Grenoble. Une nouvelle marche pour la paix
Par Edouard Schoene
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Le mot d’ordre de cette nouvelle marche pour la paix ? « Pour la paix : stop la guerre, stop la violence, stop la misère. Exprimons notre volonté de vivre en paix dans un monde de solidarité, de justice, d’ adelphité. »
Pierre-Jean Crespeau s’est d’abord exprimé au nom du collectif grenoblois (Mouvement de la paix, Trièves Palestine, AFPS, PCF, FSU, Libre Pensée, CGT, LSR, AIAK), avant le départ de la marche, place Victor Hugo : « La guerre est toujours un échec. Elle détruit les vies, jette les populations civiles sur les routes de l’exil, aggrave les inégalités, nourrit les violations des droits humains, les crimes contre l’humanité et détourne des ressources considérables qui devraient être consacrées à I’emploi, aux salaires, à la santé, à l’éducation, au logement, aux services publics et à la transition écologique. Nous refusons que les droits sociaux, les libertés, la dignité humaine, la sécurité des peuples et l’avenir des générations futures soient sacrifiés aux logiques de guerre, de domination et de militarisation. Le droit international doit primer sur la force. Les solutions politiques négociées doivent prévaloir sur la guerre et la violence. Une paix durable ne peut se construire sans justice sociale, justice écologique, coopération entre les peuples, respect de la souveraineté des États et réalisation concrète de tous les droits humains. »

Puis la quarantaine de participants se sont rendus en cortège au Jardin de ville. L’occasion pour Pierre-Jean Crespeau, président du comité de l’Isère du Mouvement de la paix, de reprendre la parole : « La promotion de la paix et de la sécurité internationales passe par le droit international, le respect des frontières reconnues et la reconnaissance du rôle essentiel de I’ONU, tant par ses résolutions que par ses agences. »
« Le devoir de dénoncer la persistance de I’empire colonial français »
Et le militant de citer quelques exemples illustrant son propos. « Contre le colonialisme sioniste illégal, nous appelons au respect de la souveraineté du peuple palestinien sur ces terres et des frontières de l’État de Palestine, dans le cadre du droit international. Nous appelons à l’arrêt de la collaboration des entreprises françaises, européennes, avec toutes les entreprises israéliennes profitant de la colonisation de la Cisjordanie et toutes celles qui contribuent à la guerre. Nous appelons à solidarité avec toutes celles et ceux, qui de chaque côté des murs dégoûtants, prennent des initiatives pour la paix entre les peuples israélien et palestinien. »

Autre exemple, « pour la fin de la guerre en Ukraine, la Russie doit stopper son agression, mais aussi l’engrenage qui l’enferme dans une logique de repli », a‑t-il poursuivi. « Les Occidentaux, eux, doivent cesser de voir l’Ukraine comme un nouveau marché à conquérir. Contre la militarisation de l’Europe, nous appelons à l’abandon des bases américaines en Europe et à la dissolution de l’OTAN, vestiges de la guerre froide et source d’instabilité et de tensions géopolitiques. »
Pierre-Jean Crespeau n’a enfin pas oublier de « dénoncer la persistance de I’empire colonial français et soutenir les processus de décolonisation de la Kanaky et de la Polynésie Française », tout en fustigeant « le néocolonialisme ».
Contre « la militarisation de la jeunesse et de la société
Pascal Costarella (Ligue des droits de l’Homme) a pris le relais, centrant son intervention sur la militarisation de la jeunesse et de la société, « militarisation qui prépare les esprits à la guerre ». Extraits : « Le ministre de l’Éducation nationale a annoncé la mise en place obligatoire d’une cérémonie pour ‘les morts pour la France’ dans les établissements scolaires, à partir du CM1. Une circulaire et un guide sont parus pour accompagner les enseignants qui ne laissent aucun doute quant à la finalité de cette mesure. Ils développent une conception d’un patriotisme sacrificiel : la citoyenneté y est définie en termes d’un engagement parfois douloureux, toujours exigeant, les ‘morts pour la France’ sont présentés comme le ‘symbole d’un sacrifice individuel au nom des valeurs communes’. »

Le représentant de la LDH a également pointé « les documents officiels [qui] préconisent des partenariats, notamment avec les corps en uniforme, nouvelle occasion de faire pénétrer les armées dans les écoles, pour y diffuser une propagande militaire qui n’y a pas sa place. Cette cérémonie obligatoire instrumentalise l’école pour en faire un lieu d’embrigadement, un lieu où l’on conditionne les jeunes esprits à un effort de guerre considéré comme nécessaire. Ces choix politiques, largement portés par l’actuel ministre Edouard Geffray, fervent partisan du renforcement des liens entre l’école et les armées, relaient l’idéologie d’extrême droite », a‑t-il déploré.
Autre militante à prendre le micro, Zohreh (ligue pour la défense des droits de l’homme en Iran), a dénoncé les guerres au Moyen-Orient, en Ukraine… « Nous sommes là pour dire non à la guerre en Iran, avec les civils victimes de ce conflit. Les citoyens d’Iran, s’ils condamnent la guerre, sont traités d’agent de l’ennemi, du Mossad ou des États-Unis, et réprimés », s’est-elle insurgée.


