La Rampe — Échirolles. Sous les fleurs

Par Régine Hausermann

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Un spectacle qui interroge la notion de genre, à travers la figure des Muxes au Mexique. © Frédéric Iovino
Mardi 9 décembre 2025 – Le chorégraphe Thomas Lebrun présente un spectacle d’une grande beauté plastique, inspiré par sa rencontre avec les Muxes, communauté non genrée du sud du Mexique. Cinq danseurs portant des robes traditionnelle et des couronnes de fleurs, évoluant avec lenteur, évoquent ces "hommes au cœur de femme ". Une exploration sensible de la féminité masculine, une revendication politique de la différence.

Elles appa­raissent dans leurs robes aux motifs fleu­ris et somp­tueux — qui évoquent Fri­da Kah­lo -, altières, se dépla­çant avec len­teur dans une large pièce bai­gnée de noir aux parois vive­ment éclai­rées par moments. Des quatre portes sur­gissent des airs de fête qui ne semblent pas les concer­ner. Elles com­mu­niquent entre elles, déli­ca­te­ment, ten­dre­ment, des­si­nant de larges mou­ve­ments, éclai­rées par les superbes lumières de Fran­çoise Michel.

Les Muxes sont consi­dé­rées comme un troi­sième genre dans la culture zapo­tèque. Elles sont des figures à la fois res­pec­tées et mar­gi­na­li­sées. On leur réserve dans cette socié­té matri­li­néaire les mêmes droits et devoirs qu’aux femmes, mais elles ne sont pas auto­ri­sées à se marier. Paral­lè­le­ment à la danse se fait entendre une voix en espa­gnol, celle de Feli­na San­tia­go Val­di­vie­so, une des Muxes les plus enga­gées, expri­mant ses opi­nions. On regrette que ces textes n’aient pas été sur­ti­trés. Ils ont cepen­dant été dif­fu­sés en fran­çais sur un élé­gant dépliant car­ton­né lors du spec­tacle.

Un exemple : « Et bien moi, je pense que chaque per­sonne doit déci­der de com­ment vivre sa vie, de quelle façon elle va la mener, la res­pon­sa­bi­li­té qu’elle a d’être heu­reuse, parce que dans beau­coup d’endroits du monde, les gens se cachent, ne vivent pas leur vie comme ils veulent ou comme ils le dési­rent et ici, même si c’est un endroit très éloi­gné, plein d’ignorance, on a des per­sonnes qui prennent la déci­sion d’être heu­reuses. »

Les bruits de la ville qui pénètrent par les quatre portes laissent entendre la vio­lence exté­rieure et sans doute celle qui frappe leur propre famille, dans un Mexique machiste, mar­qué par le crime. Sous les fleurs offre une oasis de beau­té et de déli­ca­tesse, un rêve de coexis­tence entre humains.

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