Colère et incompréhension des parents d’élèves de Fontaine
Par Edouard Schoene
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Dans une ambiance très lourde, Julien Bouvier, adjoint à l’enfance et à l’éducation, a expliqué à une cinquantaine de parents être désolé de devoir annoncer la fermeture de l’école du quartier La Poya. Il a fondé la décision sur la baisse du nombre d’enfants en dix ans (- 400) et surtout sur une situation financière critique de la ville, notamment pour assumer la dépense (17 millions d’euros) pour le groupe scolaire Rose Valland qui devrait remplacer l’école Robespierre.
La représentante du collectif « non à la fermeture de l’école Labourbe » a énoncé les questions et arguments en six points d’un texte remis aux élus : pourquoi une telle décision, quel avenir du site ? Quelle répartition des élèves ? Quelles garanties de sécurité et d’accessibilité ? Quelles conditions d’accueil dans les écoles ? Quelles conséquences pour les élèves ? Impacts sur les familles et le quartier ? Exigence de transparence des projections démographiques.

Très vite la colère est montée dans la salle, plusieurs intervenants ne comprenant pas la précipitation d’une telle décision, quelques semaines après les élections municipales, tandis que cette perspective de fermetures n’était pas avancée dans le programme municipal de l’équipe de Franck Longo. Les parents d’élèves, dont la mémoire n’est sans doute pas courte, se souviennent que les candidats de droite s’étaient vantés d’avoir eu un mandat exemplaire en matière de gestion des groupes scolaires et une santé budgétaire remarquable.
Vincent Arpin, élu en charge de « la stratégie budgétaire », a plutôt énervé la salle en expliquant que chaque 100 000 € de dépenses de fonctionnement en moins permettent à la ville d’emprunter 1 million d’euros aux banques. Il évoquait les économies possibles avec de noires perspectives.
Côté « salle 38 bis » se tenait la réunion pour justifier la fermeture du groupe Marcel Cachin. Les services de la ville avaient pour consigne d’interdire l’entrée à tous les non parents d’élèves dont… les élus d’opposition. Ceci n’a pas calmé l’ambiance.
Une centaine de parents d’élèves écoutaient le maire qui s’est expliqué très longuement. « Il y a quelques années, en 2020, au début du mandat précédent, la volonté de notre équipe municipale était de refaire des groupes scolaires, surtout des groupes qui sont dans des situations de dégradation très avancées. Nous avions des ambitions. Mais […]il y a eu la guerre en Ukraine, qui a coûté entre 2023 et 2024 1,7 million d’eurossur un budget de 30 millions. […]Il nous faudrait faire deux millions d’euros d’économies pour pouvoir dégager suffisamment d’argent pour pouvoir réemprunter à la banque, sinon la banque ne vous prête pas. » Évoquant des charges inattendues de réparation d’écoles, le maire affirme qu’aucune alternative n’existe à la fermeture des deux écoles envisagées aujourd’hui.
Parmi les réactions dans une salle surchauffée et bruyante : « Moi qui suis ancienne élève, j’avoue, c’est violent. Parce que vous n’avez pas prévenu ! » « Cette fermeture n’a jamais été évoquée lors de la campagne des élections municipales. Cette question engage durablement la ville sans avoir été portée ni au débat public ni au vote des habitants. » Un parent d’élève, fâché dit regretter son vote pour la liste Longo. De nombreux intervenants font état de colère, tristesse, incompréhension devant une décision précipitée sans concertation. Face aux multiples questions de parents inquiets pour l’avenir Franck Longo tente une diversion « ne vous inquiétez pas on examinera cas par cas ».

Au sortir de la réunion Laurent Jadeau, élu d’opposition (PCF), nous a fait part de sa réaction. « M. Longo a annoncé brutalement la fermeture de trois écoles sans aucune concertation, en laissant des centaines de familles dans la stupeur et l’incompréhension. Cette façon d’agir est inadmissible ! J’apporte mon soutien aux familles », nous dit-il
Pour lui, il ne s’agit pas de contester la nécessaire « réflexion globale sur les périmètres scolaires et le nombre d’établissements. Je rappelle qu’au précédent mandat, les élus d’oppositions avaient interpelé à plusieurs reprises le maire et sa majorité à ce sujet, sans jamais avoir obtenu le moindre début de réponse. »
Quant à l’argument financier, Laurent Jadeau remarque que« M. Longo cherche à économiser 2 millions d’euros sur son budget de fonctionnement alors qu’il n’a eu cesse de vanter la bonne santé financière de son équipe et nous expliquait, lors du dernier budget prévisionnel, que grâce à eux, le financement de l’école Rose Valand passait sans problème ! » Laurent Jadeau souligne également « que « le maire se plaint que les communes soient maltraitées financièrement par le gouvernement. Ce sont pourtant ses amis politiques qui sont aux manettes ! » Et de conclure sur ce point :« il est évident que ces décisions de fermetures étaient dans les cartons du maire depuis plusieurs années. Les parents d’élèves l’ont fait savoir au maire ! En le taisant, il a donc menti par omission tout au long de sa campagne électorale ».
Plus généralement, Laurent Jadeau estime que « la révision complète de la sectorisation scolaire impacte, la vie d’une ville, de ses quartiers, de ses habitants. Il ne s’agit pas ici d’une simple retouche entre deux secteurs, mais d’une redistribution globale. Toutes ces questions méritaient une réflexion et une concertation de grande ampleur. C’était une occasion de penser avec les Fontainoises et les Fontainois, les premiers intéressés, le Fontaine que nous voulons pour demain. »


