Fontaine. Goûter, jeux et lutte pour sauver trois écoles menacées de fermeture

Par Edouard Schoene

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Le collectif d'habitants et parents d'élèves a organisé un rassemblement convivial et militant sous la halle Cachin, le 10 septembre.
Ce jeudi 10 septembre, un collectif « d’habitant·e·s en colère et inquiet·e·s pour leurs écoles et leur ville » invitait la population à un goûter partagé sous la halle Cachin, à Fontaine, pour réagir à la menace de fermeture de trois écoles de la commune.

Les orga­ni­sa­teurs ont rap­pe­lé les condi­tions dans les­quelles Franck Lon­go et son équipe muni­ci­pale ont annon­cé bru­ta­le­ment, sans la moindre concer­ta­tion, la fer­me­ture des écoles Cachin et Labourbe pour la ren­trée de sep­tembre 2027 : « Une école, c’est un cœur de vie pour un quar­tier. Pour les enfants, c’est pou­voir aller à l’école à pied, être ras­su­ré parce que la mai­son est proche, se faire des copains qu’on recroise ensuite au parc. L’école est le pre­mier lien de socia­li­sa­tion. » Les enfants ne doivent pas être une variable d’ajustement bud­gé­taire, ont-ils assé­né d’une seule voix.

Tracts et affiches remettent en cause l’ab­sur­di­té de la déci­sion muni­ci­pale.

Un pre­mier inter­ve­nant a ensuite pris la parole. « La déci­sion a été pas­sée au conseil muni­ci­pal. On a été un petit groupe de per­sonnes qui étaient pré­sentes à cette mobi­li­sa­tion, en juin, à se retrou­ver ensuite pour orga­ni­ser cet évé­ne­ment. L’i­dée, c’est de faire per­du­rer cette mobi­li­sa­tion, de l’amplifier », a‑t-il expli­qué.

Le public est venu rela­ti­ve­ment nom­breux.

Des parents d’élèves de l’école Cachin ont signa­lé que la pro­messe du maire d’informer sur la des­ti­na­tion des élèves pour 2027 res­tait lettre morte à ce stade. Tous ont assu­ré de leur déter­mi­na­tion à obte­nir l’annulation de la déci­sion de fer­me­ture. Des mamans se sont, elles, insur­gées en appre­nant que la ville envi­sa­geait des réduc­tions d’emplois à Fon­taine. L’une d’entre elles a en outre sou­li­gné que la popu­la­tion du quar­tier était pauvre, sou­vent en dif­fi­cul­té, nombre de parents ne maî­tri­sant pas le fran­çais… Ce qui rend dif­fi­cile la mobi­li­sa­tion.

Opacité et manque de communication de la municipalité Longo

Une ancienne direc­trice de l’école Jeanne-Labourbe a insis­té de son côté sur l’attachement des parents, enfant et anciens de l’école envers l’é­ta­blis­se­ment. Avant d’é­vo­quer le bou­le­ver­se­ment que signi­fie­rait la fer­me­ture de l’école : longs et dan­ge­reux tra­jets à pied, accès dif­fi­cile en voi­ture à l’école de l’ancienne mai­rie, frais de can­tine et de gar­dien­nage, dégra­da­tion des condi­tions d’enseignement avec un nombre plus impor­tant d’élèves par classe.

Plu­sieurs inter­ve­nantes ont insis­té sur le rôle de ces écoles pour la popu­la­tion locale.

Après cette série d’in­ter­ven­tions, les élus pré­sents ont été invi­tés à prendre la parole à leur tour. Pour ouvrir le bal, Clau­dine Didier, conseillère muni­ci­pale d’opposition (PCF) et conseillère com­mu­nau­taire, a noté qu’avec une réduc­tion bud­gé­taire de 11 mil­lions d’eu­ros, la Métro­pole serait bien en peine de prendre en charge les cen­taines de mètres de trot­toirs qui seraient néces­saire avec la fer­me­ture de l’école Labourbe. Elle sou­tient bien évi­dem­ment, avec son groupe « Fon­taine nous ras­semble », le com­bat des parents d’élèves.

Clau­dine Didier (PCF) est inter­ve­nue en sou­tien des parents d’é­lèves.

Autre élu com­mu­niste, Laurent Jadeau a confié qu’il deman­dait en vain depuis trois ans à l’équipe muni­ci­pale Lon­go de construire, avec une large concer­ta­tion démo­cra­tique, une réponse à la baisse démo­gra­phique. « Le plan bud­gé­taire de M. Lon­go est opaque et sans réelles garan­ties de sub­ven­tions et prêts ban­caires », a‑t-il fus­ti­gé.

Mobilisation lors du prochain conseil municipal

Tou­jours à gauche, Éli­sa Mar­tin, dépu­tée LFI de l’I­sère, a elle aus­si appor­té son sou­tien aux parents d’élèves, pré­ci­sant avoir écrit à Franck Lon­go pour dénon­cer les fer­me­tures. Un cour­rier auquel le maire MoDem n’a sans sur­prise pas répon­du. La direc­tion admi­nis­tra­tive de l’Éducation natio­nale, la DASEN, a quant à elle vou­lu ras­su­rer l’é­lue insou­mise en pro­met­tant que les enfants « seraient bien pris en charge ». « Macron sup­prime 5000 emplois, je suis à vos côtés », a conclu la dépu­tée.

Les orga­ni­sa­teurs ont pris la parole pour décrire les rai­sons de leur com­bat.

Tan­dis que les enfants pour­sui­vaient leur goû­ter et leurs jeux, les parents et citoyens en colère pro­je­taient les actions futures pour dire non à la fer­me­ture des écoles, notam­ment avec des affi­chages à domi­cile. Sans oublier une mobi­li­sa­tion atten­due lors du pro­chain conseil muni­ci­pal, lun­di 14 sep­tembre : ren­dez-vous à 18h30, devant la mai­rie de Fon­taine. Ambiance com­ba­tive garan­tie !

Des parents du quar­tier et leurs enfants sont venus par­ta­gés le goû­ter pro­po­sé par le col­lec­tif.

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