Municipales. Réélection à SMH, en position de force à Échirolles, déception à Fontaine
Par Manuel Pavard
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Comme en 2020, la « ceinture rouge » grenobloise — les trois principales communes de l’agglomération, hors Grenoble — devrait conserver deux maires communistes sur trois. Il s’agira des deux mêmes municipalités, à savoir Saint-Martin-d’Hères et très certainement Échirolles, où le suspense est quasiment éteint. Mais la gauche unie n’a en revanche pas réussi à reprendre Fontaine, perdue il y a six ans.
La meilleure nouvelle est donc venue de Saint-Martin-d’Hères, avec la réélection au premier tour du maire PCF sortant David Queiros, qui récolte 51,07 %. Un score confortable, plus de trente points devant Alexandre Lacroix (RN-UDR). Loin devant également les deux autres candidats, l’écologiste Sigrid Thomas et le centriste Paul Saou, tous deux crédités d’environ 14 % des voix. Une performance notable pour l’édile communiste, confronté pour la première fois à trois listes concurrentes.
« C’est une grande satisfaction d’avoir pu convaincre les électeurs de Saint-Martin-d’Hères, c’était déjà le cas en 2020 avec le contexte particulier du Covid. Je progresse de 1500 voix », s’est félicité David Queiros, interrogé dans les salons de la préfecture de l’Isère. Ses premiers projets ? « La continuité des services publics, leur diversité et leur qualité, et en matière de grands projets, […] je compte bien procéder à la transformation de l’avenue Gabriel-Péri en boulevard urbain ». Seul bémol à ses yeux, « l’extrême droite sera présente au conseil municipal et sera la première force d’opposition ».
Une abstention encore élevée
Toujours dans le sud de l’agglomération, Amandine Demore a quant à elle caressé un temps l’espoir d’une élection au premier tour, flirtant toute la soirée avec la barre décisive des 50 %. Mais la maire communiste sortante, tête de liste d’Échirolles ensemble, passe finalement tout proche de la qualification directe, avec près de 49 % des suffrages — excellent score néanmoins au vu du nombre de listes.

Au second tour, elle affrontera le représentant du Rassemblement national, Enzo Billon, qui atteint tout de même le score de 25 %. Reste l’inconnue Antar Labiod : le candidat de la liste LFI-Les Écologistes est en capacité de se maintenir avec 15 % des voix. Tout dépendra de sa décision en vue du dimanche 22 mars. La claque est surtout pour la socialiste Laetitia Rabih, qui échoue à moins de 10 % (environ 8,5 %).
« Presque 49 % des voix avec quatre listes de gauche [NDLR : PCF, LFI-EELV, PS, LO], je suis très satisfaite », a réagi Amandine Demore, de passage à la préfecture. Elle est toutefois légèrement déçue de la participation (45 %) : « On aurait espéré plus mais je vais m’atteler à cette abstention au second tour. Et puis, un Rassemblement national qu’on a réussi à contenir par rapport aux européennes puisqu’ils ont perdu 150 voix. » Quant aux éventuelles discussions avec Antar Labiod, il est encore « trop tôt », selon elle.
Laurent Amadieu réélu à Saint-Égrève, imbroglio dans les résultats
Après les satisfactions Saint-Martin-d’Hères et, à un degré moindre, Échirolles, on espérait également une bonne surprise en provenance de Fontaine. Malheureusement, la liste d’union de la gauche « Fontaine nous rassemble », conduite par Claudine Didier, échoue à se qualifier, avec 31 %, derrière le maire MoDem sortant Franck Longo, réélu grâce à ses 59 %. La candidature de l’ancien maire PCF Jean-Paul Trovero (9,5 %) comme les trahisons des représentants PS et Place publique locaux — ralliés à Longo — auront notamment pesé dans la balance.
Terminons enfin sur une note positive à Saint-Égrève : malgré un incroyable imbroglio à la préfecture, qui a annoncé initialement des résultats totalement inversés, le maire Laurent Amadieu, à la tête d’une liste d’union de la gauche et des écologistes, est bien réélu confortablement… Avec 59% des voix, devant son adversaire de droite, Benjamin Coiffard, qui obtient 41 %. Et non l’inverse !

