Exposition Vénus à Grenoble : prévention, création et solidarité dans la lutte contre le cancer du sein

Par Didier Gosselin

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Le public a pu admirer les œuvres lors du vernissage, ce samedi 5 octobre, à l'ancien musée de peinture.
L'ancien musée de peinture, à Grenoble, accueille jusqu'au 19 octobre l'exposition Vénus, portée par le centre d'art Spacejunk. Principal objectif : sensibiliser les femmes à l'importance de la prévention et du dépistage du cancer du sein. Une initiative qui fait écho à la pétition initiée par le PCF pour le remboursement intégral des soins liés à cette maladie.

Le public est venu en nombre à l’ancien musée de Pein­ture, ce same­di 5 octobre, pour le ver­nis­sage de l’exposition Vénus. Soit 96 œuvres pré­sen­tées par le Spa­ce­junk Art Cen­ters de Gre­noble, jusqu’au 19 octobre, et réa­li­sées dans le cadre d’une large action artis­tique de sen­si­bi­li­sa­tion, Vénus 2024, par 45 artistes et 51 femmes ren­con­trées dans des struc­tures soli­daires. Le thème ? La pré­ven­tion du can­cer du sein, le pro­jet étant inté­gré à Octobre rose, la cam­pagne mon­diale de lutte contre cette mala­die.

L’ex­po­si­tion s’ouvre dans un contexte par­ti­cu­lier. La loi visant à la prise en charge inté­grale des soins liés au trai­te­ment du can­cer du sein par l’assurance mala­die, pré­sen­tée par Fabien Rous­sel (PCF — groupe Gauche démo­crate et répu­bli­caine) et adop­tée le 30 mai 2024 par les dépu­tés, a en effet été ren­due caduque par la dis­so­lu­tion de l’Assemblée natio­nale (cf péti­tion de relance ci-des­sous). Or, la réa­li­té concrète de cette mala­die se tra­duit par la per­sis­tance des inéga­li­tés sociales dans l’accès aux soins et à la pré­ven­tion.

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Les œuvres expo­sées visent notam­ment à sen­si­bi­li­ser à la pré­ven­tion et au dépis­tage du can­cer du sein.

Les malades doivent ain­si faire face à des dépenses très impor­tantes, mal­gré le 100 % ALD (Affec­tion longue durée). Au total, « la fac­ture (…) pour le panier de “soins de sup­port”, ter­mi­no­lo­gie offi­cielle depuis 2005, qui concerne des pres­ta­tions et des pro­duits par­tiel­le­ment pris en charge, voire pas du tout, tels que les pro­thèses capil­laires, les soins esthé­tiques (crèmes, ver­nis, gels…), les acti­vi­tés phy­siques adap­tées, les séances de kiné­si­thé­ra­pie, d’acupuncture, d’ostéopathie, le sui­vi psy­cho­lo­gique, la réflexo­lo­gie plan­taire, la sophro­lo­gie… se chiffre sou­vent en mil­liers d’euros », indi­quait le texte.

À cette somme s’ajoutent, entre autres, tous les frais sup­plé­men­taires affé­rents à la chi­rur­gie lorsque celle-ci s’impose, notam­ment la recons­truc­tion mam­maire, non prise en charge à 100 %. Ce qui pose cruel­le­ment la ques­tion des inéga­li­tés sociales en matière de san­té. « Pour les caté­go­ries socio­pro­fes­sion­nelles pré­caires, ce reste à charges peut créer ou ren­for­cer une situa­tion déjà dif­fi­cile », sou­li­gnait le texte de loi.

L’exposition « brise les tabous entourant le cancer du sein »

Par son appel à créa­tion, le pro­jet Vénus Isère, lan­cé en 2016, pour­suit plu­sieurs objec­tifs qui font écho à ce pro­jet de loi. L’un d’eux vise à la prise de conscience du public face à la pré­ser­va­tion de sa san­té, à tra­vers un sui­vi régu­lier sur le plan médi­cal et une meilleure infor­ma­tion autour du dépis­tage. C’est notam­ment le sens de cette belle expo­si­tion, « qui brise les tabous entou­rant le can­cer du sein, en uti­li­sant la force expres­sive de l’art pour sen­si­bi­li­ser, encou­ra­ger et infor­mer les femmes sur l’importance de la pré­ven­tion et du dépis­tage ».

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Le ver­nis­sage a atti­ré de nom­breux spec­ta­teurs au musée.

Le rap­port au corps que la média­tion artis­tique ins­taure, entend sus­ci­ter une réflexion et favo­ri­ser les choix éclai­rés concer­nant la san­té des femmes. Cette année, 51 femmes issues de struc­tures soli­daires (Cada de La Ver­pillère, pen­sion de famille Ado­ma Val­lès Gre­noble, SLS Vizille et centre social l’Arche Seys­si­net) ont ain­si par­ti­ci­pé à des ate­liers ani­més par des artistes, per­met­tant le par­tage des émo­tions et des expé­riences, l’échange et la réflexion col­lec­tive sur la pré­ven­tion et l’accès aux soins, jusqu’à la créa­tion de mes­sages visuels sur toile. Ceux-ci invitent le spec­ta­teur de l’exposition à entrer dans la réflexion et l’émotion, tout en le sen­si­bi­li­sant aux enjeux de la mala­die.

Autre but pour­sui­vi, la dif­fu­sion de l’exposition auprès d’institutions, col­lec­ti­vi­tés ou asso­cia­tions qui en feraient la demande. Ceci afin de contri­buer elles aus­si à la prise de conscience de leur public. L’exposition est ain­si d’ores et déjà rete­nue par une quin­zaine d’équipements : Air Liquide, Alpes Isère habi­tat, CEA, CNRS, CPAM, Cré­dit mutuel, Dépar­te­ment de l’Isère, ville de Seys­si­net-Pari­set, etc.

Une vente aux enchères au Minimistan

Le der­nier objec­tif concerne la soli­da­ri­té finan­cière. Illus­tra­tion : une vente aux enchères des 45 œuvres des artistes impli­qués se tien­dra le 25 octobre au Mini­mis­tan. Tous les béné­fices seront ver­sés inté­gra­le­ment à des asso­cia­tions inter­ve­nant auprès de malades en situa­tion dif­fi­cile ou de pré­ca­ri­té.

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Les œuvres réa­li­sées par les artistes seront ven­dues aux enchères le 25 octobre au Mini­mis­tan.

Lors du ver­nis­sage, Murielle Bre­dillard et Cécile Bois-Fari­naud, che­villes ouvrières du pro­jet, ont lar­ge­ment pré­sen­té les enjeux de cette démarche sin­gu­lière. Laquelle vise notam­ment, à tra­vers les ate­liers artis­tiques et d’information mis en place, à la prise de conscience, à l’échange au-delà des bar­rières cultu­relles et lin­guis­tiques, et à com­battre les inéga­li­tés sociales d’accès à la pré­ven­tion et aux soins.

De son côté, Fran­çois Ber­ger, pré­sident de la Ligue contre le can­cer en Isère, a rap­pe­lé les enjeux poli­tiques et médi­caux liés à la lutte contre le can­cer, déplo­rant le bar­rage du minis­tère de l’Économie au rem­bour­se­ment par la Sécu­ri­té sociale des acti­vi­tés phy­siques adap­tées — point qui fai­sait pour­tant consen­sus. Il a par ailleurs salué le pro­jet Vénus, qui confirme avec cette neu­vième édi­tion son ori­gi­na­li­té et sa per­ti­nence en matière d’engagement col­lec­tif et soli­daire.

N’hésitez donc pas à aller visi­ter cette magni­fique expo­si­tion pro­gram­mée jusqu’au 19 octobre (du mer­cre­di au dimanche de 15h à 19h) à l’ancien musée de Pein­ture, place de Ver­dun, à Gre­noble. Sans oublier de signer la péti­tion pour le rem­bour­se­ment inté­gral des soins liés au can­cer du sein, ini­tiée par les com­mu­nistes : pcf.fr/octobre_rose.

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L’af­fiche de la cam­pagne du PCF contre le can­cer du sein.

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