ti­vals. L’aug­men­ta­tion géné­rale des coûts, les pro­fes­sion­nels et inter­ve­nants à payer (pour les par­ties tech­niques)… La fête n’é­chappe pas non plus à ces mul­tiples contraintes finan­cières, d’au­tant qu’elle ne per­çoit « aucune sub­ven­tion », ajoute la mili­tante.

Un regard sur les municipales à Fontaine

« La fête du TA, c’est l’an­ti-Tomor­row­land », assène Jéré­mie Gio­no, poin­tant notam­ment les énormes sub­ven­tions attri­buées au fes­ti­val de l’Alpe d’Huez par les col­lec­ti­vi­tés locales — dont la Région Auvergne-Rhône-Alpes. En com­pa­rai­son de ce mas­to­donte, la fête du Tra­vailleur alpin vante son ancrage popu­laire et son dimen­sion­ne­ment à taille humaine. Ce qui n’empêche pas le suc­cès d’être au ren­dez-vous, avec envi­ron 1500 per­sonnes par soir, l’an pas­sé. « Cette année, on sent déjà l’en­goue­ment », pro­nos­tique Adrien Guerre.

Moment de détente et res­tau­ra­tion au milieu d’une jour­née de mon­tage.

Une fois le démon­tage ter­mi­né et le lieu ren­du, mar­di 1er juillet, orga­ni­sa­teurs et béné­voles se tour­ne­ront dès le mois de sep­tembre vers l’é­di­tion 2026, qui aura lieu pour la troi­sième année consé­cu­tive à Saint-Égrève. Et pour 2027 ? Tout dépen­dra des élec­tions muni­ci­pales pré­vues au prin­temps pro­chain. Si le site actuel est aujourd’­hui lar­ge­ment plé­bis­ci­té, l’at­ta­che­ment au parc de la Poya, théâtre de nom­breuses fêtes du TA sous l’ex-muni­ci­pa­li­té fon­tai­noise, reste en effet bien vivace. « On regar­de­ra atten­ti­ve­ment les résul­tats des muni­ci­pales à Fon­taine », glisse ain­si Jéré­mie Gio­no.

Pro­gramme com­plet et infos pra­tiques

Toutes les infor­ma­tions (billet­te­rie, prog’ musi­cale, ani­ma­tions et débats, infos pra­tiques, etc) sont à retrou­ver sur le site de la fête du TA : fete.travailleur-alpin.fr/

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