Laurence Ruffin ira à Bethléem, en Palestine, pour son premier déplacement international
Par Manuel Pavard
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Le symbole serait fort. Si tout se passe bien, Laurence Ruffin effectuera son premier déplacement international en Palestine, plus précisément à Bethléem, en Cisjordanie occupée, « dans l’année qui vient ». C’est Jerries Qarra’a, premier adjoint au maire de Bethléem, qui a remis une invitation officielle à la maire de Grenoble, ce mardi 15 septembre au soir, lors d’une entrevue dans son bureau de l’hôtel de ville, devant les médias locaux. L’élu faisait partie, avec son épouse et avec Carmen Ghattas, directrice de la culture de la ville de Bethléem, de la délégation palestinienne en visite le jour même à Grenoble, dans le cadre du jumelage entre les deux villes.

Une coopération qui se poursuit depuis quinze ans maintenant. « Quinze ans de projets communs autour de sujets qui sont chers à nos deux villes : la jeunesse, la culture, le patrimoine, la vie associative », a précisé Laurence Ruffin, vantant un « jumelage vivant ». À cette occasion, les représentants des deux municipalités ont accroché ce mardi matin sur la façade de la Maison internationale de Grenoble une banderole de soutien aux populations civiles de Palestine et du Liban, demandant « le respect du droit international et une solution à deux États », et apportant « la solidarité de Grenoble à la ville de Bethléem, au camp d’Aïda et à toutes les victimes de la colonisation ».
« Une société entière est en train d’être détruite »
Au cours du rendez-vous organisé en mairie, Laurence Ruffin a réitéré son indignation « face à l’horreur qui se déroule à Gaza depuis le 7 octobre 2023 et les attentats terroristes perpétrés par le Hamas. La population civile palestinienne de Gaza subit une politique méthodique de destruction et d’anéantissement. Tous les signes d’un génocide sont réunis. Une société entière est en train d’être détruite », a‑t-elle dénoncé.
L’édile s’est montrée également « indignée face à la colonisation en Cisjordanie », évoquant les terres confisquées, les ressources accaparées et les violences des colons, de plus en plus nombreuses et de plus en plus graves ces dernières semaines. Une situation encouragée par le gouvernement Netanyahou, que « subissent de plein fouet » les habitants de Bethléem, a‑t-elle déploré.
« Ils volent l’accès à nos terres, à l’eau et aux ressources »
Considérée comme le lieu de naissance de Jésus-Christ, Bethléem est pourtant « un symbole mondial de paix et d’espoir », a souligné Jerries Qarra’a. Malheureusement, « aujourd’hui, la réalité de nos vies est très dure », a‑t-il regretté. « Jérusalem se trouve à seulement quelques kilomètres de Bethléem, mais il y a des points de contrôle, il faut des permis et il y a un mur de séparation… Ce qui rend tout voyage très compliqué. »

Ainsi, « un travailleur qui souhaite se rendre à son travail ne sait pas s’il va y arriver, un étudiant qui doit aller à l’école ne sait pas si la route va être ouverte », a raconté l’élu palestinien. Et de poursuivre : « Plus de 67 % [de la surface] de Bethléem est en zone C, c’est-à-dire sous contrôle israélien. Nous ne pouvons pas construire des maisons librement, ni ouvrir des routes ou élargir nos écoles. » De leur côté, « les Israéliens s’installent continuellement et agrandissent leur occupation tout autour », s’est insurgé Jerries Qarra’a. « Selon le droit international, c’est illégal. Ils volent l’accès à nos terres, à l’eau et aux ressources. »
Un déplacement à Noël ou plus probablement en 2027
Dans ce contexte, le déplacement officiel à Bethléem sera donc lourd de sens pour Laurence Ruffin. « J’y porterai la solidarité des Grenobloises et des Grenoblois », a ainsi assuré la maire, qui entend « rencontrer les habitantes et les habitants de Bethléem, ceux du camp d’Aïda ». Car, a‑t-elle conclu, « la solidarité, c’est aussi de la présence ».

Reste à savoir à quel moment se fera ce voyage ? Jerries Qarra’a a cité une période précise : « Tout le monde est invité à Bethléem pour Noël. » La date est particulièrement symbolique, pour la cité de Cisjordanie. Mais Laurence Ruffin et son équipe se montrent plus prudentes — sans pour autant exclure cette option -, conscientes notamment des difficultés d’organisation et notamment de toutes les tracasseries administratives que peuvent imposer les autorités israéliennes. Ce sera donc au plus tôt en fin d’année et plus probablement courant 2027.


