Colère et incompréhension des parents d’élèves de Fontaine

Par Edouard Schoene

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Les parents du groupe scolaire Marcel Cachin sont inquiets et l'ont fait savoir au maire de Fontaine.
Jeudi 18 juin, l’équipe municipale de Franck Longo, maire de Fontaine, recevait en deux lieux distincts, les parents d’élèves des groupes scolaires Jeanne Labourbe et Marcel Cachin pour expliquer la décision de fermeture des trois écoles à la rentrée prochaine.

Dans une ambiance très lourde, Julien Bou­vier, adjoint à l’enfance et à l’éducation, a expli­qué à une cin­quan­taine de parents être déso­lé de devoir annon­cer la fer­me­ture de l’école du quar­tier La Poya. Il a fon­dé la déci­sion sur la baisse du nombre d’enfants en dix ans (- 400) et sur­tout sur une situa­tion finan­cière cri­tique de la ville, notam­ment pour assu­mer la dépense (17 mil­lions d’euros) pour le groupe sco­laire Rose Val­land qui devrait rem­pla­cer l’école Robes­pierre.

La repré­sen­tante du col­lec­tif « non à la fer­me­ture de l’école Labourbe » a énon­cé les ques­tions et argu­ments en six points d’un texte remis aux élus : pour­quoi une telle déci­sion, quel ave­nir du site ? Quelle répar­ti­tion des élèves ? Quelles garan­ties de sécu­ri­té et d’accessibilité ? Quelles condi­tions d’accueil dans les écoles ? Quelles consé­quences pour les élèves ? Impacts sur les familles et le quar­tier ? Exi­gence de trans­pa­rence des pro­jec­tions démo­gra­phiques.

La repré­sen­tante des parents d’é­lèves du groupe sco­laire Labourbe a expri­mé les demandes des familles.

Très vite la colère est mon­tée dans la salle, plu­sieurs inter­ve­nants ne com­pre­nant pas la pré­ci­pi­ta­tion d’une telle déci­sion, quelques semaines après les élec­tions muni­ci­pales, tan­dis que cette pers­pec­tive de fer­me­tures n’était pas avan­cée dans le pro­gramme muni­ci­pal de l’équipe de Franck Lon­go. Les parents d’élèves, dont la mémoire n’est sans doute pas courte, se sou­viennent que les can­di­dats de droite s’étaient van­tés d’avoir eu un man­dat exem­plaire en matière de ges­tion des groupes sco­laires et une san­té bud­gé­taire remar­quable.

Vincent Arpin, élu en charge de « la stra­té­gie bud­gé­taire », a plu­tôt éner­vé la salle en expli­quant que chaque 100 000 € de dépenses de fonc­tion­ne­ment en moins per­mettent à la ville d’emprunter 1 mil­lion d’euros aux banques. Il évo­quait les éco­no­mies pos­sibles avec de noires pers­pec­tives.

Côté « salle 38 bis » se tenait la réunion pour jus­ti­fier la fer­me­ture du groupe Mar­cel Cachin. Les ser­vices de la ville avaient pour consigne d’interdire l’entrée à tous les non parents d’élèves dont… les élus d’opposition. Ceci n’a pas cal­mé l’ambiance.

Une cen­taine de parents d’élèves écou­taient le maire qui s’est expli­qué très lon­gue­ment. « Il y a quelques années, en 2020, au début du man­dat pré­cé­dent, la volon­té de notre équipe muni­ci­pale était de refaire des groupes sco­laires, sur­tout des groupes qui sont dans des situa­tions de dégra­da­tion très avan­cées. Nous avions des ambi­tions. Mais […]il y a eu la guerre en Ukraine, qui a coû­té entre 2023 et 2024 1,7 mil­lion d’eurossur un bud­get de 30 mil­lions. […]Il nous fau­drait faire deux mil­lions d’euros d’économies pour pou­voir déga­ger suf­fi­sam­ment d’argent pour pou­voir réem­prun­ter à la banque, sinon la banque ne vous prête pas. » Évo­quant des charges inat­ten­dues de répa­ra­tion d’écoles, le maire affirme qu’aucune alter­na­tive n’existe à la fer­me­ture des deux écoles envi­sa­gées aujourd’hui.

Par­mi les réac­tions dans une salle sur­chauf­fée et bruyante : «  Moi qui suis ancienne élève, j’avoue, c’est violent. Parce que vous n’avez pas pré­ve­nu ! » « Cette fer­me­ture n’a jamais été évo­quée lors de la cam­pagne des élec­tions muni­ci­pales. Cette ques­tion engage dura­ble­ment la ville sans avoir été por­tée ni au débat public ni au vote des habi­tants. » Un parent d’élève, fâché dit regret­ter son vote pour la liste Lon­go. De nom­breux inter­ve­nants font état de colère, tris­tesse, incom­pré­hen­sion devant une déci­sion pré­ci­pi­tée sans concer­ta­tion. Face aux mul­tiples ques­tions de parents inquiets pour l’avenir Franck Lon­go tente une diver­sion « ne vous inquié­tez pas on exa­mi­ne­ra cas par cas ».

Laurent Jadeau, élu d’op­po­si­tion PCF, a appor­té son sou­tien aux parents.

Au sor­tir de la réunion Laurent Jadeau, élu d’opposition (PCF), nous a fait part de sa réac­tion. « M. Lon­go a annon­cé bru­ta­le­ment la fer­me­ture de trois écoles sans aucune concer­ta­tion, en lais­sant des cen­taines de familles dans la stu­peur et l’incompréhension. Cette façon d’agir est inad­mis­sible ! J’apporte mon sou­tien aux familles », nous dit-il

Pour lui, il ne s’agit pas de contes­ter la néces­saire « réflexion glo­bale sur les péri­mètres sco­laires et le nombre d’établissements. Je rap­pelle qu’au pré­cé­dent man­dat, les élus d’oppositions avaient inter­pe­lé à plu­sieurs reprises le maire et sa majo­ri­té à ce sujet, sans jamais avoir obte­nu le moindre début de réponse. »

Quant à l’argument finan­cier, Laurent Jadeau remarque que« M. Lon­go cherche à éco­no­mi­ser 2 mil­lions d’euros sur son bud­get de fonc­tion­ne­ment alors qu’il n’a eu cesse de van­ter la bonne san­té finan­cière de son équipe et nous expli­quait, lors du der­nier bud­get pré­vi­sion­nel, que grâce à eux, le finan­ce­ment de l’école Rose Valand pas­sait sans pro­blème ! » Laurent Jadeau sou­ligne éga­le­ment « que « le maire se plaint que les com­munes soient mal­trai­tées finan­ciè­re­ment par le gou­ver­ne­ment. Ce sont pour­tant ses amis poli­tiques qui sont aux manettes ! » Et de conclure sur ce point :« il est évident que ces déci­sions de fer­me­tures étaient dans les car­tons du maire depuis plu­sieurs années. Les parents d’élèves l’ont fait savoir au maire ! En le tai­sant, il a donc men­ti par omis­sion tout au long de sa cam­pagne élec­to­rale ».

Plus géné­ra­le­ment, Laurent Jadeau estime que « la révi­sion com­plète de la sec­to­ri­sa­tion sco­laire impacte, la vie d’une ville, de ses quar­tiers, de ses habi­tants. Il ne s’agit pas ici d’une simple retouche entre deux sec­teurs, mais d’une redis­tri­bu­tion glo­bale. Toutes ces ques­tions méri­taient une réflexion et une concer­ta­tion de grande ampleur. C’était une occa­sion de pen­ser avec les Fon­tai­noises et les Fon­tai­nois, les pre­miers inté­res­sés, le Fon­taine que nous vou­lons pour demain. »

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