Alexis Monge : « Ce n’est pas Barbara Butch que je défends, c’est un principe »

Par Manuel Pavard

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Alexis Monge dans son bureau d'adjoint à la culture, qu'il occupe depuis avril 2026, à l'hôtel de ville de Grenoble.
Adjoint à la maire de Grenoble en charge de la vie culturelle et des arts, Alexis Monge était aux premières loges pour l'affaire Barbara Butch, que ce soit avant ou pendant le concert stoppé par l'action de militants LFI et d'autres organisations (Urgence Palestine, Solidaires, etc.), samedi 18 juillet, au Cabaret frappé. Pris à partie par certains manifestants en montant sur scène pour expliquer le départ de la DJ, l'élu PCF a même déposé plainte pour intimidation et jet de projectile. Dix jours après, il livre son analyse sur l'événement et sur ses implications pour les acteurs culturels et politiques.

Pour un bap­tême du feu, il a été ser­vi. Un peu plus de trois mois après son élec­tion au conseil muni­ci­pal, Alexis Monge a vécu sa pre­mière polé­mique sous sa cas­quette d’ad­joint à la vie cultu­relle et aux arts. En cause, l’in­ter­rup­tion pré­ma­tu­rée du concert de Bar­ba­ra Butch au Caba­ret frap­pé, same­di 18 juillet, face à l’ac­tion menée par près de 200 mani­fes­tants. Ras­sem­blés au Jar­din de ville à l’ap­pel de la sec­tion gre­no­bloise de la France insou­mise et de dif­fé­rentes orga­ni­sa­tions, ceux-ci repro­chaient à la DJ d’a­voir signé une tri­bune sou­te­nant la pro­po­si­tion de loi Yadan — avant de se rétrac­ter dans un second temps — et joué à l’am­bas­sade de France à Tel-Aviv en juin 2025, en plein géno­cide.

Confron­tée à l’hos­ti­li­té d’une large par­tie du public, Bar­ba­ra Butch a d’a­bord pour­sui­vi son set sous les huées et les invec­tives. Mais les pro­tes­ta­tions se sont éga­le­ment accom­pa­gnées, selon l’ar­tiste et l’é­lu, de gestes inju­rieux (doigts d’hon­neur) et jets de pro­jec­tiles, comme on peut le voir dans dif­fé­rentes vidéos tour­nées ce soir-là. Ver­sion que contestent vive­ment les mili­tants pré­sents. Contraint de mon­ter sur scène pour jus­ti­fier l’ar­rêt du concert, Alexis Monge a lui-même été pris pour cible. D’où sa déci­sion de dépo­ser plainte — à l’ins­tar de la ville de Gre­noble« pour inti­mi­da­tion et pour le jet de bou­teille qui [l’]a visé ».

Les mani­fes­tants huant et invec­ti­vant Bar­ba­ra Butch, le 18 juillet, au Jar­din de ville. DR

En cette période tra­di­tion­nel­le­ment creuse pour l’ac­tua­li­té natio­nale, l’af­faire Bar­ba­ra Butch est rapi­de­ment venu com­bler le vide, trus­tant les gros titres pen­dant plu­sieurs jours, avant de s’ef­fa­cer pro­gres­si­ve­ment der­rière l’in­cen­die en Gironde. Une média­ti­sa­tion qui a lar­ge­ment dépas­sé les fron­tières de l’I­sère, pre­nant presque de court les acteurs concer­nés. « L’é­vé­ne­ment a pris une ampleur natio­nale et nous ne nous atten­dions pas à ça », recon­naît ain­si l’é­lu com­mu­niste, pour lequel quelques jours n’é­taient pas de trop afin de pou­voir ana­ly­ser la séquence à tête repo­sée.

Le Tra­vailleur alpin — Quand la Ville a été sol­li­ci­tée avant le Caba­ret frap­pé pour annu­ler la venue de Bar­ba­ra Butch, vous avez répon­du « liber­té de pro­gram­ma­tion ». Vous le dites tou­jours aujourd’­hui ?

Alexis Monge — Je l’ai tou­jours dit et je le redis, la liber­té de pro­gram­ma­tion et de créa­tion est un prin­cipe fon­da­men­tal de nos poli­tiques cultu­relles et de nos démo­cra­ties. Notre rôle d’é­lu, c’est de pou­voir garan­tir ces condi­tions-là, en sachant que cette liber­té n’est pas abso­lue et s’ins­crit dans le cadre de la loi. Il ne faut pas qu’il y ait d’in­ci­ta­tion à la haine, de racisme et d’ap­pel à la vio­lence der­rière. En tout cas, je n’ai pas envie de déci­der à la place des pro­gram­ma­teurs et pro­gram­ma­trices, mais plu­tôt de poser un cadre dans lequel ils et elles puissent avan­cer.

Sur les der­niers évé­ne­ments, ce n’est pas Bar­ba­ra Butch que je défends, c’est un prin­cipe. D’ailleurs, je rap­pelle que le PCF s’est tou­jours oppo­sé à la loi Yadan, comme la ville de Gre­noble, comme moi. Mais pour reve­nir à la ques­tion, il y a quelque chose qui m’a frap­pé dès le début du man­dat et qui me pré­oc­cupe tou­jours, de manière plus large que l’é­pi­sode Bar­ba­ra Butch, c’est ce risque de cen­sure préa­lable que j’en­tends de la bouche des pro­gram­ma­teurs et du monde cultu­rel. Et d’au­tant plus avec la crainte d’une arri­vée de l’ex­trême droite au pou­voir. En gros, leurs choix de spec­tacle sont par­fois pris en anti­ci­pant de pos­sibles polé­miques, ce qui res­treint de fait leur liber­té de pro­gram­ma­tion.

On peut par­ler d’au­to­cen­sure ?

Oui, il y a une forme d’au­to­cen­sure gran­dis­sante dans le monde cultu­rel, qui s’in­ter­roge à chaque fois. Je ne vais pas citer d’exemples à Gre­noble mais ça arrive par­tout. C’est un sujet dont on a par­lé quand on était à Avi­gnon : la CGT hési­tait ain­si à pro­gram­mer un spec­tacle adap­té d’un texte d’un auteur israé­lien pour­tant cri­tique de la poli­tique de son gou­ver­ne­ment [NDLR : la CGT par­ti­cipe chaque année à la pro­gram­ma­tion du fes­ti­val off d’A­vi­gnon, au théâtre de la bourse du tra­vail]. Ils se posaient la ques­tion sim­ple­ment parce que son auteur était Israé­lien… Peu importe le conte­nu de la pièce. Ils crai­gnaient que ça pose pro­blème.

Alexis Monge anime, à la fête du TA 2026, le débat sur la culture où il a jus­te­ment été ques­tion des risques de cen­sure des spec­tacles.

Le contexte joue aus­si, avec des poli­tiques cultu­relles très affai­blies : le finan­ce­ment et les bud­gets sont en forte baisse, les équipes sont hyper sol­li­ci­tées, en sur­ten­sion… Du fait de cette conjonc­ture, elles n’ont pas envie de prendre de risques. Mon rôle d’é­lu, en tant qu’ad­joint à la culture, c’est donc de leur dire que, dans le cadre de la loi, on sera garant de cette liber­té de pro­gram­ma­tion. Et on assu­me­ra les res­pon­sa­bi­li­tés.

Ce qui rejoint le Caba­ret frap­pé…

Tout à fait, c’est ce qu’on a fait au Caba­ret frap­pé en disant « c’est à nous d’y aller ». Avec une par­ti­cu­la­ri­té tou­te­fois pour le Caba­ret frap­pé. Car la pro­gram­ma­tion a été faite en jan­vier-février et les signa­tures de la loi Yadan, c’é­tait en avril. Après, les contrats qui sont signés, c’est effec­ti­ve­ment entre l’ar­tiste et la ville de Gre­noble tan­dis que la pro­gram­ma­tion relève de l’as­so­cia­tion Retour de scène. Plus lar­ge­ment, nous tra­vaillons avec les acteurs cultu­rels à nos poli­tiques cultu­relles. Elles sont nour­ries d’échanges et de coopé­ra­tion mais dans la limite du cadre que nous défen­dons de la liber­té de créa­tion et de pro­gram­ma­tion.

« On asso­cie direc­te­ment Bar­ba­ra Butch à Neta­nya­hou et au géno­cide. […] Cette essen­tia­li­sa­tion me dérange. »

Que s’est-il pas­sé avec Bar­ba­ra Butch ?

Je rap­pelle d’a­bord que la France insou­mise est légi­time à appe­ler au boy­cott ou à l’an­nu­la­tion d’un concert. Ils ont le droit de mani­fes­ter un désac­cord par rap­port à des idées que pour­rait por­ter une artiste. Cha­cun est libre d’exprimer ses posi­tions et de prendre la parole. C’est d’ailleurs ce qu’ont fait tous les artistes qui jouaient avant en pre­nant la défense des Pales­ti­niens et en dénon­çant le géno­cide à Gaza. En revanche, ce que la France insou­mise a fina­le­ment choi­si, ce n’est pas seule­ment l’ap­pel au boy­cott ou l’in­ter­pel­la­tion publique, c’est l’organisation d’une mani­fes­ta­tion devant la scène.

Ce qui pose pro­blème, ce sont les vio­lences, avec les jets de pro­jec­tiles, de bou­teilles, que j’ai moi-même pu consta­ter. Et ce qui m’a cho­qué, c’est l’es­sen­tia­li­sa­tion de Bar­ba­ra Butch sur le tract de LFI dis­tri­bué dès le mer­cre­di. Le mon­tage la montre en train de mixer devant un dra­peau arc-en-ciel avec une étoile de David, tâché de sang [NDLR : dra­peau sou­vent uti­li­sé à la Gay Pride de Tel-Aviv, sym­bole selon les mili­tants du pink­wa­shing d’Is­raël] et au ver­so, on a une pho­to d’elle avec Neta­nya­hou en fond. Ça veut dire qu’on asso­cie direc­te­ment Bar­ba­ra Butch à Neta­nya­hou et au géno­cide. En plus, elle est Fran­çaise, elle n’a pas du tout la natio­na­li­té israé­lienne. Cette essen­tia­li­sa­tion me dérange car elle affecte nos ima­gi­naires.

Bar­ba­ra Butch quitte la scène au bout de vingt minutes, en accord avec les orga­ni­sa­teurs. DR

Avec le recul, sachant le dérou­lé de la soi­rée, la contro­verse der­rière, feriez-vous les choses dif­fé­rem­ment ?

Si on rem­bo­bine le film des der­niers mois, on constate que dès la clause de résis­tance [NDLR : adop­tée le 28 avril 2026 par le conseil muni­ci­pal, elle per­met à la ville de com­battre les atteintes aux liber­tés publiques, à l’égalité des droits ou encore à la digni­té humaine], on a affir­mé cette liber­té de créa­tion et de pro­gram­ma­tion. Et c’est dans ce cadre-là qu’on a per­mis la tenue d’un concert anti­fas­ciste au 102, en rap­pe­lant qu’il n’é­tait pas ques­tion d’an­nu­ler dans ces condi­tions, mal­gré les récla­ma­tions de la droite. Ensuite, il y a eu Bar­ba­ra Butch avec la polé­mique qui mon­tait, la péti­tion — qui ne dépas­sait tou­te­fois pas les 250 signa­tures avant le lan­ce­ment du Caba­ret frap­pé. On en a beau­coup dis­cu­té entre nous et on n’a rien lais­sé au hasard : on a fait en sorte d’a­voir à la fois des poli­ciers muni­ci­paux et des poli­ciers natio­naux pré­sents sur site, on a ajou­té des vigiles en nombre… Tout ce qu’il fal­lait pour per­mettre au concert de se pas­ser nor­ma­le­ment et pour pou­voir mettre en sécu­ri­té le public et l’ar­tiste. Le tout en gar­dant la phi­lo­so­phie du Caba­ret frap­pé, à savoir un fes­ti­val popu­laire, ouvert, où les gens peuvent aller et venir libre­ment. En résu­mé, je consi­dère qu’on a fait tout ce qu’il fal­lait.

Y com­pris en stop­pant vous-même le concert ?

Effec­ti­ve­ment, on a arrê­té le concert au bout de vingt minutes, conjoin­te­ment avec l’ar­tiste. J’é­tais pré­sent der­rière et on avait par­lé avec elle avant qu’elle com­mence à jouer, pour lui dire qu’à tout moment, si ça deve­nait trop com­pli­qué, elle pou­vait s’ar­rê­ter… En sachant que je n’an­ti­ci­pais pas du tout l’en­voi de pro­jec­tiles. On en revient à ce que je disais, c’est notre rôle d’é­lu de garan­tir les condi­tions de liber­té de pro­gram­ma­tion et créa­tion et de sécu­ri­té.

« Il faut être capable de mener les deux choses de front : à la fois défendre les liber­tés de créa­tion et de pro­gram­ma­tion, qui sont des droits fon­da­men­taux, et défendre les droits des Pales­ti­niens. »

Quid du fond et des argu­ments des mani­fes­tants ?

Dès qu’on a reçu la demande d’an­nu­la­tion, je me suis deman­dé ce qu’elle avait fait de grave, au point d’être ciblée par cette vague de boy­cott. Encore une fois, on peut être d’ac­cord sur le fond mais ce qui pose pro­blème, c’est la méthode et l’es­sen­tia­li­sa­tion. Il faut être capable de mener les deux choses de front : à la fois défendre les liber­tés de créa­tion et de pro­gram­ma­tion, qui sont des droits fon­da­men­taux, et défendre les droits des Pales­ti­niens, comme on le fait au PCF, en s’ap­puyant sur les forces pré­sentes sur place… Et donc en faire un sujet inter­na­tio­nal et non un sujet élec­to­ra­liste. Quant à la loi Yadan, je le répète, j’y étais oppo­sé et la mai­rie éga­le­ment.

Doit-on tenir compte des oppres­sions vécues par Bar­ba­ra Butch — en tant que femme, juive, les­bienne et grosse — avant de juger ses posi­tions ?

En théo­rie, en tant qu’é­lu, j’ai envie de te dire non, ça ne doit pas empê­cher de cri­ti­quer ses prises de posi­tion. Après, est-ce que ça jus­ti­fie de faire des doigts d’hon­neur à une femme ? Et est-ce qu’un homme blanc hété­ro cis­genre de 50 ans aurait été autant cha­hu­té par la foule ? Bien sûr que non ! En plus, quand on la voit, on devine la per­sonne qui a tou­jours été per­sé­cu­tée. Or, nous, à gauche, on doit être du côté des oppri­més, de celles et ceux qui vivent des injus­tices. Quand on a face à nous quel­qu’un qui subit depuis les Jeux olym­piques des attaques homo­phobes, gros­so­phobes, anti­sé­mites et sexistes de l’ex­trême droite, on a la res­pon­sa­bi­li­té de devoir pro­té­ger cette per­sonne qui est à l’in­ter­sec­tion­na­li­té de dis­cri­mi­na­tions mul­tiples.

Le boy­cott cultu­rel a été déci­sif face à l’a­par­theid en Afrique du Sud. Est-ce éga­le­ment une arme contre le géno­cide à Gaza et plus géné­ra­le­ment contre la poli­tique israé­lienne vis-à-vis des Pales­ti­niens ?

Ques­tion dif­fi­cile… Déjà, comme le disait Lau­rence Ruf­fin, boy­cot­ter — en n’al­lant pas à un concert par exemple — ce n’est pas entra­ver. Quand bien même, que peut le boy­cott cultu­rel contre le géno­cide ? Il peut consti­tuer une forme de pres­sion sym­bo­lique et poli­tique mais son effi­ca­ci­té dépend de son arti­cu­la­tion avec d’autres leviers : diplo­ma­tiques, éco­no­miques, juri­diques et mobi­li­sa­tions inter­na­tio­nale. En tout cas, pour qu’il y ait un impact, ça dépend aus­si de la stra­té­gie des cou­rants d’op­po­si­tion israé­liens et sur­tout des orga­ni­sa­tions et mili­tants alliés en Pales­tine. Et puis, reste la ques­tion des cri­tères de déci­sion. Où met-on les lignes rouges jus­ti­fiant de boy­cot­ter tel ou tel artiste et quel péri­mètre donne-t-on au boy­cott cultu­rel ? Les orga­ni­sa­tions de soli­da­ri­té avec la Pales­tine n’ont pas toutes les mêmes cri­tères ou stra­té­gies, comme on le voit par exemple avec l’AFPS et Urgence Pales­tine qui ne défendent pas tou­jours les mêmes modes d’ac­tion ni la même manière de mettre en œuvre les cam­pagnes de boy­cott.

Ceci dit, la mobi­li­sa­tion contre le gou­ver­ne­ment israé­lien est néces­saire. Car les faits sont exces­si­ve­ment graves. On vit quand même un géno­cide en direct sur les réseaux sociaux donc c’est nor­mal que ça vienne nous cham­bou­ler en tant qu’in­di­vi­dus et qu’on perde tous nos repères démo­cra­tiques. Et c’est à ce moment là qu’on a besoin de gar­der un cap poli­tique com­mun, de par­ler d’une voix unie et ras­sem­blée pour faire front avec celles et ceux qui subissent ces oppres­sions.

« Faire confiance à l’intelligence des citoyens et citoyennes plu­tôt que de déci­der à leur place. »

Cer­tains com­men­ta­teurs asso­cient LFI au RN, voire accusent les insou­mis et les mani­fes­tants d’an­ti­sé­mi­tisme. Est-ce votre cas ?

Pre­mière chose, je ne veux sur­tout pas mettre dos à dos la France insou­mise et l’ex­trême droite. Leurs demandes de boy­cott res­pec­tives n’o­béissent pas du tout aux mêmes res­sorts. Pour l’autre ques­tion, je serai très pru­dent. Non, la mani­fes­ta­tion n’é­tait pas un acte anti­sé­mite. Mais oui, nous vivons dans une socié­té dans laquelle l’an­ti­sé­mi­tisme aug­mente. Et être juif aujourd’­hui, en France, est com­pli­qué… Comme être musul­man aujourd’­hui, en France, est com­pli­qué aus­si. ll ne faut pas les oppo­ser. En tant que poli­tiques, nous avons une res­pon­sa­bi­li­té pour lut­ter contre toute forme de dis­cri­mi­na­tion. On doit com­battre sans ambi­guï­té l’an­ti­sé­mi­tisme et l’is­la­mo­pho­bie, et com­battre avec la même déter­mi­na­tion les crimes com­mis contre les Pales­ti­niens. Parce que renon­cer à l’un de ces com­bats affai­blit l’autre.

Alexis Monge au conseil muni­ci­pal d’ins­tal­la­tion de Lau­rence Ruf­fin, le 27 mars 2026.

Quelles leçons tirez-vous de cet épi­sode pour la suite ?

La pre­mière ques­tion que je me pose, c’est si à gauche, on gagne du sou­tien à la suite de cette séquence poli­tique ? J’en doute… Et est-ce qu’on s’arme pour lut­ter contre ces dérives ? Si je dois en tirer une leçon, c’est que notre com­bat pour cette liber­té de créa­tion et de pro­gram­ma­tion va être dur et com­pli­qué, non pas vis-à-vis de LFI mais face à l’ex­trême droite qui monte. Ça va néces­si­ter beau­coup d’exi­gence, de tra­vail. Et de res­ter ferme sur ses prin­cipes. Mais je garde une convic­tion, c’est de tou­jours faire confiance au public et à la liber­té de conscience. On doit don­ner toutes les infos avant et le public décide alors de boy­cot­ter ou non, d’aller voir une œuvre ou non, de la cri­ti­quer ou de la sou­te­nir. Faire confiance à l’intelligence des citoyens et citoyennes plu­tôt que de déci­der à leur place.

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