Grenoble. Alain Carignon, Valentin Gabriac et l’UNI : les liaisons dangereuses
Par Travailleur Alpin
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La digue qui existait auparavant entre la droite dite « républicaine » et l’extrême droite est déjà en train de rompre de toutes parts, notamment en Auvergne-Rhône-Alpes, laboratoire de cette union des droites, sous l’impulsion de Laurent Wauquiez. Et sans surprise, Grenoble n’échappe pas à cette tendance. Illustration avec les révélations du NPA-Révolutionnaires pointant ce mardi 10 février dans un communiqué, photo à l’appui, les liens entre Alain Carignon, Valentin Gabriac et un militant de l’UNI Grenoble se trouvant aujourd’hui dans l’œil du cyclone.
Ce dernier a en effet agressé et menacé plusieurs étudiant-es le 3 février dernier, lors des élections du Crous, sur le campus de Saint-Martin‑d’Hères, à proximité de l’arrêt de tram Bibliothèque universitaire. « Des menaces de mort et de viol, accompagnées d’insultes sexistes, ont été proférées à plusieurs reprises, notamment à travers des propos tels que : ‘Je vais tous vous planter, bande de salopes’. Plusieurs coups ont également été portés », dénonçaient les syndicats de l’Université Grenoble Alpes (Unef, UEG, Solidaires, CGT, FSU) dans un communiqué daté du 5 février.
« Aucune réponse et aucune condamnation »
Or, ce militant de l’UNI apparaît aux côtés d’Alain Carignon et de Valentin Gabriac — ainsi que d’autres personnalités de droite — sur une photo prise lors de l’apéro de rentrée de l’UNI Grenoble, en septembre 2024. Les candidats respectifs des Républicains et du Rassemblement national ont donc été interpellés publiquement à ce propos lors du débat public organisé jeudi 5 février, à Saint-Bruno, dans le cadre de la campagne municipale.
C’est Baptiste Anglade, candidat du NPA‑R à Grenoble, qui a interrogé Alain Carignon et Valentin Gabriac. « Il leur a posé une question simple : ce militant, qui a agressé une étudiante et proféré des menaces de mort contre plusieurs autres, se situe-t-il du côté des Républicains ou du RN ? Malgré plusieurs relances, aucune réponse et aucune condamnation », s’insurge le parti. Lequel rappelle par ailleurs que « plusieurs membres ou anciens responsables de l’UNI participent activement à leurs campagnes » [NDLR : de ces deux listes].
« En refusant de condamner ces faits, M. Carignon et M. Gabriac assument politiquement leur proximité avec l’extrême droite étudiante », conclut le NPA‑R dans son communiqué. Une porosité déjà matérialisée dans certaines communes iséroises où des maires et têtes de liste de droite n’hésitent plus à sauter le pas, à l’instar de Franck Longo qui accueille dans son équipe, à Fontaine, des élus flirtant avec les positions d’extrême droite.


