Fontaine. Goûter, jeux et lutte pour sauver trois écoles menacées de fermeture
Par Edouard Schoene
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Les organisateurs ont rappelé les conditions dans lesquelles Franck Longo et son équipe municipale ont annoncé brutalement, sans la moindre concertation, la fermeture des écoles Cachin et Labourbe pour la rentrée de septembre 2027 : « Une école, c’est un cœur de vie pour un quartier. Pour les enfants, c’est pouvoir aller à l’école à pied, être rassuré parce que la maison est proche, se faire des copains qu’on recroise ensuite au parc. L’école est le premier lien de socialisation. » Les enfants ne doivent pas être une variable d’ajustement budgétaire, ont-ils asséné d’une seule voix.

Un premier intervenant a ensuite pris la parole. « La décision a été passée au conseil municipal. On a été un petit groupe de personnes qui étaient présentes à cette mobilisation, en juin, à se retrouver ensuite pour organiser cet événement. L’idée, c’est de faire perdurer cette mobilisation, de l’amplifier », a‑t-il expliqué.

Des parents d’élèves de l’école Cachin ont signalé que la promesse du maire d’informer sur la destination des élèves pour 2027 restait lettre morte à ce stade. Tous ont assuré de leur détermination à obtenir l’annulation de la décision de fermeture. Des mamans se sont, elles, insurgées en apprenant que la ville envisageait des réductions d’emplois à Fontaine. L’une d’entre elles a en outre souligné que la population du quartier était pauvre, souvent en difficulté, nombre de parents ne maîtrisant pas le français… Ce qui rend difficile la mobilisation.
Opacité et manque de communication de la municipalité Longo
Une ancienne directrice de l’école Jeanne-Labourbe a insisté de son côté sur l’attachement des parents, enfant et anciens de l’école envers l’établissement. Avant d’évoquer le bouleversement que signifierait la fermeture de l’école : longs et dangereux trajets à pied, accès difficile en voiture à l’école de l’ancienne mairie, frais de cantine et de gardiennage, dégradation des conditions d’enseignement avec un nombre plus important d’élèves par classe.

Après cette série d’interventions, les élus présents ont été invités à prendre la parole à leur tour. Pour ouvrir le bal, Claudine Didier, conseillère municipale d’opposition (PCF) et conseillère communautaire, a noté qu’avec une réduction budgétaire de 11 millions d’euros, la Métropole serait bien en peine de prendre en charge les centaines de mètres de trottoirs qui seraient nécessaire avec la fermeture de l’école Labourbe. Elle soutient bien évidemment, avec son groupe « Fontaine nous rassemble », le combat des parents d’élèves.

Autre élu communiste, Laurent Jadeau a confié qu’il demandait en vain depuis trois ans à l’équipe municipale Longo de construire, avec une large concertation démocratique, une réponse à la baisse démographique. « Le plan budgétaire de M. Longo est opaque et sans réelles garanties de subventions et prêts bancaires », a‑t-il fustigé.
Mobilisation lors du prochain conseil municipal
Toujours à gauche, Élisa Martin, députée LFI de l’Isère, a elle aussi apporté son soutien aux parents d’élèves, précisant avoir écrit à Franck Longo pour dénoncer les fermetures. Un courrier auquel le maire MoDem n’a sans surprise pas répondu. La direction administrative de l’Éducation nationale, la DASEN, a quant à elle voulu rassurer l’élue insoumise en promettant que les enfants « seraient bien pris en charge ». « Macron supprime 5000 emplois, je suis à vos côtés », a conclu la députée.

Tandis que les enfants poursuivaient leur goûter et leurs jeux, les parents et citoyens en colère projetaient les actions futures pour dire non à la fermeture des écoles, notamment avec des affichages à domicile. Sans oublier une mobilisation attendue lors du prochain conseil municipal, lundi 14 septembre : rendez-vous à 18h30, devant la mairie de Fontaine. Ambiance combative garantie !



