La Tour-du-Pin. Pétition de la CGT pour le maintien du centre de radiologie

Par Didier Gosselin

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Signature de la pétition lors de la manifestation du 1er mai à Bourgoin-Jallieu.
À l’occasion de la manifestation du 1er mai, l’union locale CGT a pétitionné contre la fermeture, à la fin juin 2026, du centre de radiologie de La Tour-du-Pin, décidée par le groupe Anodea. La pétition syndicale compte déjà plusieurs centaines de signatures.

Le groupe Ano­dea d’imagerie médi­cale, créé en 2020, a acquis le centre de La Tour-du-Pin il y a trois ans. La fer­me­ture a été annon­cée bru­ta­le­ment le 7 mars der­nier pour la fin juin, sans aucune concer­ta­tion avec les salarié·es ni les élu·es locaux. Les­quels, par la voix du nou­veau maire (divers droite), espèrent que le groupe revien­dra sur sa déci­sion. Et si ce n’est pas le cas, l’é­dile annonce qu’il se met­tra en quête d’autres pro­fes­sion­nels pour main­te­nir l’activité.

Le groupe Ano­dea, qui a déjà fer­mé un autre centre en Bre­tagne, agit dans ce sec­teur de l’imagerie médi­cale comme d’autres groupes qui s’affrontent sur un mar­ché de plus en plus concur­ren­tiel. Depuis une dizaine d’années, les regrou­pe­ments de radio­logues se sont mul­ti­pliés sous forme de réseaux ou de groupes, au détri­ment de petites struc­tures indé­pen­dantes, pour finan­cer des équi­pe­ments tou­jours plus poin­tus et sur­tout pré­ser­ver la ren­ta­bi­li­té finan­cière dans un contexte de baisse des dépenses de san­té. Ces réseaux inté­grés d’imagerie médi­cale attirent effec­ti­ve­ment des socié­tés de capi­tal-inves­tis­se­ment avides de ren­ta­bi­li­té sur un mar­ché de 3,8 mil­liards d’euros pour les radio­logues de ville.

Si ce mar­ché est appe­lé à se déve­lop­per — avec notam­ment l’intégration de l’IA dans la pra­tique des radio­logues -, la logique capi­ta­liste de ren­ta­bi­li­té impose, selon l’analyste de mar­ché XERFI, « que chaque centre gagne en pro­duc­ti­vi­té et en tech­ni­ci­té en repen­sant son mode d’or­ga­ni­sa­tion tout en inves­tis­sant dans des équi­pe­ments avan­cés. L’in­tel­li­gence arti­fi­cielle joue à ce titre un rôle accru pour amé­lio­rer l’ef­fi­ca­ci­té des pra­ti­ciens et la qua­li­té des soins. La recherche d’é­co­no­mies d’é­chelle au niveau de la pro­fes­sion tout entière reste éga­le­ment indis­pen­sable via par exemple des stra­té­gies de regrou­pe­ment ». Les­quelles se tra­duisent, comme à La Tour-du-Pin, par des fer­me­tures et des licen­cie­ments…

Promouvoir le secteur public de l’imagerie médicale

C’est de cette logique finan­cière mor­ti­fère qu’il faut sor­tir. Ceci afin de pro­mou­voir un sec­teur public de l’imagerie médi­cale appuyé sur les avan­cées tech­no­lo­giques et scien­ti­fiques, comme l’IA, non pour licen­cier mais pour déve­lop­per la for­ma­tion, l’emploi et le ser­vice médi­cal aux usa­gers. Les fonds de l’assurance mala­die ali­mentent aujourd’hui le mar­ché pri­vé de la radio­lo­gie à hau­teur de 3,8 mil­liards contre 1,7 mil­liards à l’hôpital, avec des dif­fé­rences de reve­nus consé­quentes.

En effet, comme le sou­ligne un rap­port de l’Inspection géné­rale des finances de juillet 2025, « les radio­logues libé­raux sont la troi­sième spé­cia­li­té libé­rale la mieux payée. La rému­né­ra­tion des radio­logues hos­pi­ta­liers est très infé­rieure à celle des radio­logues libé­raux, ce qui pose de très gros pro­blème d’attractivité à l’hôpital. Le niveau de ren­ta­bi­li­té du sec­teur de la radio­lo­gie appa­raît lui aus­si anor­ma­le­ment éle­vé. Il est aujourd’hui envi­ron quatre points plus éle­vé que le reste du sec­teur de la san­té humaine ».

Il y a donc matière à se sai­sir col­lec­ti­ve­ment de cette réa­li­té pour réin­ves­tir la ques­tion du 100% san­té Sécu dans le cadre d’un grand pro­jet pro­gres­siste et éman­ci­pa­teur pour toutes et tous, contre la finan­cia­ri­sa­tion en cours de toute la pro­tec­tion sociale !

La pétition de l’UL CGT

« L’union locale CGT de La Tour-du-Pin sou­haite atti­rer l’attention sur une situa­tion par­ti­cu­liè­re­ment pré­oc­cu­pante concer­nant l’accès aux soins de la popu­la­tion. La fer­me­ture du centre de radio­lo­gie de La Tour-du-Pin, pro­prié­té du groupe Ano­déa est actée au 30 juin 2026.

Cette déci­sion inter­vient alors que le site accueille chaque jour près d’une cen­taine de patients. Cette fer­me­ture s’ajoute à une série de reculs dans l’offre de san­té dans le Nord-Isère : déser­ti­fi­ca­tion médi­cale, aug­men­ta­tion des délais d’examens, dif­fi­cul­tés d’accès aux spé­cia­listes et satu­ra­tion des ser­vices hos­pi­ta­liers.

Pour la CGT, il est inac­cep­table que des déci­sions pure­ment finan­cières viennent fra­gi­li­ser un droit fon­da­men­tal : le droit à la san­té de proxi­mi­té. Aujourd’hui La Tour-du-Pin ferme et dans un mois, six mois qu’en sera-t-il de Bour­goin-Jal­lieu ? Un site satu­ré ? Il fau­dra envi­sa­ger de se dépla­cer à Gre­noble, Lyon ou Cham­bé­ry ?

Cette fer­me­ture a de lourdes consé­quences pour tout le ter­ri­toire, pour les patients et l’ensemble des sala­riés-es. Mobi­li­sons-nous, La san­té n’est pas une mar­chan­dise ! »

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