Échirolles. Mobilisation contre la répression visant le syndicaliste Baptiste Anglade
Par Manuel Pavard
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Les termes pourraient presque prêter à sourire si le ridicule de la situation ne cachait pas une répression syndicale aussi dangereuse qu’inquiétante. « Selon le policier qui m’a interrogé, la direction d’Ocellia me qualifie de faiseur de troubles », ironise Baptiste Anglade. Convoqué mercredi 5 février au poste de police d’Échirolles, l’éducateur spécialisé, syndiqué à la CGT, a appris les réels motifs de la plainte déposée par l’institut de formation en travail social : « On m’accuse d’intrusion dans l’école, pour avoir tenu un piquet de grève le 10 septembre. » Jour de mobilisation pour les étudiants d’Ocellia et l’ensemble des salarié du social et du médico-social.

Face à cette convocation ubuesque, près de cinquante organisations (syndicats, associations, partis politiques) appelaient à un rassemblement sur les lieux, ce mercredi midi, pour apporter leur soutien à Baptiste Anglade. Syndicalistes CGT et Unef, étudiante à Ocellia, représentant de la Confédération paysanne, militants de gauche et d’extrême gauche… Les orateurs successifs ont tous évoqué la répression — policière et judiciaire — croissante à l’encontre des luttes sociales, syndicales, écologiques.

Questionné par la police sur les faits incriminés, Baptiste Anglade a assumé son action. « Ma réponse ? Je suis syndicaliste, quand des collègues m’appellent pour demander du soutien, j’y vais avec mes camarades, explique-t-il. On était plusieurs dizaines ce jour-là, c’est scandaleux d’avoir engagé des poursuites contre moi ensuite ! »
« Criminaliser l’action syndicale et politique »
Sa candidature pour les élections municipales, à la tête de la liste du NPA-Révolutionnaires, « Grenoble ouvrière et révolutionnaire », a‑t-elle pesé dans la balance ? Difficile d’y voir une coïncidence, selon Baptiste Anglade, qui pointe une volonté de « faire un exemple et faire peur ». Mais aussi de « criminaliser l’action syndicale et politique », afin de « faire taire les voix des travailleurs ».

Devant cette offensive, « la seule réponse, c’est la mobilisation », clame le travailleur social, saluant les manifestants, et notamment les quelques élus et candidats de gauche venus le soutenir à Échirolles. « Cela montre que, malgré nos nuances et nos désaccords, on peut construire l’unité contre la répression », souligne-t-il.

Quid de la suite maintenant ? Baptiste Anglade a reçu une convocation devant le délégué du procureur, le 16 avril prochain, pour un « classement sous conditions en vue d’un avertissement pénal probatoire ». « Ils veulent sans doute me faire admettre que je suis coupable de l’intrusion », suppose le syndicaliste. Ce qui est bien sûr hors de question pour lui. Sans surprise, son avocat, Me Arnaud Levy-Soussan, « plaidera la relaxe », annonce-t-il.



