Échirolles. Amandine Demore : « Faisons gagner une ville protectrice et solidaire »

Par Manuel Pavard

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Amandine Demore, entourée de ses colistières et colistiers, lors de la réunion publique de fin de campagne, à la salle des fêtes d'Échirolles.
La liste Échirolles ensemble, conduite par Amandine Demore, tenait ce jeudi 12 mars sa dernière réunion publique, devant près de 500 personnes, à trois jours du premier tour des municipales. Soutenue par plusieurs élus PS et écologistes - à rebours des positions officielles de leurs partis respectifs -, la maire PCF et candidate a loué le travail de ses colistières et colistiers, présents à ses côtés, et vanté son "programme ambitieux", se posant en "barrage contre l'extrême droite". Ce, non sans déplorer le climat délétère de la campagne échirolloise.

Sa voix, en pro­non­çant ses pre­miers mots, tra­his­sait une « émo­tion » qu’elle a volon­tiers recon­nue, fière de la com­po­si­tion et de l’en­ga­ge­ment de cette « liste à l’i­mage d’É­chi­rolles ». Entou­rée de ses qua­rante colis­tières et colis­tiers, Aman­dine Demore s’est adres­sée une ultime fois à ses quelque 500 par­ti­sans ras­sem­blés, ce jeu­di 12 mars au soir, à la salle des fêtes d’É­chi­rolles, pour sa réunion publique de fin de cam­pagne. La quin­zième et der­nière orga­ni­sée par Échi­rolles ensemble, à trois jours du pre­mier tour des élec­tions muni­ci­pales.

Les 41 membres (Aman­dine Demore incluse) de la liste Échi­rolles ensemble ont été pré­sen­tés un par un au public.

L’oc­ca­sion pour la tête de liste et maire PCF de saluer les dif­fé­rents élus venus la sou­te­nir. D’autres com­mu­nistes, à l’i­mage de son pré­dé­ces­seur Ren­zo Sul­li — auquel elle a suc­cé­dé en octobre 2023 — ou du conseiller régio­nal Éric Hours. Mais aus­si des éco­lo­gistes, comme le maire de Gre­noble Éric Piolle — qui a fait une appa­ri­tion en début de soi­rée — ou celui de Cham­pa­gnier, Florent Cho­lat, et des socia­listes, à l’ins­tar de Guillaume Lis­sy, maire de Seys­si­net-Pari­set. Une prise de posi­tion notable de leur part alors que le PS et Les Éco­lo­gistes sou­tiennent res­pec­ti­ve­ment Lae­ti­tia Rabih et l’in­sou­mis Antar Labiod.

« Le rôle de la gauche, c’est de s’u­nir et se ras­sem­bler. Quand l’ex­trême droite est aux portes du pou­voir, quand les fas­cistes, par­tout dans le monde, prennent des res­pon­sa­bi­li­tés, nous n’a­vons pas le droit de nous divi­ser. »

Avant de pré­sen­ter un par un les membres de la liste, les adjoints échi­rol­lois Auré­lien Farge et Pierre Labriet, ani­ma­teurs de la soi­rée — et eux-mêmes colis­tiers de leur édile -, ont d’ailleurs trans­mis le micro à Guillaume Lis­sy et Florent Cho­lat. Espé­rant pour­suivre sa col­la­bo­ra­tion avec Aman­dine Demore, « femme cou­ra­geuse et intègre », le pre­mier nom­mé s’est expri­mé « en tant que maire, homme de gauche et mili­tant socia­liste », glis­sant une pique aux ins­tances du PS.

Guillaume Lis­sy, maire PS de Seys­si­net-Pari­set, sou­tient Aman­dine Demore.

« Le rôle de la gauche, c’est de s’u­nir et se ras­sem­bler. Quand l’ex­trême droite est aux portes du pou­voir, quand les fas­cistes, par­tout dans le monde, prennent des res­pon­sa­bi­li­tés, nous n’a­vons pas le droit de nous divi­ser », a ain­si assé­né Guillaume Lis­sy. Et de rap­pe­ler que, mal­gré les dif­fé­rences entre par­tis, « ce qui nous ras­semble est plus fort que ce qui nous divise ».

Florent Cho­lat, maire éco­lo­giste de Cham­pa­gnier, éga­le­ment aux côtés d’A­man­dine Demore.

Comme son homo­logue de Seys­si­net-Pari­set, Florent Cho­lat s’est démar­qué, par sa simple pré­sence ce jeu­di soir, de son par­ti, Les Éco­lo­gistes. Sou­li­gnant la qua­li­té de leur tra­vail com­mun à la Métro­pole, le maire de Cham­pa­gnier a appor­té son « sou­tien plein et entier » à Aman­dine Demore. « On a des valeurs com­munes de soli­da­ri­té, d’en­traide, et un res­pect très impor­tant », a‑t-il ajou­té, appe­lant les élec­teurs à leur « per­mettre de pour­suivre ce tra­vail, dès le dimanche 15 mars ».

« Le choix de l’unité »

Recon­nais­sante pour le posi­tion­ne­ment de ses col­lègues pre­miers magis­trats, Aman­dine Demore a éga­le­ment tenu à remer­cier celles et ceux qui, sur sa liste, ont « fait le choix de l’u­ni­té contre des déci­sions prises natio­na­le­ment sans connaître le contexte local et les forces en pré­sence ». Déci­sions qu’elle juge « décon­nec­tées du réel ». Citant les noms de ses colis­tiers concer­nés, la can­di­date a notam­ment salué « les insou­mis uni­taires qui refusent la divi­sion » ain­si que « les socia­listes qui ont refu­sé l’a­ven­ture per­son­nelle et oppor­tu­niste por­tée par la liste Vivre unis ». Sans oublier le mili­tant éco­lo­giste Antoine Flé­chet, conseiller muni­ci­pal gre­no­blois ayant ral­lié Échi­rolles ensemble.

Cette liste, qui com­prend éga­le­ment des mili­tants com­mu­nistes et des citoyens n’ap­par­te­nant à aucun par­ti, repré­sente « toute la diver­si­té d’É­chi­rolles », a‑t-elle indi­qué. « Ces dif­fé­rentes sen­si­bi­li­tés poli­tiques sont ras­sem­blées pour un même objec­tif : pro­té­ger les habi­tants et habi­tantes, défendre les ser­vices publics et agir pour la jus­tice sociale et éco­lo­gique. »

Auré­lien Farge et Pierre Labriet, adjoints à la maire d’É­chi­rolles, colis­tiers et éga­le­ment ani­ma­teurs impro­vi­sés.

Aman­dine Demore a aus­si loué l’en­ga­ge­ment de son équipe, pré­sente « toute l’an­née, au quo­ti­dien, sur le ter­rain ». Des per­sonnes qui ont mené, depuis des mois, « une cam­pagne d’une inten­si­té rare », enchaî­nant quinze réunions publiques, des porte-à-porte tous les soirs, des déam­bu­la­tions, des trac­tages sur les mar­chés… « On a fait le choix d’une cam­pagne de proxi­mi­té », a abon­dé Auré­lien Farge, qui s’est notam­ment féli­ci­té du nombre de dons appro­chant au total les 10 000 euros.

Une « violence politique jamais vue » à Échirolles

Intense, cette cam­pagne s’est mal­heu­reu­se­ment dis­tin­guée par ailleurs par son cli­mat par­ti­cu­liè­re­ment délé­tère. Aman­dine Demore a ain­si évo­qué une « vio­lence poli­tique comme [elle n’en avait] jamais vue » à Échi­rolles. Certes, « la conflic­tua­li­té fait par­tie de la poli­tique. Mais les coups bas, les attaques per­son­nelles, les insi­nua­tions, les men­songes, les fake news, col­por­tés volon­tai­re­ment par des oppo­sants d’op­por­tu­ni­té, je ne peux m’y résoudre », a‑t-elle déplo­ré.

Dans son viseur, la can­di­date PS Lae­ti­tia Rabih, pour­tant élue au sein de la majo­ri­té muni­ci­pale. « Son équipe a ten­té de calom­nier mes colis­tiers par voie de presse », a en effet accu­sé la maire PCF. « L’en­ne­mi de Lae­ti­tia Rabih, ce n’est pas l’ex­trême droite, c’est nous », a‑t-elle affir­mé, iro­ni­sant sur cette tête de liste qui « quitte la ville pour le confort sup­po­sé d’un petit vil­lage voi­sin et ne revient s’ins­tal­ler à Échi­rolles que quelques mois avant les élec­tions ».

« Notre véritable ennemi politique, c’est le RN »

Mal­gré les attaques de cette ancienne alliée, la liste Échi­rolles ensemble ne se trompe pas de com­bat, assure Aman­dine Demore. « Notre véri­table enne­mi poli­tique, c’est le RN » qui, pen­dant ce temps-là, « conti­nue tran­quille­ment son che­min ». Elle l’a d’ailleurs mar­te­lé à la fin de son inter­ven­tion : « Face à l’ex­trême droite, le bar­rage, c’est nous ; la résis­tance, l’es­poir, c’est nous. » Le dan­ger est clai­re­ment iden­ti­fié : « Le RN au pou­voir ici, c’est le risque de dis­pa­ri­tion de notre ADN. C’est l’i­né­ga­li­té de trai­te­ment entre les quar­tiers. C’est la fin de ‘la répu­blique au coin de la rue’. Il faut faire de nos com­munes des terres de résis­tance. »

Les quelque 500 per­sonnes pré­sentes se sont réunies autour d’un ban­quet, après le dis­cours d’A­man­dine Demore.

Mon­tée de l’ex­trême droite, crise sociale et éco­lo­gique… « Je mesure la gra­vi­té du moment, a admis la can­di­date. Mais je crois pro­fon­dé­ment en la force d’É­chi­rolles. » Pour affron­ter ces menaces, elle mise sur un « pro­gramme ambi­tieux ». Un pro­jet qui répond à « des aspi­ra­tions très concrètes : mieux vivre, mieux se dépla­cer, mieux res­pi­rer, mieux se pro­té­ger, mieux voir gran­dir et s’é­pa­nouir ses enfants ». Et un pro­jet où « per­sonne ne doit être lais­sé de côté ».

Devant le public conquis de la salle des fêtes, Aman­dine Demore a ain­si dérou­lé les grandes lignes de son pro­gramme, détaillant une par­tie des nom­breuses mesures pro­po­sées — liste non exhaus­tive. Pour les aînés avec le por­tage de repas ou les aides per­son­na­li­sées. Le sou­tien au pou­voir d’a­chat avec la baisse des tarifs de la can­tine pour les enfants et le gel du taux com­mu­nal des impôts locaux. Sur le plan de la san­té, avec la volon­té de créer deux centres de san­té. Face au chan­ge­ment cli­ma­tique avec la pro­duc­tion d’éner­gies locales renou­ve­lables — grâce notam­ment aux deux cen­trales pho­to­vol­taïques -, le plan fraî­cheur et la végé­ta­li­sa­tion des cours d’é­cole, la créa­tion de nou­veaux parcs, la plan­ta­tion de mille arbres sup­plé­men­taires…

« Aucune voix ne doit manquer dimanche »

Et puis, impos­sible de ne pas citer la sécu­ri­té, « un ser­vice public » ren­du à la popu­la­tion, auquel l’é­dile s’est mon­trée par­ti­cu­liè­re­ment sen­sible durant le man­dat actuel. Dans ce domaine, elle refuse à la fois de « fer­mer les yeux » et d’ap­prou­ver « les dis­cours de gros bas et de tolé­rance zéro ». « Nous conti­nue­rons la bataille pour un com­mis­sa­riat de plein exer­cice, tout en ren­for­çant la pré­ven­tion », a pro­mis la can­di­date à ses élec­teurs. Avant de leur annon­cer avoir enfin obte­nu une réponse du ministre de l’In­té­rieur, qui a mis « à l’é­tude » sa pro­po­si­tion de créa­tion du com­mis­sa­riat. Un com­bat glo­bal qui a conduit les tra­fi­quants à s’im­pli­quer dans cette cam­pagne, allant jus­qu’à incen­dier sa voi­ture de ser­vice. « Ils n’ont aucun inté­rêt à nous voir gagner », a‑t-elle sou­li­gné, attes­tant de sa « déter­mi­na­tion ».

La soi­rée s’est ter­mi­née en musique.

À trois jours du scru­tin, Aman­dine Demore a ache­vé son dis­cours par un appel lan­cé à l’en­semble de ses colis­tiers, mili­tants et sym­pa­thi­sants : « Aucune voix ne doit man­quer dimanche. Rame­nons aux urnes ceux qui hésitent. (…) Les 15 et 22 mars, fai­sons gagner une ville pro­tec­trice et soli­daire. » Une par­faite conclu­sion, avant de pour­suivre la soi­rée par un ban­quet et des concerts.

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