Grenoble. Le Secours populaire lance sa campagne « pauvreté — précarité »

Par Travailleur Alpin

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Nabil Chetouf, secrétaire général de la fédération de l'Isère du Secours populaire français, dans les nouveaux locaux grenoblois de l'association.
Le Secours populaire de l'Isère lançait sa campagne annuelle contre la pauvreté et la précarité, ce jeudi 17 septembre, à son nouveau siège du 78 rue des Alliés, à Grenoble. Ceci, dans un contexte où de plus en plus de personnes sont concernées, en Isère comme dans toute la France, et même partout en Europe.

Le sou­tien reçu dans les locaux du Secours popu­laire com­mence par un colis ali­men­taire et un bon accueil, sans juge­ment — même les per­sonnes venant en voi­ture peuvent connaître un épi­sode de vie très com­pli­qué. Nabil Che­touf, secré­taire géné­ral du Secours popu­laire de l’Isère, défend l’idée que « la misère n’appartient à per­sonne », sou­li­gnant que nous avons très pro­ba­ble­ment, dans notre entou­rage, au moins une per­sonne tou­chée. Plus de 20 000 per­sonnes ont ain­si été aidées en Isère par les 3 980 béné­voles de l’as­so­cia­tion, durant la pre­mière moi­tié de l’an­née 2026.

Des chiffres qui cor­res­pondent aux impres­sions d’augmentation de besoins sur le ter­rain de la part des béné­voles. Et qui confirment les ensei­gne­ments du ving­tième son­dage Ipsos/Secours popu­laire, cen­tré cette année sur la pré­ca­ri­té éner­gé­tique. D’a­près ce der­nier, 40 % des Fran­çais actifs estiment que leur tra­vail ne suf­fit plus et ne leur per­met pas de cou­vrir l’ensemble de leurs dépenses (+10 points par rap­port à 2025) tan­dis que 71 % des Fran­çais sont inquiets pour leur capa­ci­té à faire face à la hausse du car­bu­rant (+13 points).

Après avoir quit­té son ancien siège de la rue des Trembles, le SPF 38 vient d’emménager dans son nou­veau siège, rue des Alliés.

Le Secours popu­laire favo­rise l’entraide, l’émancipation et invite chacun·e à agir pour ne lais­ser per­sonne au bord de la route. Illus­tra­tion avec les mineur·es, qui repré­sentent 38 % des béné­fi­ciaires des aides four­nies par l’as­so­cia­tion, selon Zoé Constan­ti­ni, coor­di­na­trice dépar­te­men­tale res­sources et com­mu­ni­ca­tion. Des aides qui ont conti­nué pen­dant l’été et qui s’étendent bien au-delà de simples colis ali­men­taires (accès aux droits, aux soins, à l’éducation, aux vacances…).

Un appel aux soutiens de toutes sortes

« La place des asso­cia­tions comme le Secours popu­laire fran­çais est irrem­pla­çable. Elle ne doit ni être sous-esti­mée, ni ins­tru­men­ta­li­sée, ni affai­blie », indique le SPF 38. Nabil Che­touf rap­pelle ain­si que l’État ne pour­rait pas faire face si toutes les asso­cia­tions arrê­taient leurs actions. Celles-ci ont donc besoin de sou­tien de la part des col­lec­ti­vi­tés et de toutes les bonnes volon­tés.

Concer­nant le Secours popu­laire de l’Isère, le res­pon­sable asso­cia­tif sol­li­cite les béné­voles de tous pro­fils. Qua­li­tés requises ? Le sens de l’ac­cueil mais aus­si la capa­ci­té à ins­pi­rer confiance aux béné­fi­ciaires, afin que ceux-ci puissent s’ouvrir sur leur situa­tion per­son­nelle. Il lance éga­le­ment un appel pour des espaces de sto­ckage — actuel­le­ment un « point noir » — dont les besoins sont de 1500 à 2000 m² pour l’Isère. Cepen­dant il se gar­de­ra bien de com­mu­ni­quer leurs empla­ce­ments suite aux cam­brio­lages dont ils ont mal­heu­reu­se­ment été la cible ces der­nières années. On songe notam­ment à celui com­mis juste avant Noël en 2023, dans un de leur plus grand entre­pôts, à Échi­rolles. Cam­brio­lage qui leur a valu un pré­ju­dice de plu­sieurs cen­taines de mil­liers d’euros.

À l’in­té­rieur du bâti­ment.

Tou­jours au rayon des besoins, l’as­so­cia­tion lance éga­le­ment un appel pour rem­pla­cer l’un de ses véhi­cules, actuel­le­ment cas­sé. M. Che­touf sou­haite par ailleurs étu­dier la pos­si­bi­li­té de s’associer à des agri­cul­teurs pour la col­lecte de den­rées. Enfin, un repas de sou­tien sera orga­ni­sé par le Secours popu­laire, au tarif de 250 euros, déduc­tible d’impôts (soit 85 euros de la poche des contri­bu­teurs et contri­bu­trices après déduc­tion).

Une précarité qui augmente partout en Europe

Dans un contexte où la pré­ca­ri­té aug­mente, Nabil Che­touf note en tout cas une aug­men­ta­tion des ten­sions. Des per­sonnes ne mangent ain­si qu’un repas par jour dans la sep­tième puis­sance éco­no­mique mon­diale alors que les grandes for­tunes pro­fes­sion­nelles fran­çaises ont vu leur patri­moine mul­ti­plié par 6,6 entre 2005 et 2025.

Le constat de l’installation de la pré­ca­ri­té n’est mal­heu­reu­se­ment pas meilleur à l’é­chelle de l’Eu­rope : presque trois Européen·es sur dix (29 %) se déclarent en situa­tion de pré­ca­ri­té et 24 % peinent éga­le­ment à se chauf­fer suf­fi­sam­ment, selon le baro­mètre Ipsos/Secours popu­laire.

Chez nos voi­sins, 72 % des Alle­mands estiment qu’il sera plus dif­fi­cile pour les pro­chaines géné­ra­tions de trou­ver un emploi stable (12 % de plus qu’en 2025). Ce qui laisse des per­sonnes avec des salaires insuf­fi­sants pour main­te­nir une situa­tion de vie stable, d’a­près Der Paritä­tische, par­te­naire alle­mand du Secours popu­laire. De leur côté, 62% des Ita­liens déclarent se sen­tir iso­lés socia­le­ment (+10% par rap­port à 2025). L’une des rai­sons pous­sant Arci, par­te­naire ita­lien du Secours popu­laire, à orga­ni­ser des fêtes ouvertes à tous sur des places publiques.

Heu­reu­se­ment, face à cette situa­tion, 57 % des Euro­péens se disent aujourd’­hui prêts à s’engager béné­vo­le­ment dans une asso­cia­tion. La soli­da­ri­té sera peut-être notre notre alliée face aux dif­fi­cul­tés et aux défis de taille que ren­contre notre socié­té.

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