Nombreux hommages à la mémoire de Jean Giard
Par Luc Renaud
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Les hommages se multiplient à la suite de la disparition de Jean Giard, ce 21 août dernier. Et d’abord parmi les militants communistes qui l’ont accompagné. Yves Contreras évoque ainsi « la bataille du référendum pour le tram, il avait été un artisan essentiel de la victoire du oui ». En 1983, Alain Carignon avait fait sa campagne municipale sur le thème du rejet du projet de tram, notamment porté par Louis Maisonnat, président communiste du syndicat mixte des transports en commun de l’époque. Élue, la nouvelle majorité grenobloise de droite avait dû concéder l’organisation d’un référendum local et le oui l’avait emporté. La ligne A était inaugurée en 1987. Yves Contreras se souvient encore « de son éloge funéraire à Louis Maisonnat devant l’hôtel de ville de Fontaine, il y a 40 ans, qui nous avait tous impressionnés par sa justesse de ton, sa conception de l’élu et son profond humanisme ».
Humanisme, un mot qui revient dans tous les hommages. François Auguste, qui fut secrétaire de la fédération du PCF de l’Isère de 1989 à 2000 en témoigne lui aussi. « Mon histoire avec lui est celle d’une longue amitié. Issu de la classe ouvrière, catholique progressiste, il était devenu un intellectuel communiste. Esprit vif et critique, il respectait les individus, amis ou adversaires politiques. Il avait une analyse fine de l’évolution du capitalisme et des combats à mener pour le dépasser, pour construire le communisme. Pour lui, communisme et démocratie devaient être indissociables. Il était profondément humaniste, loyal et fidèle à ses engagements. »

La mémoire de Jean Giard convoque également des histoires personnelles. « Jean nous avait mariés Christian et moi », se souvient AnneMarie Gueguen. « Eloigné du PCF un certain temps, il était resté très réactif à l’actualité qui nous bousculait, participant aux manifs tant qu’il a pu s’y déplacer, encore présent ce 1er Mai sur le stand PCF Grenoble. Nous devions fêter ses 100 ans avec Yvette Anselmet, centenaire de notre cellule des Eaux Claires, début décembre. Trop tard hélas ! Hommage à ce grand homme généreux, solidaire, à l’écoute, lucide jusqu’au bout… »
Et Jérémie Giono, secrétaire départemental du PCF, rappelle que « militant syndical et politique, CGTiste et communiste — de carte puis de cœur -, il était de ceux qui défendait l’unité du monde du travail, de l’ingénieur•e et du cadre à l’ouvrier•e et l’employé•e, unité si indispensable dans une société dominée par le capital. Militant de l’union de la gauche, il ouvrira lors des cantonales de 1964 la voie à la victoire de Hubert Dubedout à la mairie de Grenoble : qui s’en souvient aujourd’hui ? »
Des hommages à la mémoire de Jean Giard lui sont également rendus par delà le PCF.
« Jean était à la fois ferme dans ses convictions et constamment ouvert à la discussion et au dialogue. Je garderai de lui le souvenir de très nombreuses discussions portant sur la situation grenobloise, mais aussi beaucoup plus largement sur la situation politique nationale et internationale », rapporte, à nos confrères de Place Gre’net, celui qui fut l’adjoint aux Finances de l’ancien maire socialiste Michel Destot. Sur les réseaux sociaux, Michel Destot, indique garder le souvenir d’un « militant infatigable, à l’abord simple et généreux, doté d’une exigence intellectuelle qui forçait le respect et l’estime ». Et il ajoute : « Comment oublier son engagement pour le retour de la gauche au pouvoir municipal ? Je garde précieusement en mémoire sa présence rayonnante au premier rang du public, mon épouse à ses côtés, au conseil municipal du 1er juillet 1995 où je fus élu maire de Grenoble. » Un retour de la gauche à la direction municipale après deux mandats d’Alain Carignon, de 1983 à 1995.

Alain Carignon qui, lui aussi rend hommage à la mémoire de Jean Giard. « Il avait le respect des autres. De tous les autres. Tous nos affrontements se sont déroulés sur le terrain des idées et j’ai toujours aimé débattre avec lui, car sa fibre humaine transparaissait toujours », écrit-il.
C’est aussi l’implication de Jean Giard pour la promotion de la citoyenneté des personnes âgées à laquelle il est rendu hommage. Jean Giard avait accompagné son épouse, atteinte de la maladie d’Alzheimer, et il devint vice-président de France Alzheimer Isère, il fut à l’origine de l’association Alertes 38. Il en prit la présidence et rédigea notamment un rapport sur les nouvelles technologies au service du maintien à domicile des personnes âgées, à la demande du conseil général de l’Isère et de la ville de Grenoble. Pour lui, l’intergénération, c’est-à-dire le dialogue et les solidarités entre générations, est un facteur de cohésion sociale qui implique des choix politiques. Membre fondateur du collectif « Une société pour tous les âges », il est aussi devenu vice-président de l’association « Vieillir, c’est vivre ».
Kheira Capdepon, adjointe à la maire de Grenoble chargée de la Solidarité intergénérationnelle, note ainsi que « son parcours, son engagement pour les autres , et notamment pour la place des personnes âgées dans notre société auront marqué notre ville ».


