Exalia. La ville de Pont-de-Claix avance 600 000 € pour l’acquisition de foncier

Par Manuel Pavard

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Séverine Dejoux, ex-déléguée CGT de Vencorex, et Christophe Ferrari, maire de Pont-de-Claix, aux côtés d'anciens salariés de Vencorex souhaitant intégrer le projet Exalia.
Le conseil municipal de Pont-de-Claix a accordé, ce jeudi 7 mai, une avance remboursable de 600 000 euros au projet Exalia. Une aide destinée à l'acquisition de parcelles foncières nécessaires au développement du projet de reprise des actifs de Vencorex, sur la plateforme chimique. Concernant le fond du dossier, les discussions se poursuivent avec le repreneur - malgré la décision négative du tribunal de commerce - mais la date butoir se rapproche, pour la mine de sel de Hauterives comme pour les salariés arrivant en fin de droits.

Le (très) maigre sus­pense a été vite éteint et la déli­bé­ra­tion adop­tée à l’u­na­ni­mi­té, ce jeu­di 7 mai, en fin d’a­près-midi. Réuni en séance extra­or­di­naire, le conseil muni­ci­pal de la ville de Pont-de-Claix a accor­dé au pro­jet de reprise Exa­lia une avance rem­bour­sable de 600 000 euros. Cette aide doit per­mettre « l’acquisition des par­celles fon­cières néces­saires au déve­lop­pe­ment du pro­jet et à la pour­suite de l’activité », explique la muni­ci­pa­li­té. Laquelle espère qu’un tel sou­tien consti­tue­ra un argu­ment de poids, le moment venu, pour enclen­cher ce pro­jet qui vise à relan­cer la pla­te­forme chi­mique en moder­ni­sant la trans­for­ma­tion du chlore et en déve­lop­pant une acti­vi­té indus­trielle de chi­mie décar­bo­née.

Le maire de Pont-de-Claix Chris­tophe Fer­ra­ri détaille son idée d’a­vance pour le fon­cier, jeu­di 7 mai, peu avant le conseil muni­ci­pal.

« Aider Exa­lia à deve­nir maître du fon­cier » est en effet l’un des deux axes indis­pen­sables à sa réus­site, a sou­li­gné le maire de Pont-de-Claix, Chris­tophe Fer­ra­ri, depuis la pla­te­forme chi­mique, peu avant le conseil muni­ci­pal. Quant à l’autre axe, à savoir les dis­cus­sions avec le repre­neur, celles-ci sont « confi­den­tielles », a‑t-il affir­mé, aux côtés d’une par­tie des por­teurs de pro­jet, dont Séve­rine Dejoux, ex-délé­guée CGT de Ven­co­rex, et plu­sieurs anciens sala­riés de l’en­tre­prise.

« La ville a immédiatement pris ses responsabilités »

Les mul­tiples rebon­dis­se­ments et coups de théâtre dans le dos­sier Ven­co­rex, depuis l’au­tomne 2024, les ont de toute façon vac­ci­nés contre tout excès d’op­ti­misme. Mais tous deux ont conscience que le cou­pe­ret n’est pas pas­sé loin. L’or­don­nance ren­due le 25 mars par le tri­bu­nal des acti­vi­tés éco­no­miques (ex-tri­bu­nal de com­merce) de Lyon « a été pour nous une douche froide », a recon­nu Chris­tophe Fer­ra­ri. À la sur­prise géné­rale, Exa­lia se voyait reje­té, au pro­fit notam­ment du fer­railleur drô­mois All Metal, le tri­bu­nal pri­vi­lé­giant ain­si le déman­tè­le­ment du site au déve­lop­pe­ment indus­triel.

Un coup de mas­sue pour les por­teurs de pro­jet, qui avaient cepen­dant repris espoir à l’is­sue des échanges avec le ministre de l’In­dus­trie Sébas­tien Mar­tin, d’a­bord le len­de­main lors des assises CGT du « made in France », à Pont-de-Claix, puis la semaine sui­vante au cours d’une réunion à Ber­cy, avec l’en­semble des acteurs. Ren­contre qui avait acté la mise en œuvre de « solu­tions tech­niques et opé­ra­tion­nelles ».

Inter­pel­lé par Sophie Binet lors des assises CGT, au len­de­main de la déci­sion du tri­bu­nal, le ministre de l’In­dus­trie Sébas­tien Mar­tin avait pro­mis de rou­vrir le dos­sier en rece­vant les acteurs à Ber­cy la semaine sui­vante.

Sur le volet fon­cier, Chris­tophe Fer­ra­ri n’est pas réel­le­ment ren­tré dans les détails, évo­quant tout juste « une avance rem­bour­sable de 600 000 euros en cré­dit d’in­ves­tis­se­ment ». Une somme qui n’é­tait évi­dem­ment pas pro­gram­mée dans le bud­get. Mais « la piste d’une aide à l’acquisition fon­cière s’est impo­sée comme l’une des solu­tions et la ville a immé­dia­te­ment pris ses res­pon­sa­bi­li­tés », s’est féli­ci­té l’é­dile. Et de rap­pe­ler l’his­toire de la com­mune, qui s’est « tou­jours impli­quée sur les ques­tions fon­cières. En 2008 lorsque la pla­te­forme chi­mique a ven­du une grande par­tie de son patri­moine fon­cier, c’est la ville de Pont-de-Claix qui l’a­vait rache­tée. »

« Deux enjeux très critiques »

Ce sou­tien finan­cier peut-il faire pen­cher la balance ou du moins y contri­buer ? Séve­rine Dejoux veut le croire : « C’est abso­lu­ment essen­tiel car c’est une somme qu’on n’a­vait pas pré­vu d’a­voir avant l’ac­qui­si­tion et dont on va avoir besoin en tout pre­mier lieu. » Si la dead­line de deux semaines annon­cée par son par­te­naire Oli­vier Six, au len­de­main de la réunion à Ber­cy, a fina­le­ment été repous­sée, la repré­sen­tante d’Exa­lia n’a tou­te­fois pas élu­dé les dif­fi­cul­tés qui se pré­sentent.

De fait, le temps presse et le calen­drier se res­serre, a‑t-elle admis : « Il y a deux enjeux très cri­tiques qui vont très rapi­de­ment nous mettre dans le rouge. » Deux sujets suf­fi­sam­ment impor­tants pour pou­voir son­ner la fin d’Exa­lia en cas d’is­sue néga­tive. « Le pre­mier, c’est la mine de sel de Hau­te­rives [NDLR : dans la Drôme] : le calen­drier pré­voyait un pre­mier arrêt du sau­mo­duc fin mai, aujourd’­hui c’est repor­té à fin juin. » Une ral­longe d’un mois bien­ve­nue mais « ça reste très court et il fau­dra qu’on ait des cer­ti­tudes d’i­ci là », a‑t-elle ajou­té.

Opti­miste, Séve­rine Dejoux reste tou­te­fois lucide face aux impé­ra­tifs de calen­drier qui imposent un dénoue­ment rapide pour Exa­lia.

« Le deuxième enjeu, il est der­rière moi », a confié Séve­rine Dejoux, en dési­gnant les anciens sala­riés de Ven­co­rex se tenant à ses côtés sur la pla­te­forme chi­mique. Tous sont prêts à rejoindre le pro­jet Exa­lia ; pro­blème, ils arrivent en fin de droits au chô­mage. « Depuis l’or­don­nance du tri­bu­nal, on leur a dit de recher­cher du tra­vail, a‑t-elle pour­sui­vi. Cer­tains d’entre eux ont trou­vé du bou­lot et vont s’en­ga­ger très pro­chai­ne­ment, donc on ne pour­ra pas leur deman­der de reve­nir si jamais ça se déci­dait dans trois mois. »

De son côté, Chris­tophe Fer­ra­ri a éga­le­ment expri­mé son sou­hait de voir la ville se posi­tion­ner sur du fon­cier actuel­le­ment en bor­dure de la pla­te­forme et « pré­sen­tant un inté­rêt public ». Un vœu pour lequel le liqui­da­teur a déjà été inter­pel­lé. L’an­cien pré­sident de la métro­pole l’a par ailleurs répé­té, la ville de Pont-de-Claix sou­tien­dra Exa­lia jus­qu’au bout, y com­pris s’il fal­lait res­sor­tir le por­te­feuille. Certes, le chiffre de 600 000 euros est une esti­ma­tion fiable et « n’est pas tom­bé du cha­peau ». Néan­moins, a‑t-il assu­ré, « si demain il y avait un besoin com­plé­men­taire, évi­dem­ment on sera là. Il n’y a pas de dif­fi­cul­tés là-des­sus. »

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