Si vous êtes verbalisé par un gendarme, passez un coup de fil au Premier ministre

Par Luc Renaud

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Le 27 avril, les agents s’étaient rassemblés pour protester contre « les pratiques managériales de nos directions et l'atteinte à l'indépendance de l'inspection du travail ».
Les syndicats CGT et Solidaires de la Direction départementale de l’emploi du travail et des solidarités dénoncent le coup de com du Premier ministre pour encourager à enfreindre la loi en vigueur sur le 1er Mai. Ils demandent également un rappel à l’ordre de leur direction départementale à la suite de ce qu’ils considèrent être des pressions pour empêcher les inspecteurs du travail d’effectuer leurs missions.

« Ima­gi­ne­rait-on une telle inter­ven­tion d’un Pre­mier ministre pour sou­te­nir un auto­mo­bi­liste arrê­té par la gen­dar­me­rie ? », s’interrogent les syn­di­cat CGT et Soli­daires de la DDETS 38. Ce qui s’est pro­duit ce 1er mai est pour­tant du même ordre : le Pre­mier ministre a déci­dé de média­ti­ser un appel télé­pho­nique à des­ti­na­tion d’un bou­lan­ger qui fai­sait tra­vailler des sala­riés, contrô­lé le matin même par l’ins­pec­tion du tra­vail en Nord Isère.

Or, la loi reste la loi : le 1er mai est un jour férié et obli­ga­toi­re­ment chô­mé. « Le sou­tien public du Pre­mier ministre à un com­por­te­ment enfrei­gnant la légis­la­tion sociale est stu­pé­fiant ! », s’indignent les syn­di­cats.

Une soixantaine de contrôles, visant plutôt des entreprises à l’effectif important

Les deux orga­ni­sa­tions se féli­citent de ce que les ins­pec­teurs du tra­vail aient fait leur tra­vail ce 1er mai en Isère comme ailleurs. La CGT et Soli­daires sou­lignent par ailleurs que « Contrai­re­ment à ce que pré­tend la cam­pagne de presse des orga­ni­sa­tions patro­nales et du gou­ver­ne­ment, les inspecteur·ices du tra­vail ne se sont pas concentré.e.s sur les arti­sans bou­lan­gers et fleu­ristes. En effet, ce 1er mai 2026, l’ins­pec­tion du tra­vail en Isère a contrô­lé une soixan­taine d’en­tre­prises de divers sec­teurs d’ac­ti­vi­tés et s’est plu­tôt concen­trée sur les éta­blis­se­ments occu­pant un nombre impor­tant de sala­riés, ayant ain­si per­mis de cla­ri­fier l’é­tat du droit ». Le droit, c’est qu’il est inter­dit de faire tra­vailler des sala­riés ce jour-là – le seul de l’année – sauf cas par­ti­cu­liers comme celui des hôpi­taux.

La CGT et Soli­daires dénoncent dans la fou­lée les atteintes à l’indépendance de l’inspection du tra­vail qu’a rap­pe­lé le Conseil d’État dans sa com­mu­ni­ca­tion du 29 avril, à la demande des orga­ni­sa­tions syn­di­cales. « La direc­tion de la DDETS 38, qui s’est fait le relais sans filtre des consignes gou­ver­ne­men­tales, à savoir que les bou­lan­ge­ries et fleu­ristes arti­sa­naux auraient le droit de faire tra­vailler des salarié·es ce 1er mai au mépris total de la régle­men­ta­tion appli­cable et en pré­sen­tant le pro­jet de loi dépo­sé comme une évo­lu­tion qua­si immi­nente et inévi­table de la loi, a une fois de plus démon­tré sa per­méa­bi­li­té aux consignes poli­tiques et son inca­pa­ci­té à garan­tir l’in­dé­pen­dance de l’ins­pec­tion du tra­vail », écrivent ain­si les deux orga­ni­sa­tions.

Une demande de décisions à l’encontre de la direction départementale

En consé­quence, Soli­daires et la CGT demandent « une condam­na­tion sans ambi­guï­té de la part de nos direc­tions régio­nale et natio­nale des dérives de notre hié­rar­chie locale », mais aus­si « des mesures contre la direc­tion de la DDETS 38 afin qu’elle ne com­mette plus d’obs­tacles à l’ac­com­plis­se­ment des mis­sions de ses agent.es, ni qu’elle se fasse le relais d’in­fluences exté­rieures indues » et enfin « des pour­suites pour l’en­semble des pro­cé­dures qui seront ini­tiées suite aux contrôles du 1er mai 2026 ».

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