Grenoble. Une nouvelle marche pour la paix

Par Edouard Schoene

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Les manifestants rue Félix-Poulat, au départ de la marche pour la paix.
Le comité de l'Isère du Mouvement de la paix organisait un rassemblement et une manifestation, ce samedi 19 septembre, à Grenoble, dans le cadre du Collectif national des marches pour la paix, qui réunit plus de 200 organisations et renouvelle ces événements depuis 2015.

Le mot d’ordre de cette nou­velle marche pour la paix ? « Pour la paix : stop la guerre, stop la vio­lence, stop la misère. Expri­mons notre volon­té de vivre en paix dans un monde de soli­da­ri­té, de jus­tice, d’ adel­phi­té. »

Pierre-Jean Cres­peau s’est d’a­bord expri­mé au nom du col­lec­tif gre­no­blois (Mou­ve­ment de la paix, Trièves Pales­tine, AFPS, PCF, FSU, Libre Pen­sée, CGT, LSR, AIAK), avant le départ de la marche, place Vic­tor Hugo : « La guerre est tou­jours un échec. Elle détruit les vies, jette les popu­la­tions civiles sur les routes de l’exil, aggrave les inéga­li­tés, nour­rit les vio­la­tions des droits humains, les crimes contre l’hu­ma­ni­té et détourne des res­sources consi­dé­rables qui devraient être consa­crées à I’emploi, aux salaires, à la san­té, à l’é­du­ca­tion, au loge­ment, aux ser­vices publics et à la tran­si­tion éco­lo­gique. Nous refu­sons que les droits sociaux, les liber­tés, la digni­té humaine, la sécu­ri­té des peuples et l’a­ve­nir des géné­ra­tions futures soient sacri­fiés aux logiques de guerre, de domi­na­tion et de mili­ta­ri­sa­tion. Le droit inter­na­tio­nal doit pri­mer sur la force. Les solu­tions poli­tiques négo­ciées doivent pré­va­loir sur la guerre et la vio­lence. Une paix durable ne peut se construire sans jus­tice sociale, jus­tice éco­lo­gique, coopé­ra­tion entre les peuples, res­pect de la sou­ve­rai­ne­té des États et réa­li­sa­tion concrète de tous les droits humains. »

Pierre-Jean Cres­peau (Mou­ve­ment de la paix Isère), Zoh­reh (LDH Iran) et Pas­cal Cos­ta­rel­la (LDH).

Puis la qua­ran­taine de par­ti­ci­pants se sont ren­dus en cor­tège au Jar­din de ville. L’oc­ca­sion pour Pierre-Jean Cres­peau, pré­sident du comi­té de l’I­sère du Mou­ve­ment de la paix, de reprendre la parole : « La pro­mo­tion de la paix et de la sécu­ri­té inter­na­tio­nales passe par le droit inter­na­tio­nal, le res­pect des fron­tières recon­nues et la recon­nais­sance du rôle essen­tiel de I’ONU, tant par ses réso­lu­tions que par ses agences. »

« Le devoir de dénoncer la persistance de I’empire colonial français »

Et le mili­tant de citer quelques exemples illus­trant son pro­pos. « Contre le colo­nia­lisme sio­niste illé­gal, nous appe­lons au res­pect de la sou­ve­rai­ne­té du peuple pales­ti­nien sur ces terres et des fron­tières de l’É­tat de Pales­tine, dans le cadre du droit inter­na­tio­nal. Nous appe­lons à l’ar­rêt de la col­la­bo­ra­tion des entre­prises fran­çaises, euro­péennes, avec toutes les entre­prises israé­liennes pro­fi­tant de la colo­ni­sa­tion de la Cis­jor­da­nie et toutes celles qui contri­buent à la guerre. Nous appe­lons à soli­da­ri­té avec toutes celles et ceux, qui de chaque côté des murs dégoû­tants, prennent des ini­tia­tives pour la paix entre les peuples israé­lien et pales­ti­nien. »

Les inter­ve­nants ont pris la parole à tour de rôle au Jar­din de ville.

Autre exemple, « pour la fin de la guerre en Ukraine, la Rus­sie doit stop­per son agres­sion, mais aus­si l’en­gre­nage qui l’en­ferme dans une logique de repli », a‑t-il pour­sui­vi. « Les Occi­den­taux, eux, doivent ces­ser de voir l’U­kraine comme un nou­veau mar­ché à conqué­rir. Contre la mili­ta­ri­sa­tion de l’Eu­rope, nous appe­lons à l’a­ban­don des bases amé­ri­caines en Europe et à la dis­so­lu­tion de l’O­TAN, ves­tiges de la guerre froide et source d’ins­ta­bi­li­té et de ten­sions géo­po­li­tiques. »

Pierre-Jean Cres­peau n’a enfin pas oublier de « dénon­cer la per­sis­tance de I’empire colo­nial fran­çais et sou­te­nir les pro­ces­sus de déco­lo­ni­sa­tion de la Kana­ky et de la Poly­né­sie Fran­çaise », tout en fus­ti­geant « le néo­co­lo­nia­lisme ».

Contre « la militarisation de la jeunesse et de la société

Pas­cal Cos­ta­rel­la (Ligue des droits de l’Homme) a pris le relais, cen­trant son inter­ven­tion sur la mili­ta­ri­sa­tion de la jeu­nesse et de la socié­té, « mili­ta­ri­sa­tion qui pré­pare les esprits à la guerre ». Extraits : « Le ministre de l’É­du­ca­tion natio­nale a annon­cé la mise en place obli­ga­toire d’une céré­mo­nie pour ‘les morts pour la France’ dans les éta­blis­se­ments sco­laires, à par­tir du CM1. Une cir­cu­laire et un guide sont parus pour accom­pa­gner les ensei­gnants qui ne laissent aucun doute quant à la fina­li­té de cette mesure. Ils déve­loppent une concep­tion d’un patrio­tisme sacri­fi­ciel : la citoyen­ne­té y est défi­nie en termes d’un enga­ge­ment par­fois dou­lou­reux, tou­jours exi­geant, les ‘morts pour la France’ sont pré­sen­tés comme le ‘sym­bole d’un sacri­fice indi­vi­duel au nom des valeurs com­munes’. »

À l’ar­ri­vée de la marche pour la paix, au Jar­din de ville.

Le repré­sen­tant de la LDH a éga­le­ment poin­té « les docu­ments offi­ciels [qui] pré­co­nisent des par­te­na­riats, notam­ment avec les corps en uni­forme, nou­velle occa­sion de faire péné­trer les armées dans les écoles, pour y dif­fu­ser une pro­pa­gande mili­taire qui n’y a pas sa place. Cette céré­mo­nie obli­ga­toire ins­tru­men­ta­lise l’é­cole pour en faire un lieu d’embrigadement, un lieu où l’on condi­tionne les jeunes esprits à un effort de guerre consi­dé­ré comme néces­saire. Ces choix poli­tiques, lar­ge­ment por­tés par l’ac­tuel ministre Edouard Gef­fray, fervent par­ti­san du ren­for­ce­ment des liens entre l’é­cole et les armées, relaient l’i­déo­lo­gie d’ex­trême droite », a‑t-il déplo­ré.

Autre mili­tante à prendre le micro, Zoh­reh (ligue pour la défense des droits de l’homme en Iran), a dénon­cé les guerres au Moyen-Orient, en Ukraine… « Nous sommes là pour dire non à la guerre en Iran, avec les civils vic­times de ce conflit. Les citoyens d’Iran, s’ils condamnent la guerre, sont trai­tés d’agent de l’ennemi, du Mos­sad ou des États-Unis, et répri­més », s’est-elle insur­gée.

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