La préfecture de l’Isère continue à fabriquer des sans papiers
Par Luc Renaud
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« Malgré nos alertes, les ordonnances du tribunal et nos demandes répétées, la préfecture de l’Isère continue de produire de l’irrégularité administrative à grande échelle. » Le collectif bouge ta pref Isère, regroupant quarante-cinq organisations parmi lesquelles CGT travailleurs sans papiers, UTR38 CFDT ou Diaconat protestant ont adressé une deuxième lettre ouverte à la préfète de l’Isère pur dénoncer le fonctionnement d’une usine à fabriquer des sans papiers.
Une première interpellation publique avait eu lieu en mai 2024. Les organisations s’inquiétaient d’un système qui, compte tenu des délais imposés aux demandeurs, rendait difficile sinon impossible le renouvellement ou l’obtention de titres de séjour simplement conformes aux possibilités légales.
Perte d’emploi, de logement de droits sociaux…
Cette « fabrique de sans papiers » conduit à des résultats dramatiques : perte d’emploi, de logement, formation interrompue notamment par l’impossibilité d’obtenir un stage, accès aux soins réduit, perte de droits sociaux…
Des réalités toujours effective deux ans après cette première lettre ouverte, même si des améliorations sont constatées : « la possibilité de retirer les titres de séjour et documents de circulation sans rendez-vous (quatrefois par semaine) » et « un accès physique à la préfecture remis parcimonieusement en service à la suite du jugement du tribunal administratif (entre dix et douze personnes par après-midi) ».
Documents rendus obsolètes par l’allongement des délais
Reste que de multiples points de blocages ont été relevés. Ainsi par exemple, le dépôt d’un dossier est-il toujours « un parcours du combattant : bugs sur la plateforme Anef (Administration numérique des étrangers en France), demandes de documents complémentaires non prévus, documents fournis rendus obsolètes par les délais de prise en compte de la demande par la préfecture… » ou encore des délais d’instruction des dossiers « allant de six mois à plusieurs années ».
« Face à ces situations dramatiques qui violent les droits fondamentaux, madame la préfète, nous revendiquons la levée des restrictions à l’accès physique en préfecture et la suppression des nombreux dysfonctionnements signalés », écrivent les organisations qui sollicitent « une rencontre avec vos services afin d’échanger sur des solutions à court terme à apporter à ces dysfonctionnements ».


