Grenoble. Le Secours populaire lance sa campagne « pauvreté — précarité »
Par Travailleur Alpin
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Le soutien reçu dans les locaux du Secours populaire commence par un colis alimentaire et un bon accueil, sans jugement — même les personnes venant en voiture peuvent connaître un épisode de vie très compliqué. Nabil Chetouf, secrétaire général du Secours populaire de l’Isère, défend l’idée que « la misère n’appartient à personne », soulignant que nous avons très probablement, dans notre entourage, au moins une personne touchée. Plus de 20 000 personnes ont ainsi été aidées en Isère par les 3 980 bénévoles de l’association, durant la première moitié de l’année 2026.
Des chiffres qui correspondent aux impressions d’augmentation de besoins sur le terrain de la part des bénévoles. Et qui confirment les enseignements du vingtième sondage Ipsos/Secours populaire, centré cette année sur la précarité énergétique. D’après ce dernier, 40 % des Français actifs estiment que leur travail ne suffit plus et ne leur permet pas de couvrir l’ensemble de leurs dépenses (+10 points par rapport à 2025) tandis que 71 % des Français sont inquiets pour leur capacité à faire face à la hausse du carburant (+13 points).

Le Secours populaire favorise l’entraide, l’émancipation et invite chacun·e à agir pour ne laisser personne au bord de la route. Illustration avec les mineur·es, qui représentent 38 % des bénéficiaires des aides fournies par l’association, selon Zoé Constantini, coordinatrice départementale ressources et communication. Des aides qui ont continué pendant l’été et qui s’étendent bien au-delà de simples colis alimentaires (accès aux droits, aux soins, à l’éducation, aux vacances…).
Un appel aux soutiens de toutes sortes
« La place des associations comme le Secours populaire français est irremplaçable. Elle ne doit ni être sous-estimée, ni instrumentalisée, ni affaiblie », indique le SPF 38. Nabil Chetouf rappelle ainsi que l’État ne pourrait pas faire face si toutes les associations arrêtaient leurs actions. Celles-ci ont donc besoin de soutien de la part des collectivités et de toutes les bonnes volontés.
Concernant le Secours populaire de l’Isère, le responsable associatif sollicite les bénévoles de tous profils. Qualités requises ? Le sens de l’accueil mais aussi la capacité à inspirer confiance aux bénéficiaires, afin que ceux-ci puissent s’ouvrir sur leur situation personnelle. Il lance également un appel pour des espaces de stockage — actuellement un « point noir » — dont les besoins sont de 1500 à 2000 m² pour l’Isère. Cependant il se gardera bien de communiquer leurs emplacements suite aux cambriolages dont ils ont malheureusement été la cible ces dernières années. On songe notamment à celui commis juste avant Noël en 2023, dans un de leur plus grand entrepôts, à Échirolles. Cambriolage qui leur a valu un préjudice de plusieurs centaines de milliers d’euros.

Toujours au rayon des besoins, l’association lance également un appel pour remplacer l’un de ses véhicules, actuellement cassé. M. Chetouf souhaite par ailleurs étudier la possibilité de s’associer à des agriculteurs pour la collecte de denrées. Enfin, un repas de soutien sera organisé par le Secours populaire, au tarif de 250 euros, déductible d’impôts (soit 85 euros de la poche des contributeurs et contributrices après déduction).
Une précarité qui augmente partout en Europe
Dans un contexte où la précarité augmente, Nabil Chetouf note en tout cas une augmentation des tensions. Des personnes ne mangent ainsi qu’un repas par jour dans la septième puissance économique mondiale alors que les grandes fortunes professionnelles françaises ont vu leur patrimoine multiplié par 6,6 entre 2005 et 2025.
Le constat de l’installation de la précarité n’est malheureusement pas meilleur à l’échelle de l’Europe : presque trois Européen·es sur dix (29 %) se déclarent en situation de précarité et 24 % peinent également à se chauffer suffisamment, selon le baromètre Ipsos/Secours populaire.
Chez nos voisins, 72 % des Allemands estiment qu’il sera plus difficile pour les prochaines générations de trouver un emploi stable (12 % de plus qu’en 2025). Ce qui laisse des personnes avec des salaires insuffisants pour maintenir une situation de vie stable, d’après Der Paritätische, partenaire allemand du Secours populaire. De leur côté, 62% des Italiens déclarent se sentir isolés socialement (+10% par rapport à 2025). L’une des raisons poussant Arci, partenaire italien du Secours populaire, à organiser des fêtes ouvertes à tous sur des places publiques.
Heureusement, face à cette situation, 57 % des Européens se disent aujourd’hui prêts à s’engager bénévolement dans une association. La solidarité sera peut-être notre notre alliée face aux difficultés et aux défis de taille que rencontre notre société.
Kévin Gazoufer


