Si vous êtes verbalisé par un gendarme, passez un coup de fil au Premier ministre
Par Luc Renaud
/

« Imaginerait-on une telle intervention d’un Premier ministre pour soutenir un automobiliste arrêté par la gendarmerie ? », s’interrogent les syndicat CGT et Solidaires de la DDETS 38. Ce qui s’est produit ce 1er mai est pourtant du même ordre : le Premier ministre a décidé de médiatiser un appel téléphonique à destination d’un boulanger qui faisait travailler des salariés, contrôlé le matin même par l’inspection du travail en Nord Isère.
Or, la loi reste la loi : le 1er mai est un jour férié et obligatoirement chômé. « Le soutien public du Premier ministre à un comportement enfreignant la législation sociale est stupéfiant ! », s’indignent les syndicats.
Une soixantaine de contrôles, visant plutôt des entreprises à l’effectif important
Les deux organisations se félicitent de ce que les inspecteurs du travail aient fait leur travail ce 1er mai en Isère comme ailleurs. La CGT et Solidaires soulignent par ailleurs que « Contrairement à ce que prétend la campagne de presse des organisations patronales et du gouvernement, les inspecteur·ices du travail ne se sont pas concentré.e.s sur les artisans boulangers et fleuristes. En effet, ce 1er mai 2026, l’inspection du travail en Isère a contrôlé une soixantaine d’entreprises de divers secteurs d’activités et s’est plutôt concentrée sur les établissements occupant un nombre important de salariés, ayant ainsi permis de clarifier l’état du droit ». Le droit, c’est qu’il est interdit de faire travailler des salariés ce jour-là – le seul de l’année – sauf cas particuliers comme celui des hôpitaux.
La CGT et Solidaires dénoncent dans la foulée les atteintes à l’indépendance de l’inspection du travail qu’a rappelé le Conseil d’État dans sa communication du 29 avril, à la demande des organisations syndicales. « La direction de la DDETS 38, qui s’est fait le relais sans filtre des consignes gouvernementales, à savoir que les boulangeries et fleuristes artisanaux auraient le droit de faire travailler des salarié·es ce 1er mai au mépris total de la réglementation applicable et en présentant le projet de loi déposé comme une évolution quasi imminente et inévitable de la loi, a une fois de plus démontré sa perméabilité aux consignes politiques et son incapacité à garantir l’indépendance de l’inspection du travail », écrivent ainsi les deux organisations.
Une demande de décisions à l’encontre de la direction départementale
En conséquence, Solidaires et la CGT demandent « une condamnation sans ambiguïté de la part de nos directions régionale et nationale des dérives de notre hiérarchie locale », mais aussi « des mesures contre la direction de la DDETS 38 afin qu’elle ne commette plus d’obstacles à l’accomplissement des missions de ses agent.es, ni qu’elle se fasse le relais d’influences extérieures indues » et enfin « des poursuites pour l’ensemble des procédures qui seront initiées suite aux contrôles du 1er mai 2026 ».


