La préfecture de l’Isère continue à fabriquer des sans papiers

Par Luc Renaud

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Un rassemblement avait été organisé devant la préfecture de l'Isère en décembre 2024.
Le collectif Bouge ta pref Isère réitère sa demande de voir mettre un terme aux restrictions de l’accès physique en préfecture et souhaite une rencontre avec les services préfectoraux afin de résoudre des difficultés qui privent de leurs droits des demandeurs de titres de séjour. Position déjà affirmée par le tribunal administratif de Grenoble.

« Mal­gré nos alertes, les ordon­nances du tri­bu­nal et nos demandes répé­tées, la pré­fec­ture de l’Isère conti­nue de pro­duire de l’irrégularité admi­nis­tra­tive à grande échelle. » Le col­lec­tif bouge ta pref Isère, regrou­pant qua­rante-cinq orga­ni­sa­tions par­mi les­quelles CGT tra­vailleurs sans papiers, UTR38 CFDT ou Dia­co­nat pro­tes­tant ont adres­sé une deuxième lettre ouverte à la pré­fète de l’Isère pur dénon­cer le fonc­tion­ne­ment d’une usine à fabri­quer des sans papiers.

Une pre­mière inter­pel­la­tion publique avait eu lieu en mai 2024. Les orga­ni­sa­tions s’inquiétaient d’un sys­tème qui, compte tenu des délais impo­sés aux deman­deurs, ren­dait dif­fi­cile sinon impos­sible le renou­vel­le­ment ou l’obtention de titres de séjour sim­ple­ment conformes aux pos­si­bi­li­tés légales.

Perte d’emploi, de logement de droits sociaux…

Cette « fabrique de sans papiers » conduit à des résul­tats dra­ma­tiques : perte d’emploi, de loge­ment, for­ma­tion inter­rom­pue notam­ment par l’impossibilité d’obtenir un stage, accès aux soins réduit, perte de droits sociaux…

Des réa­li­tés tou­jours effec­tive deux ans après cette pre­mière lettre ouverte, même si des amé­lio­ra­tions sont consta­tées : « la pos­si­bi­li­té de reti­rer les titres de séjour et docu­ments de cir­cu­la­tion sans ren­dez-vous (qua­tre­fois par semaine) » et « un accès phy­sique à la pré­fec­ture remis par­ci­mo­nieu­se­ment en ser­vice à la suite du juge­ment du tri­bu­nal admi­nis­tra­tif (entre dix et douze per­sonnes par après-midi) ».

Documents rendus obsolètes par l’allongement des délais

Reste que de mul­tiples points de blo­cages ont été rele­vés. Ain­si par exemple, le dépôt d’un dos­sier est-il tou­jours « un par­cours du com­bat­tant : bugs sur la pla­te­forme Anef (Admi­nis­tra­tion numé­rique des étran­gers en France), demandes de docu­ments com­plé­men­taires non pré­vus, docu­ments four­nis ren­dus obso­lètes par les délais de prise en compte de la demande par la pré­fec­ture… » ou encore des délais d’instruction des dos­siers « allant de six mois à plu­sieurs années ».

« Face à ces situa­tions dra­ma­tiques qui violent les droits fon­da­men­taux, madame la pré­fète, nous reven­di­quons la levée des res­tric­tions à l’accès phy­sique en pré­fec­ture et la sup­pres­sion des nom­breux dys­fonc­tion­ne­ments signa­lés », écrivent les orga­ni­sa­tions qui sol­li­citent « une ren­contre avec vos ser­vices afin d’échanger sur des solu­tions à court terme à appor­ter à ces dys­fonc­tion­ne­ments ».

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