Roussillon. Près de 300 manifestants dans le cortège du 1er Mai
Par Daniel Oriol
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C’est au rythme de la Batucada de Jarcieu que s’est élancé le cortège de quelque 300 manifestant·es, vendredi 1er mai, à Roussillon. La manifestation fut gaie bien que le climat, tant international que national, ne se prête pas à être joyeux. C’est d’ailleurs ce qu’Anthony Martinez, secrétaire de l’union locale CGT Roussillon / Beaurepaire, a tenu à clamer lors de son discours.

Bien sûr, il aborda la tentative du gouvernement, téléguidé par le patronat, de légiférer pour supprimer le 1er Mai, jour chômé et payé. Le 1er Mai n’est pourtant pas un jour férié comme les autres. C’est en effet le jour décidé internationalement pour la commémoration de tous les morts ayant lutté pour leurs revendications salariales. Héritage qu’il s’agit aussi de perpétuer, afin de conquérir de nouveaux droits. Avancer le volontariat comme alibi démontre la volonté d’un patronat décomplexé, prêt à imposer le travail du 1er Mai sans revalorisation.
Plutôt que de supprimer un jour férié, Sophie Binet demande d’ailleurs l’instauration d’un jour férié supplémentaire. La secrétaire générale de la CGT réaffirme ainsi le rôle et la place d’une organisation syndicale qui porte et assume les luttes féministes, en réclamant l’instauration du 8 mars comme jour férié et chômé. Ce qui permettrait de remettre en évidence une lutte trop souvent reléguée à une simple « journée de la femme », occultant les combats menés par des centaines de femmes qui revendiquent, à juste titre, l’égalité entre les femmes et les hommes.
Appel à la mobilisation et cap sur 2027
Anthony Martinez évoqua ensuite dans son discours la paix partout sur la planète. Car les guerres impérialistes tuent pendant que les actionnaires s’enrichissent.

Puis le secrétaire de l’UL enchaîna sur la défense de la Sécurité sociale : 80 ans après sa création, jamais notre modèle de protection sociale n’a été autant attaqué. Nous devons donc nous mobiliser toutes et tous pour défendre, coûte que coûte, notre bien commun, notre Sécu. Le constat s’impose en effet. Notre système de santé, financé par la Sécurité sociale, est démantelé pierre par pierre au profit du privé lucratif. Les déserts médicaux plongent des millions de personnes dans une précarité sanitaire inacceptable.
Le représentant syndical termina son discours par l’évocation des prochaines présidentielles. Avec un rappel tout d’abord : celui d’un mandat marqué par la montée de l’extrême droite, alors que le macronisme avait fait campagne pour être le rempart aux idées nauséabondes de ce courant.
Les échéances de 2027 doivent mobiliser toute la gauche. Il est urgent de mettre fin aux guerres d’ego et de construire une candidature unique, avec un programme de rupture, un programme des « Jours heureux » bis, où l’humain prime sur le capital. Après les applaudissements nourris, les manifestant·es entonnèrent Le Chiffon rouge.


