Échirolles. Amandine Demore candidate pour continuer à être « utile » aux habitants

Par Manuel Pavard

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Amandine Demore entourée d'une partie des futurs membres de sa liste, devant la Maison des associations, samedi 29 novembre au matin.
Amandine Demore a annoncé ce samedi 29 novembre sa candidature aux élections municipales 2026 à Échirolles, aux côtés de son équipe. Après avoir succédé fin 2023 à Renzo Sulli, la maire PCF briguera pour la première fois un mandat complet, avec l'ambition de poursuivre le travail entamé. Ceci, dans un souci constant de "proximité" avec les habitantes et habitants, afin de construire une ville qui "protège" et qui "rassemble".

C’é­tait qua­si­ment un secret de Poli­chi­nelle. Pour ses sou­tiens, à l’i­mage du Col­lec­tif citoyen pour Échi­rolles qui l’a­vait adou­bée lors d’une soi­rée aux faux airs de lan­ce­ment de cam­pagne, l’af­faire était même enten­due. Mais jus­qu’à pré­sent, Aman­dine Demore n’é­tait pas encore offi­ciel­le­ment can­di­date à sa réélec­tion. C’est désor­mais chose faite depuis ce same­di 29 novembre. Entou­rée de ses sou­tiens et des futurs membres de la liste, la maire d’É­chi­rolles avait convié la presse à la Mai­son des asso­cia­tions pour annon­cer son entrée en cam­pagne.

Aman­dine Demore, 48 ans, est maire d’É­chi­rolles depuis octobre 2023.

À ses côtés, des élus sor­tants comme des nou­veaux venus. Des mili­tants com­mu­nistes , une coor­di­na­trice du col­lec­tif citoyen, un insou­mis his­to­rique en rup­ture de ban avec LFI, des mili­tants asso­cia­tifs de quar­tier… Bref, « une équipe à l’i­mage d’É­chi­rolles, qui repré­sente bien les dif­fé­rents quar­tiers et l’éner­gie de cette ville », vante l’é­dile, qui avait « besoin » d’une telle « équipe, com­pé­tente et sou­dée ». Leur point com­mun ? Tous par­tagent la convic­tion qu’A­man­dine Demore est la femme de la situa­tion.

« Le futur mandat doit être co-construit avec les habitants »

On aurait presque ten­dance à l’ou­blier au vu de son acti­vi­té et de sa visi­bi­li­té, pour­tant celle-ci n’est maire « que » depuis deux ans. C’est d’ailleurs en par­tie pour la pré­pa­rer à cette échéance de mars 2026 que son pré­dé­ces­seur Ren­zo Sul­li avait trans­mis le flam­beau à son ex-pre­mière adjointe, en octobre 2023. Deux ans ont pas­sé depuis, per­met­tant à Aman­dine Demore de « prendre plei­ne­ment [ses] marques », mais aus­si de prendre goût à cette écharpe de maire et au rôle qu’elle implique.

Les élus sor­tants côtoyaient des « nou­velles têtes », moins connues média­ti­que­ment, ce same­di 29 novembre.

« J’ai décou­vert cette fonc­tion très exi­geante, qui néces­site par­fois de prendre de la hau­teur pour tou­jours défendre les ques­tions d’in­té­rêt géné­ral ; cette fonc­tion de proxi­mi­té avec les habi­tants », explique la can­di­date. Pour elle, une maire se doit en effet d’être « utile pour le ter­ri­toire, pour les habi­tants et habi­tantes ». Et d’être « là dans les bons comme dans les mau­vais moments ».

La maire insiste sur la « proxi­mi­té » avec les habi­tants, cru­ciale dans cette fonc­tion.

Aman­dine Demore insiste sur ce lien avec la popu­la­tion échi­rol­loise, évo­quant fiè­re­ment les « plus de 600 per­sonnes qui ont déjà appor­té leur sou­tien à [sa] démarche » — signa­tures récol­tées par le col­lec­tif citoyen. Les réunions publiques qui débu­te­ront dans quelques jours et se pour­sui­vront dans les trois pro­chains mois s’ins­crivent ain­si dans ce cadre. « C’est comme ça que je conçois le futur man­dat : il doit être co-construit et tra­vaillé avec les habi­tants », indique-t-elle.

Sécurité publique et santé

Quid des grandes prio­ri­tés de la liste ? Aman­dine Demore cite d’a­bord sans sur­prise « la sécu­ri­té publique », thème qu’elle a par­ti­cu­liè­re­ment por­té au niveau média­tique, à tra­vers son com­bat pour l’ou­ver­ture d’un com­mis­sa­riat de plein exer­cice à Échi­rolles ou son ini­tia­tive de fer­mer le Car­rare. Un sujet de « pro­tec­tion » fon­da­men­tal, selon elle. « On ne va rien lâcher, sans jamais tom­ber dans la stig­ma­ti­sa­tion, comme le font cer­tains », pro­met la tête de liste, rap­pe­lant que « le nar­co­tra­fic touche 80 % des com­munes en France ».

« Il faut que l’É­tat y mette les moyens au niveau des ser­vices publics », exige-t-elle. « Je suis de gauche donc je défends les ser­vices publics et les popu­la­tions subis­sant de plein fouet la vio­lence du nar­co­tra­fic, qui sont d’ailleurs les popu­la­tions les plus fra­giles », lance l’é­lue com­mu­niste.

Dis­cours lors du ras­sem­ble­ment pour la créa­tion d’un com­mis­sa­riat de plein exer­cice, en novembre 2024, com­bat qu’A­man­dine Demore a por­té au niveau natio­nal.

Autre axe majeur, « la san­té », domaine dans lequel Échi­rolles s’est mon­trée « très active », se féli­cite la maire. Et citer notam­ment l’aide finan­cière, votée en conseil muni­ci­pal, à l’ex­ten­sion du centre de san­té Vil­lage Sud ou la par­ti­ci­pa­tion finan­cière à la créa­tion du pôle de san­té et de com­merce de la Vil­le­neuve, à côté de la Butte.

La muni­ci­pa­li­té tente aus­si de « favo­ri­ser autant que pos­sible l’ins­tal­la­tion des méde­cins sur le ter­ri­toire, même si ça devient une den­rée rare », recon­naît Aman­dine Demore. Laquelle sou­ligne « l’an­goisse » res­sen­tie par nombre d’ha­bi­tants, notam­ment les per­sonnes âgées, devant les dif­fi­cul­tés à trou­ver un méde­cin trai­tant. Les repré­sen­tants de la ville d’É­chi­rolles ont récem­ment ren­con­tré le cabi­net de l’an­cien ministre de la San­té Yan­nick Neu­der « pour lui faire des pro­po­si­tions ». Affaire à suivre donc.

Pouvoir d’achat et quotidienneté

Troi­sième prio­ri­té, « le pou­voir d’a­chat ». Sur ce point, une com­mune a bien sûr « des moyens limi­tés mais quand même le pou­voir d’a­gir » à son échelle, estime la can­di­date. Exemple, la créa­tion de la mutuelle com­mu­nale qui per­met, entre autres, de « négo­cier les tarifs, le blo­cage des prix après 75 ans, la gra­tui­té dès le troi­sième enfant ».

Aman­dine Demore cite éga­le­ment la créa­tion pro­chaine d’une cui­sine cen­trale com­mune avec Gre­noble. « L’ob­jec­tif est de faire bais­ser la tari­fi­ca­tion de la can­tine pour les familles échi­rol­loises, pré­cise-t-elle. On a un modèle pro­dui­sant deux mille repas par jour, qui atteint ses limites en termes de réduc­tion des coûts. Cela per­met­tra de réa­li­ser des éco­no­mies d’é­chelle et d’al­ler vers plus de qua­li­té en déve­lop­pant encore plus l’a­li­men­ta­tion bio et locale. »

Aman­dine Demore et Éric Piolle ont annon­cé en juillet 2025 la mutua­li­sa­tion de la cui­sine cen­trale des deux villes, lors d’une visite de l’ac­tuel équi­pe­ment gre­no­blois.

Enfin, « la quo­ti­dien­ne­té pour les habi­tants ». Soit tous ces sujets pou­vant sem­bler un peu ano­dins à pre­mière vue mais aux­quels la maire d’É­chi­rolles tient beau­coup car ils concernent tous les aspects de la vie des gens. Ce sont par exemple « les nui­sances sonores noc­turnes » : la ville a ain­si récem­ment fait fer­mer le par­king situé der­rière le ciné­ma, qui était deve­nu un lieu de regrou­pe­ment pour des voi­tures la nuit. C’est aus­si « la pro­pre­té urbaine ».

« On est capables de porter des projets fous »

De manière géné­rale, regrette Aman­dine Demore, « on parle sou­vent néga­ti­ve­ment de la com­mune pour les faits divers mais pas assez pour tout ce qui se passe bien ». Pour­tant, « il y a plein de belles choses à Échi­rolles », ville qui peut comp­ter sur « une vita­li­té asso­cia­tive incroyable », avec plus de deux cents asso­cia­tions.

« On est capables de por­ter des pro­jets fous, comme on a pu le faire en accueillant l’ex­po­si­tion Bank­sy », se féli­cite l’é­dile. Pour­tant, celle-ci se sou­vient de cer­tains regards inter­lo­qués lors­qu’elle a par­lé pour la pre­mière fois d’ex­po­ser les œuvres d’une telle réfé­rence du street art, « artiste mon­dia­le­ment connu ». Résul­tat des courses : l’é­vè­ne­ment a per­mis de « faire rayon­ner Échi­rolles et d’ac­cueillir 39000 visi­teurs, plus que la popu­la­tion de la ville » [NDLR : qui est d’en­vi­ron 37 000 habi­tants].

L’ex­po­si­tion Bank­sy a connu un énorme suc­cès, avec 39 000 visi­teurs recen­sés à Échi­rolles.

Aman­dine Demore a conscience que des défis de taille attendent la future équipe muni­ci­pale. À com­men­cer par le dérè­gle­ment cli­ma­tique auquel aucun ter­ri­toire n’é­chap­pe­ra, de sur­croît en zone urbaine. La ville d’É­chi­rolles s’y confronte déjà, rap­pelle sa pre­mière magis­trate : « On a beau­coup œuvré avec les bailleurs pour réha­bi­li­ter les quar­tiers popu­laires, on végé­ta­lise, on plante des arbres, on amène de l’eau… »

« Je ne renonce pas à cette union de la gauche »

Cette com­mune d’É­chi­rolles, qui a déjà « échap­pé à sa des­ti­née de deve­nir une ville dor­toir », la can­di­date veut en faire une ville pro­tec­trice, « une ville qui ras­semble ». Une ambi­tion qui concerne la popu­la­tion, mais aus­si son camp poli­tique. « Je suis très atta­chée au ras­sem­ble­ment des forces de gauche », affirme Aman­dine Demore, qui rap­pelle avoir lan­cé un appel en ce sens dès sa prise de fonc­tion. Il y a urgence, d’a­près elle, d’au­tant que « l’ex­trême droite est plus que jamais en embus­cade, au niveau local comme dans le pays ».

Pro­blème, sa vision n’est pas par­ta­gée una­ni­me­ment au sein de la gauche échi­rol­loise. Si les dis­cus­sions avec le PS et avec son adjointe Laë­ti­tia Rabih sont actuel­le­ment en bonne voie, selon la maire, les choses sont beau­coup plus com­pli­quées avec la France insou­mise, qui a inves­ti Antar Labiod. Une can­di­da­ture qui reflète les divi­sions locales du mou­ve­ment avec d’un côté, des élus LFI sié­geant dans l’op­po­si­tion, de l’autre, le groupe des insou­mis uni­taires, membre de la majo­ri­té.

Zaïm Bou­hafs (à gauche, aux côtés de Syl­vette Rochas), pré­sident du groupe des insou­mis uni­taires, sou­tient de nou­veau Aman­dine Demore en 2026, contrai­re­ment à LFI.

Le pré­sident du groupe, Zaïm Bou­hafs, est d’ailleurs pré­sent ce same­di aux côtés d’A­man­dine Demore. Celui qui a créé le pre­mier groupe d’ac­tion insou­mis sur le ter­ri­toire a depuis été sus­pen­du par LFI. « Mais ça ne change rien à mes convic­tions de gauche », assure-t-il. Sans citer les insou­mis ni Antar Labiod, Aman­dine Demore évoque, elle, « des stra­té­gies natio­nales de la part de cer­tains. Je le déplore », ajoute-t-elle. Pour autant, elle « conti­nue à lan­cer ce mes­sage. Je ne renonce pas à cette union de la gauche… »

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