Reprise de Vencorex à Pont-de-Claix : l’espoir renaît pour Exalia

Par Manuel Pavard

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Christophe Ferrari, Séverine Dejoux et Olivier Six devant la plateforme chimique de Pont-de-Claix le 25 mars, après l'annonce de la décision du tribunal de commerce.
"Exalia, c'est reparti !" S'ils ne crient pas encore victoire, les porteurs du projet de reprise des actifs de Vencorex, sur la plateforme chimique de Pont-de-Claix, reprennent espoir après une réunion fructueuse à Bercy, ce vendredi 3 avril, entre les différents acteurs. Dix jours après le coup de massue du tribunal de commerce, qui avait rejeté leur offre, des "solutions techniques et opérationnelles" sont de nouveau sur la table pour lancer le projet. Reste à conclure un accord avec le ferrailleur choisi par les juges, désormais propriétaire des installations...

« Ce sont les mon­tagnes russes », recon­naissent Séve­rine Dejoux et Oli­vier Six. Au fond du trou il y a une semaine, les por­teurs du pro­jet Exa­lia sont aujourd’­hui « au som­met de la mon­tagne »… Tout en ayant conscience de pou­voir « redes­cendre très vite demain ». En atten­dant, l’an­cienne délé­guée CGT de Ven­co­rex et le PDG de CIC Orio savourent cette réunion qui s’est « très bien pas­sée », ce ven­dre­di 3 avril, à Ber­cy.

Lors des assises du Made in France, le ministre de l’In­dus­trie Sébas­tien Mar­tin s’é­tait enga­gé, devant Sophie Binet, à réunir tous les acteurs du pro­jet Exa­lia à Ber­cy, la semaine sui­vante.

Comme il l’a­vait annon­cé lors de sa venue aux assises CGT du « Made in France », le 26 mars, à Pont-de-Claix, le ministre de l’In­dus­trie Sébas­tien Mar­tin a réuni l’en­semble des acteurs : les por­teurs de pro­jet donc, les repré­sen­tants de la Métro­pole et de la Région, le sous-pré­fet, le direc­teur de la Direc­tion régio­nale de l’en­vi­ron­ne­ment, de l’a­mé­na­ge­ment et du loge­ment (Dreal), la BPI, la Caisse des dépôts et consi­gna­tions, la secré­taire géné­rale de la CGT Sophie Binet… L’ob­jec­tif ? Redon­ner vie au pro­jet de renais­sance indus­trielle de la pla­te­forme chi­mique de Pont-de-Claix, reje­té le 25 mars par le tri­bu­nal des acti­vi­tés éco­no­miques de Lyon (ex-tri­bu­nal de com­merce), au pro­fit du fer­railleur drô­mois All Metal.

Des discussions avec le ferrailleur la semaine prochaine

Ce der­nier — dont un repré­sen­tant était éga­le­ment pré­sent à Paris, sans man­dat pour négo­cier — s’é­tait ain­si vu attri­buer la tota­li­té des struc­tures et équi­pe­ments métal­liques, des métaux et des ins­tal­la­tions indus­trielles, les juges cédant par ailleurs une par­tie du fon­cier à Suez et PDC Che­mi­cal (filiale fran­çaise du groupe chi­nois Wan­hua, repre­neur de Ven­co­rex) et l’élec­tro­ly­seur à la socié­té Vyno­va, dans l’est de la France. Un énorme coup de mas­sue pour les pro­mo­teurs d’Exa­lia, qui dénon­çaient une déci­sion « tota­le­ment incom­pré­hen­sible » et pure­ment « finan­cière », sans logique indus­trielle.

Déci­dés à épui­ser toutes les voies de recours, le trio des por­teurs de pro­jet — Séve­rine Dejoux, Oli­vier Six et le pré­sident de la Métro­pole Chris­tophe Fer­ra­ri — avaient évo­qué ini­tia­le­ment un poten­tiel recours de la pro­cu­reure géné­rale. Solu­tion qui s’est avé­rée fina­le­ment impos­sible sur le plan juri­dique. Tout repo­sait donc sur la réunion pari­sienne de ce ven­dre­di. Una­ni­me­ment convain­cus de la « soli­di­té du pro­jet », selon Oli­vier Six, les dif­fé­rents acteurs se sont sur­tout accor­dés sur la mise en place, dans les pro­chaines semaines, « de solu­tions tech­niques et opé­ra­tion­nelles qui per­mettent de finan­cer le por­tage de la période de tran­si­tion ».

Les trois por­teurs de pro­jet désa­bu­sés le 25 mars, à Pont-de-Claix… avant de reprendre confiance moins de dix jours plus tard.

Pour jus­ti­fier son regain d’op­ti­misme, l’in­dus­triel gre­no­blois cite un échange avec Sébas­tien Mar­tin. Lors­qu’il s’est inquié­té de la « dead­line » concer­nant le sau­mo­duc et la mine de sel de Hau­te­rives, le 31 mai pro­chain, le ministre de l’In­dus­trie lui a répon­du : « On aura une solu­tion bien avant ! » Si rien n’est encore acquis, Séve­rine Dejoux informe ain­si que « des dis­cus­sions seront menées avec le fer­railleur la semaine pro­chaine ».

« Dans deux semaines, soit le projet est sûr, soit on devra arrêter »

C’est bien là en effet que se situe tout l’en­jeu. Si les offres de Suez ou Vyno­va étaient com­plé­men­taires de celle d’Exa­lia, aujourd’­hui, « le gros du sujet, c’est le fer­railleur », confirme Oli­vier Six. Car c’est bien « lui qui est pro­prié­taire des ins­tal­la­tions ». Quid des délais pour conclure un accord ? « Il faut aller très vite, répond le diri­geant de CIC Orio. Mon avis, c’est que dans deux semaines, soit le pro­jet est sûr, soit on devra arrê­ter. On a des sala­riés [NDLR : anciens de Ven­co­rex] qui arrivent en fin de droit au chô­mage et risquent de se retrou­ver au RSA. Et mon groupe a déjà inves­ti plus d’1 mil­lion d’eu­ros. »

Oli­vier Six et Séve­rine Dejoux vont main­te­nant tout faire pour par­ve­nir à « une solu­tion fiable et défi­ni­tive » cou­rant avril. Côté finan­cier, ils ne sou­haitent pas don­ner trop de détails. « Mais on a des pistes de finan­ce­ment à court terme », assure la syn­di­ca­liste. Et si tous deux res­tent pru­dents et « mobi­li­sés », on les sent revi­go­rés. L’es­poir renaît.

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