Barbecues retirés au parc La Poya de Fontaine

Par Edouard Schoene

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L'empreinte de l'un des barbecues supprimés au parc de la Poya.
En quelques jours les choses se sont précipitées pour aboutir à l’enlèvement des huit barbecues du parc de la Poya à Fontaine sur décision de la municipalité de droite de Fontaine. Ce samedi 30 mai, nombre de Fontainois ont découvert l’absence des barbecues, très populaires

Cette déci­sion a été annon­cée par le Dau­phi­né Libé­ré qui don­nait la parole à M. Tho­viste, adjoint, vice-pré­sident à la métro­pole, qui jus­ti­fiait ce choix par des risques d’incendie-sécurité, des fumées, l’incivisme, la pro­tec­tion de l’environnement.

Très rapi­de­ment une mobi­li­sa­tion s’est enga­gée pour défendre l’existence des bar­be­cues.

Le PCF a lan­cé une péti­tion en ligne pour deman­der au maire « de sus­pendre la déci­sion de sup­pres­sion des bar­be­cues publics, d’organiser une concer­ta­tion avec les habi­tants et de recher­cher des solu­tions per­met­tant de pré­ser­ver cet espace de vivre-ensemble tout en garan­tis­sant le res­pect du parc et de ses usa­gers. »

Renaud Lugli, co secré­taire du PCF a dit au Tra­vailleur alpin : « La sup­pres­sion des bar­be­cues publics dans le parc la Poya est une déci­sion regret­table pour de nom­breux habi­tants de Fon­taine. Ces ins­tal­la­tions favo­ri­saient la convi­via­li­té, les ren­contres et le vivre-ensemble. Même si des pré­oc­cu­pa­tions de sécu­ri­té ou de pro­pre­té peuvent être enten­dues, leur retrait semble exces­sif. Il aurait été pré­fé­rable de ren­for­cer l’en­ca­dre­ment et la sen­si­bi­li­sa­tion des usa­gers. Cette mesure risque de pri­ver plu­sieurs familles d’un espace de par­tage appré­cié de toutes et tous.

De son côté EELV Fon­taine a publié un com­mu­ni­qué dans lequel on peut lire :

« Der­rière la lutte contre les nui­sances, un pro­jet excluant. L’u­ti­li­sa­tion en masse d’un espace public exté­rieur est en soi géné­ra­trice de nui­sances, bar­be­cues ou pas : dégra­da­tions, déchets, bruit… Les inci­vi­li­tés qui sont dénon­cées peuvent s’ac­com­pa­gner par la sen­si­bi­li­sa­tion, la média­tion, la régu­la­tion, comme c’est néces­saire dans de nom­breux parcs urbains ou espaces publics fré­quen­tés.

Der­rière cette jus­ti­fi­ca­tion, c’est un public qui est visé, car la sup­pres­sion des bar­be­cues impacte d’a­bord les plus pré­caires des Fontainois.es. Pas celles et ceux qui peuvent en faire chez elles et eux. Il s’a­git donc d’une mesure pro­fon­dé­ment injuste et qui vise à exclure de l’es­pace public une par­tie des habitant.es.…. »

Un lieu de ren­dez-vous popu­laire et fami­liale. (Image d’ar­chives 2022)

Les élus du groupe muni­ci­pal « Fon­taine nous ras­semble » vont inter­ve­nir en conseil muni­ci­pal.

Le same­di 30 mai, tan­dis que se tenait un vide gre­nier au parc de la Poya, des visi­teurs du parc ont signé la péti­tion en expli­ci­tant leur choix : 

« J’étais habi­tué à venir ici par­ta­ger des bar­be­cues en famille ou entre amis. »

« C’est insup­por­table de péna­li­ser des habi­tants qui vivent dans des petits appar­te­ments sur­chauf­fés, qui ne pour­ront plus béné­fi­cier de ces moments agréables ». « Cette déci­sion est un mépris des classes popu­laires. »

Un groupe mili­tant de jeunes, Young Struggle,  s’était don­né ren­dez vous au parc pour le lan­ce­ment de la cam­pagne de par­rai­nage de prisonnier·es poli­tiques, sous forme d’un pique nique. La réac­tion était una­nime pour condam­ner la déci­sion de l’équipe de M. Lon­go.

Cette déci­sion sans la moindre concer­ta­tion signe une nou­velle étape de la droite au pou­voir : accé­lé­rer les déci­sions impo­pu­laires.

Rap­pe­lons tout de même qu’en 2022, lors d’un ras­sem­ble­ment mili­tant contre la dis­pa­ri­tion des bar­be­cues, M. Lon­go accom­pa­gné par Mme Emi­lie Cha­las, dépu­tée en cam­pagne élec­to­rale, avait appor­té des grillades et se décla­rait per­son­nel­le­ment favo­rable au main­tien des bar­be­cues, « très appré­ciés par nombre d’habitants ».

Toute la durée du man­dat 2020–2026, grâce à la mobi­li­sa­tion mili­tante, les bar­be­cues sont res­tés en place.

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