Nombreux hommages à la mémoire de Jean Giard

Par Luc Renaud

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Jean Giard lors d'un débat organisé par l'association Loisirs et solidarité des retraités le 14 mars 2022.
L’émotion est vive chez les communistes après la disparition de Jean Giard. Mais les hommages vont bien au-delà des rang du PCF isérois. Ses obsèques auront lieu le jeudi 27 août à 15h30 aux PFI de la Tronche.

Les hom­mages se mul­ti­plient à la suite de la dis­pa­ri­tion de Jean Giard, ce 21 août der­nier. Et d’abord par­mi les mili­tants com­mu­nistes qui l’ont accom­pa­gné. Yves Contre­ras évoque ain­si « la bataille du réfé­ren­dum pour le tram, il avait été un arti­san essen­tiel de la vic­toire du oui ». En 1983, Alain Cari­gnon avait fait sa cam­pagne muni­ci­pale sur le thème du rejet du pro­jet de tram, notam­ment por­té par Louis Mai­son­nat, pré­sident com­mu­niste du syn­di­cat mixte des trans­ports en com­mun de l’é­poque. Élue, la nou­velle majo­ri­té gre­no­bloise de droite avait dû concé­der l’organisation d’un réfé­ren­dum local et le oui l’avait empor­té. La ligne A était inau­gu­rée en 1987. Yves Contre­ras se sou­vient encore « de son éloge funé­raire à Louis Mai­son­nat devant l’hôtel de ville de Fon­taine, il y a 40 ans, qui nous avait tous impres­sion­nés par sa jus­tesse de ton, sa concep­tion de l’élu et son pro­fond huma­nisme ».

Huma­nisme, un mot qui revient dans tous les hom­mages. Fran­çois Auguste, qui fut secré­taire de la fédé­ra­tion du PCF de l’Isère de 1989 à 2000 en témoigne lui aus­si. « Mon his­toire avec lui est celle d’une longue ami­tié. Issu de la classe ouvrière, catho­lique pro­gres­siste, il était deve­nu un intel­lec­tuel com­mu­niste. Esprit vif et cri­tique, il res­pec­tait les indi­vi­dus, amis ou adver­saires poli­tiques. Il avait une ana­lyse fine de l’é­vo­lu­tion du capi­ta­lisme et des com­bats à mener pour le dépas­ser, pour construire le com­mu­nisme. Pour lui, com­mu­nisme et démo­cra­tie devaient être indis­so­ciables. Il était pro­fon­dé­ment huma­niste, loyal et fidèle à ses enga­ge­ments. »

Le 22 novembre 2018, lors d’une ren­contre orga­ni­sée par la Socié­té des lec­trices et lec­teurs de l’Hu­ma­ni­té à Saint-Mar­tin-d’Hères.

La mémoire de Jean Giard convoque éga­le­ment des his­toires per­son­nelles. « Jean nous avait mariés Chris­tian et moi », se sou­vient Anne­Ma­rie Gue­guen. « Eloi­gné du PCF un cer­tain temps, il était res­té très réac­tif à l’ac­tua­li­té qui nous bous­cu­lait, par­ti­ci­pant aux manifs tant qu’il a pu s’y dépla­cer, encore pré­sent ce 1er Mai sur le stand PCF Gre­noble. Nous devions fêter ses 100 ans avec Yvette Ansel­met, cen­te­naire de notre cel­lule des Eaux Claires, début décembre. Trop tard hélas ! Hom­mage à ce grand homme géné­reux, soli­daire, à l’é­coute, lucide jus­qu’au bout… »

Et Jéré­mie Gio­no, secré­taire dépar­te­men­tal du PCF, rap­pelle que « mili­tant syn­di­cal et poli­tique, CGTiste et com­mu­niste — de carte puis de cœur -, il était de ceux qui défen­dait l’u­ni­té du monde du tra­vail, de l’ingénieur•e et du cadre à l’ouvrier•e et l’employé•e, uni­té si indis­pen­sable dans une socié­té domi­née par le capi­tal. Mili­tant de l’u­nion de la gauche, il ouvri­ra lors des can­to­nales de 1964 la voie à la vic­toire de Hubert Dube­dout à la mai­rie de Gre­noble : qui s’en sou­vient aujourd’­hui ? »

Des hom­mages à la mémoire de Jean Giard lui sont éga­le­ment ren­dus par delà le PCF.

« Jean était à la fois ferme dans ses convic­tions et constam­ment ouvert à la dis­cus­sion et au dia­logue. Je gar­de­rai de lui le sou­ve­nir de très nom­breuses dis­cus­sions por­tant sur la situa­tion gre­no­bloise, mais aus­si beau­coup plus lar­ge­ment sur la situa­tion poli­tique natio­nale et inter­na­tio­nale », rap­porte, à nos confrères de Place Gre’net, celui qui fut l’adjoint aux Finances de l’ancien maire socia­liste Michel Des­tot. Sur les réseaux sociaux, Michel Des­tot, indique gar­der le sou­ve­nir d’un « mili­tant infa­ti­gable, à l’abord simple et géné­reux, doté d’une exi­gence intel­lec­tuelle qui for­çait le res­pect et l’estime ». Et il ajoute : « Com­ment oublier son enga­ge­ment pour le retour de la gauche au pou­voir muni­ci­pal ? Je garde pré­cieu­se­ment en mémoire sa pré­sence rayon­nante au pre­mier rang du public, mon épouse à ses côtés, au conseil muni­ci­pal du 1er juillet 1995 où je fus élu maire de Gre­noble. » Un retour de la gauche à la direc­tion muni­ci­pale après deux man­dats d’Alain Cari­gnon, de 1983 à 1995.

En jan­vier 2026, Jean Giard avait reçu Lau­rence Ruf­fin. Il était plei­ne­ment enga­gé à ses côtés dans sa cam­pagne élec­to­rale muni­ci­pale.

Alain Cari­gnon qui, lui aus­si rend hom­mage à la mémoire de Jean Giard. « Il avait le res­pect des autres. De tous les autres. Tous nos affron­te­ments se sont dérou­lés sur le ter­rain des idées et j’ai tou­jours aimé débattre avec lui, car sa fibre humaine trans­pa­rais­sait tou­jours », écrit-il.

C’est aus­si l’implication de Jean Giard pour la pro­mo­tion de la citoyen­ne­té des per­sonnes âgées à laquelle il est ren­du hom­mage. Jean Giard avait accom­pa­gné son épouse, atteinte de la mala­die d’Alzheimer, et il devint vice-pré­sident de France Alz­hei­mer Isère, il fut à l’origine de l’association Alertes 38. Il en prit la pré­si­dence et rédi­gea notam­ment un rap­port sur les nou­velles tech­no­lo­gies au ser­vice du main­tien à domi­cile des per­sonnes âgées, à la demande du conseil géné­ral de l’Isère et de la ville de Gre­noble. Pour lui, l’intergénération, c’est-à-dire le dia­logue et les soli­da­ri­tés entre géné­ra­tions, est un fac­teur de cohé­sion sociale qui implique des choix poli­tiques. Membre fon­da­teur du col­lec­tif « Une socié­té pour tous les âges », il est aus­si deve­nu vice-pré­sident de l’association « Vieillir, c’est vivre ».

Khei­ra Cap­de­pon, adjointe à la maire de Gre­noble char­gée de la Soli­da­ri­té inter­gé­né­ra­tion­nelle, note ain­si que « son par­cours, son enga­ge­ment pour les autres , et notam­ment pour la place des per­sonnes âgées dans notre socié­té auront mar­qué notre ville ».

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