Les enjeux des JOP de 2030
Par Maryvonne Mathéoud
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Trois thèmes ont été abordé dans la soirée : les enjeux sportifs et éducatifs des Jeux olympiques et paralympiques, les enjeux économiques et sociaux (enjeux environnementaux et démocratiques à travers l’exemple des transports ferroviaires, ces mêmes enjeux à travers l’exemple du logement en zone de montage.
En introduction, Nicolas Bonnet pose la question : « Quel message politique la France doit porter pour ces Jeux olympiques et paralympiques (JOP) ? Nous vivons des situations catastrophiques avec la montée des guerres partout dans le monde. Les questions de l’olympisme sont des questions de paix, de lien entre les êtres humains par le sport, de partage, de solidarité, de fraternité. Ces valeurs progressistes ont été portées lors des JOP de Paris. La cérémonie d’ouverture a marqué les esprits et a été critiquée par les plus conservateurs et l’extrême droite au niveau mondial. »
Le deuxième problème soulevé est que le sport est en souffrance dans toute la France par un manque budgétaire criant. Sous investissement du gouvernement en direction des collectivités et sous investissement des communes.
« Nous nous sommes engagés à Paris en 2024 pour le sport pour tous, source d’émancipation. Le coût de la licence est la première barrière pour l’accès au sport. Quelles seront les retombées des JOP, en quoi les JOP vont permettre plus d’accès aux sports à toutes et tous par exemple : est ce que les enfants et les familles de nos villes en Isère vont pourvoir accéder aux sports de la neige ? L’héritage des JOP ne peut pas être que matériel », indique Nicolas Bonnet
Réduire l’empreinte carbone
Les autres sujets sont les enjeux environnementaux et sociaux. Il faut réfléchir à réduire l’empreinte carbone avec des aménagements qui prennent en compte le réchauffement climatique et le respect de l’environnement. Pour le Comité international olympique, la France est le pays où il y a le plus d’infrastructures pour la pratique des sports d’hiver avec quelques manques comme le patinage de vitesse – qui seront sans doute organisés aux Pays-Bas, compte tenu de l’infrastructure disponible dans ce pays.
« Pour les JOP de Paris nous avons investi fortement pour le traitement de l’eau dans la Seine et un demi million de personnes s’y sont baignées. Nous avons défini une charte sociale (zéro mort au travail) porté par la CGT bâtiment puis par Bernard Thibaut. Les questions des travailleurs sans papier, de l’interim, de la sous traitance ont été traitées. Un des héritage des JOP de Paris est que nous avons élargi la charte sociale pour toutes les commandes publiques », explique Nicolas Bonnet.
L’accès aux sports, une volonté politique
Reste la question de la difficulté d’avoir accès à une pratique sportive. « Il y a plusieurs raisons ; le manque de temps libre (aménagement du temps de travail, retraite à 60 ans…), le coût de la pratique du sport, le manque d’équipements sportifs, le manque d’animateurs », note Nicolas Bonnet. L’école est le premier lieu où tous les enfants ont accès au sport gratuitement. D’où l’intérêt des classes découvertes. « L’un des héritage des JOP pourrait être que tous les enfant aillent en classe de mer ou de montagne. »
Ce qui implique une volonté politique. « Pour les JOP de Paris il y a eu un héritage construit par la ville de Paris la Seine-Saint-Denis, mais pas par l’État, déplore Nicolas Bonnet, pour les gouvernement de droite il s’agit d’abord de faire passer les intérêts privés avant les intérêts collectifs. »
Pour Gilles Fournel la CGT prend à bras le corps les enjeux des JOP 2030 afin qu’ils correspondent aux standards sociaux de la France comme ça était le cas pour Paris. La charte sociale, partie intégrante du dossier de candidature pour les JOP à Paris, a permis la réussite des jeux dans des conditions très correctes.
Chartre sociale
Les JO de 2024 ont été préparés en dix ans sur une commune. Pour 2030, le contexte est largement différent avec des délais beaucoup plus restreints et avec deux régions pour une seule candidature. C’est dans ces conditions que la chartre sociale doit être validée par les organisateurs. « Ce n’était pas le cas pour Paris, puisqu’elle était incluse dans le dossier candidature et avec un contexte politique et économique largement dégradé depuis », déplore Gilles Fournel. Sur la charte des jeux de 2024, il y a eu des avancées considérable sur la sécurisation des chantiers et les conditions de travail.
« Concernant la question sécuritaire, elle a été démesurée. On a eu des moments ou la ville était complètement fermée. Il y a eu des questions de liberté problématiques. On a eu 15 000 militaires et une base militaire construite à Paris. Les gouvernements de droite veulent mettre en avant de nouvelles règles pour restreindre les libertés. Ce n’est pas forcement lié à l’olympisme mais au pouvoir »,rappelle Gilles Fournel.
Aux JOP de Paris il y a eu un réel engouement très important pour les jeux paralympiques. Mais pour développer la pratique du sport paralympique il faut investir massivement. C’est un rapport de force politique et économique.
Pour les retombées positives des JO il faut tenir compte des retombées écologiques et sociales pour le plus grand nombre. Par exemple, 40 % des enfants d’Autrans ne peuvent pas accéder aux pratiques du ski.
Rénover les logements en montagne
Autre problème, il faut réfléchir aux transports moins coûteux et moins polluant, penser à la gestion des parkings, réorganiser le transport ferroviaire. Il faudra gérer les installations démesurées pour les villages. La loi montagne doit être au service de la population locale. Les citoyens doivent être associer aux décisions et aux projets de la montagne. Le sujet de la démocratie locale et central, c’est essentiel pour défendre et faire vivre ces structures.
Pour Henriette Picchioni, quel sera l’héritage des JOP de 2030 ? Il faut préserver la nature notamment en rénovant des bâtiments (objectif : rénover 2500 logements d’ici 2030) et en construisant des logements écologiques, avec une isolation performante pour l’hiver mais aussi pour les grandes chaleurs. Puis après les JO il faut les rendre accessibles à tous surtout aux saisonniers et aux jeunes qui travaillent dans les villages et qui peinent à se loger mais aussi des logements intergénérationnels. Les logements seront à la vente ou à la location. Il faut également développer des espaces publics tels que des crèches, des parcs, des écoles, des commerces…. À Villard-de-Lans il y a 60 % de résidences secondaires. Un projet à l’étude prévoit de mettre en location ces logements en échange de services.


